Cf. 23o I) et 23G C
•^•. Que l'on comi)are en effet Id:^ paroles de Socraie ('23iC-23")r:) avec les Acharniens (v. Glojet les Chrirt/irrs (v. 040).
L'ŒL'VHE Di: l'LATON
comme le croit M. Chaigiiet, contre " quiconque ne donne pas pour but à l'éloquence au moins une vérité morale ' ? » Mais où est ici la verve tour à tour spirituelle ou mordante du Phèdre et de VEutIujdèmc] — l)ira-t-on que idaton a voulu s'éi^aler à Thucydide et à Périclès qu'il suit (idélement dans ses divisions, et qu'ainsi s'explique le dédain avec lequel il [)arle ici d'Antiphon, le maître de l'historien, en même temp^ que l'allusion très explicite au rôle considéiable joué par Aspasie dans les conceptions et les succès du grand politi([ue - / Mais comment justifier une jalousie aussi peu motivée et une rivalité aussi ridicule? — S'agit-il de Gorgias ■, dont la pompe aussi vide que sonore n'a jamais trouvé grâce aux yeux de Platon, ou de Lysias \ dont le philosophe, au dire de Denys d'IIalicarnasse, a été le constant adversaire, et aux dépens duquel il nous instruit et nous divertit à la fois dans le Phhlrel Autant d'hypothèses toutes gratuites : mais quelle (jue soit celle à laquelle on s'arrête, il sera toujours vrai de dire de ce dialogue ; .' Parodie plus pédante que les poilants qu'elle raille, plus emphatique que les rhéteurs qu'elle persifle, plus grotesiiuc que les ridicules qu'elle fustige. »
Ainsi qu'on prenne le Méneicne pour une œuvre sérieuse ou pour une satire déguisée, les diflicultés sont é'^ales, et les juges même les [dus indulgents en sont réduits à cet aveu de Saisset : ^c Je suis bien tenté de ne voir ici (|u'un jeu d'esprit, ou plutôt, s'il m'est permis de dire ainsi, un jeu d'éloquence... Si l'exhortation est fort belle, la première partie du discours
1. Thèse de LOrs {De Dio>ujsa Ualicarnassei judicio ih' Plalonis orulione et génère dicendl, Trêves, 18 iU).
2. Se souvenir du rùle ironique prêté par Aristophane à cette même Aspasie dans les Arhnmums. « Par ce détour, tk-ril Villemain, j'imagine ipie Platon voulait tout à la fois exercer lihremeiit sa féconde imagination et railler le talent apprêté des orateurs en titre, en les accahlant suus un jeu d'esprit de la belle Milésiennc. »
3. Thèse de Berndt {De Ironia Mene.veiil PlafonirI, :\Iiinster, 1881) : « Es ist dieselbe Pihetorik, dereu Wesen Plate im Gorgias begrifllich gerichtot bat, deren trugerisches Bild cr uns im Menexenos mit humoristischer Plasiik enthiillt. »
4. Thèse d'Hermann, de Stallbaum et de SchOnborn, réfutée par TTolscher {De vita etscripth Li/S'^ oratorio).
CONCLUSIONS
est incontestablement très inférieure. Toute cette histoire des guerres des Athéniens contre les autres peuples grecs est une fable et tout cet éloge est une flatterie... A parler nettement, n'était la citation d'Aristote, je n'hésiterais pas à nier l'authenticité du Ménexciie. »
Or, nous Pavons fait remarquer ailleurs, les textes d'Aristote sont loin de constituer eu la matière un argument décisif. Ouant à l'assertion de Cicéron. elle provoque plus d"un doute. Au iv'^ siècle, ces cérémonies funèbres n'avaient lieu à Athènes qu'au lendemain d'une campagne, dans des circonstances déterminées. Ici rien de semblable : le Ménexène ne se rapporte à aucune date fixe, à aucun événement spécial. Quel motif aurait pu décider les Athéniens à faire choix d'une production aussi médiocre pour être récitée dans un anniversaire régulier? Ce ne serait pas le seul exem[)le d'informatiens inexactes recueillies hâtivement par Cicéron durant son assez court séjour en Crèce. Quant à la perpétuité et à runaniinité de la tradition antique, on sait combien il est t('m('raire d'y chercher un solide ap})ui.
Aussi les criti(iues les [»lus autorisés inclinent-ils de j)lus en plus à considérer le Mcncxènc comme apocry[)he. L'entretien initial avait déjà été rejeté par Schleiermacher comme une addition due à un écrivain postérieur ^ : ainsi disparaissait tout anachronisme. Tullmann -, séduit par des ressemblances superficielles de pensées et d'expressions ', avait cru pouvoir attribuer le dialogue à Philippe d'Opunte qu'il considère en dépit d'Aristote comme l'auteur et l'éditeur des Loi^ : l'hypothèse n'a rencontrt' aucune faveur. Chassang refuse cet écrit à Idaton, et Cafliaux ne le lui accorde qu'à la condition d'admettre « qu'à l'i'poque où fut prononcé annuellement cet éloge funèbre un(^ main de sophiste l'avait retouché, remanié et sur-
1. La même opinion est soutenue par Zoller qui n'a jamais accepté Fau- Ihenticité du Méncène.
-. De Plalonis qui vulgo fertur Mcnexeni consilio el origine, Greifswald, 1859.» 3. Par exemple entre Ménexcne, 240 B-C, et Lois, 111, 008 C-D.
tout aiignienté afin d'en Faire une histoire à [»eu près complète d'Athènes pendant sa période de vie active, n
Le sujet, persoiine n'en doute, est de ceux sur lesquels ont pu et du s'exercer en tout temps l'éloquence et le patriotisme athéniens \ Bien mieux, si l'on ne i>eut songer ni au Mr?w.r('ne d'Antisthène, dialogue consacré selon toute apparence à la philosophie politique -, ni à c -lui que Thémistius ' attribue à Aristote, pourquoi n'aurions-nous j)as l'œuvre de Philon le dialecticien \ condisciple de Zenon, ou mieux encore celle de Glaucon, auteur de neuf dialogues reconnus authentiques, parmi lesquels (igure précisément un Maiexê^ic ' -^ Us Ivaiis sous lesquels Platon et Xénophon nous dépeignent cet élève de Socrate sont singulièrement propres à accréditer une semblable supposition.
Le Clitophon
Socrate,, si enclin à critiquer les mœurs privées et publlipies de son temps, avait-il condensé lui-même sa morale en un corps de doctrines? Ses contemporains avaient sur ce point des doutes dont les lignes suivantes des Mémorables'' se font l'écho : « Ouel(}nes personnes s'imaginent, comme plusieurs récrivent et le disent par .onj^cture, (pie Socrate possédait le plus grand talent pour inviter les hommes à marcher vers la vertu, mais (ju'il était inca[)able de ks y faire pénétrer. » Cela
1. Chose rnuiaiviuable, do toutes les oraisons funèbres que nous a lô-uées la CTFèce antique, si nous mettons à part IVeuvre de Thucydide, celle dT^pôride retrouvée, comme on sait, sur des papyrus é-vpfi,.ns. est seule tenue pour certainement et absolument autlientique.
2. Comme le montre le sous-.titr^r,::sotToOi'o/3'.v(r)iouènGLar.rce VI \%\