‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 263 sur 343 · XT · texte numérisé non relu

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7. On l'auteur, quoi qu'il soit, du trait-'' Jfu sublime (XXIII, 4 et XXXVIIT. 2).

lien S elles n'ont dans le débat qu'une importauce très secondaire.

Ouelle est la signification véritable, qu-l est le but de cette composition oratoire, représentée comme l'écho direct dune inspiration d'Aspasie, et en tuutcas sans ai^aloaue daiis reuvro entière de Platon '! Je dis sans analogue, car VApoIof/ie de Sacrale a ('té dicttv par des motifs faciies à compiendre et fait honneur au sage Ath.'nien, tandis que le Mene/èneesl bien près de nous le ju-ésenter sous un jour ridicule. Platon, je le reconnais, s'est oecupé et beaucoup occup.' de rhétorique et de politique : mais toutes les fois qu'on nous met en sa pré'sence, il est naturel que nous cherchions le philosophe. Or ici 'on napiu'eoit en somme (prun rhéteur quelconque, du nombre de ceux que dépeint Horace :

Sunt quibus umnn opus est inlactre l'abadis arces

Carmiuo [)erpetuo crlehraro. et L'odique dccerplani IVonti [)r;epon(M'o olivam.

Dovons-nous nnune prendre au sérieux ce panégvriifue d'Athènes? il y a longtem[)s (jue cette (pu stion est agitée entre critiijues.

l'Ji p;d»liant !<' Phèdre, disent les uns, Platon avait ameuté contre lui la foule ombrageuse des rhéteurs qui pour se veni,H3r le sommaient lui même de prouver, avant de dt'nigrer la carrière oratoire, (pi'il était capable d'y faire quelque ligure. Piqué an jeu, le philosophe aurait résolu de montrer ({ue même (>n renonçant à toutes les lictions de la fable et aux llatteries cm phati(pies des sophistes, il se sentait de force à battre ses contradicteurs sur leur propre terrain'. A-t-il réussi? l/auteur du Ménr.rnie a-t-il réellement, comme le veut Cousin, gardé une noble liberté au milieu des entraves du genre, attentif à ne faire tond)er l'éloge que sur le mérite :' C'est la tiièse

J. Dans son ExJwrtdtioii à V élude des arts. 2. Voir le remarquable travail de Caftiaux fil èce païenne (\';ilenciennes, 1861).

De t'oraison funeJire dons la

LŒUVilE DE PLATON

que nous voyons soutenue dans mainte histoire littéraire ^ Je sais bien (jue Platon a du se souvenir de la vérité d"exj)érienca résumée dans cette [)lirase du Goryias: u [.es lionjmes se plaisent auxdiscours (jui se rapportent à leur caractère : tout ce qui lui est étrani^er les otl'ense » : je sais aussi que cet Athénien, hôte habituel d'un monde idéal, n'i'iaii nullement insensible aux gloires terrestres de sa patrie, puisque^ le Timéc comme le Critias - contituit un éloge entiiousiasle de l'antique Athènes. Néanmoins je crois que si Platon avait conçu un jour le dessein de se mesurer avec les sophistes ou leurs continuateurs, il nous eut donné autre chose qu'une improvisation h.Uive où l'on cherche en vain quchpie trait, quehpie expression qui décèle son génie ' : j'éprouve une légitime surprise en vovant que Socrate, le spirituel contradicteur de (uirgias, l'antagoniste victorieux de Calliclès, renncmi convaincu de ces flatteurs du peuple dont il qualifie dédaigneusement les procéd('s de « cuisine oratoire, » Socrate qui confesse dans YApologic sa complète ignorance des liabitudes et de la langue de l'agora, joue ici un personnage ({ui ne ponvait et ne devait pas être le sien : je m'explique mal comment Platon, juge d'ordinaire si sévère des institutions et des hommes politiques (rAthèncs. n'aurait ici pour toutes les entre[)rises et toutes les variati(.ns de sa patrie que des éloges d'une monotonie fatigante : je ne le crois pas assez ignorant des odes de Pindare, des Perses (rKschvle,

\. CeUe de Pierroii, i)ar exemple. On nous fait admirer dans le tableau des guerres médiques u iino procrression d'intérêt en relation parfaite avec les résultats ol)tenus », et dans la péroraison une prosopopée digne du plus éloquent orateur.

2. Notons à ce propos que le Critias exclut formellement toute idé.- d'une querelle entre les dieux pour la possession de l'Attiquc. Le contraire dans le Méïiexeiie (237 C).

3. Denys d'ilalicarnasso reproclte à ce discours, dont il a commencé, on ne sait pourquoi, par faire réloge, des ornements sans goût, des métaphores employées mal à propos, l'abas des tours poétiques, des ligures déclamatoires et dignes tout au plus de ( lorgias, tandis que les idées trahissent partout l'impéritie et l'ignorance. Il termine par ces mots : "KtsçÔ; t-.,- aCroC y.yvETa'. HXaTwv tôt; xai xaTaicr/'jvs', Tr,v :,ùJj'yo-:^ov à;io)cr'.v (De inhn. vi d'Ccndi m Demosth.. 23;. La môme appréciation sévère se rencontre chez Munk : « Sie ist eben uur einc llcde von ganz uewohnlichem Schlage, die g. gcn die sonst so origineUen Reden Platons allzuselir absticht. »

CONCLCSIONS 23f

de l'épopi'e historique de Ghérilus de Samos, et surtout des grands travaux d'il.'rodote et de Thucydide pour soutenir sérieusement (|ue rien n'a été tenté avant lui en vue d'immortaliser le souvenir des guerres mi'diqucs : je le sais trop attaché à ses convictions ou, si l'on aime mieux, à ses espérances d'immortalité pour se contenter, dans un sujet de ce genre, d'une phrase de convention sur la vie aux enfers : je le comprends très peu, au lendemain de la fondation de l'Académie, d-ms tout l'éclat de son nMe nouveau, se composant tout à coup, on ne sait pourquoi, un rôle si différent, et il faut l'avouer, si inférieur : enfin sans parler des étranges libertés dont il use en véritable rhéteur ' à l'égard de l'histoire, je ne vois pas ce qui pourrait l'excuser d'avoir placé dans la bouche de Socrate le récit et l'appréciation d'événements bien postérieurs à la mort de ce philosophe -. Sans dout(^ Platon s'est permis ailleurs plus d'un anachronisme discret: mais celui-ci qui s'étale en pleine saillie déj)asse tout ce que Ton peut raisonnablement supposera Mais peut-être toute l'argumentation qui précède est-elle sans objet? Kn effet la note ironique n'est-elle pas visible dans le dialogue qui sert decadiT. au discours, l'auteur n'ayant en d\autre but ([ue de railler ceux qu'il copie? Socrate lui-même nous avertit .fu'il va se livrer à un badinage \ et sa moquerie égale celle d'Aristophane lorsqu'il cédèbre en termes si plaisants, lui l'ennemi irréconcilia])le delà fausse sagesse, les illusions et les enchantements où le jette la faconde d-s orateurs populaires ^ Mais contre qui serait dirigée cette satire? Est-ce,

L Quoi prix n'aurait pas pour nous l'ouvrage aujourd'hui perdu du rhéteur Cécilius ; IIxpl T-;)v 7:ap' '.TTopfxv E^pr.alvwv toi: pr.Topo-i ^

2. Pour épargner à Platon le déshonneur d'un tel anachronismo, Léo AUatius, un platonisant du xvif siècle, n'hésitait pas à faire vivre Socrate jusqu'après la paix d'Antalci'Ias, dont la lionte ne paraît d'ailleurs toucher que très médio -renient notre auteur.

3. Lu faussaire ne l'aurait infailliblement pas commis, disent Socher et von Stein. <■[ ils x^ml jusqu'à tirer Je cettr- fa'it<j cria;ite une atl:'s(-tiîon d'authenlirité.

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