‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 27 sur 343 · Diogèiie Laërce, II, T · texte numérisé non relu

Diogèiie Laërce, II, T

3. L'origine apocryphe des Lettres des socratiques est aujourd'hui universellement admise. Je rappellerai cependant, ne fût-ce qu'à titre de curiosité, que dans une de ces lettres (la 23' d'Orelli, et dans les EpistoloQraphi grœci de Didot, p. 622) Xénophon raconte qu'il a lu à Mégare un dialogue de Pla-

En ce qui touche Platon, peut-on dire qu'il ait été l'élève d'Euclide? Selon le témoignage de Gicéron, ce serait plutôt les Mégariques qui, dès ce moment ou dans la suite, auraient fait à Platon de larges emprunts ^ Si l'on se borne h admettre qu'à Mégare il a eu l'occasion d'étudier de plus près des problèmes métaphysiques dont Socrate s'était constamment détourné, si l'on ajoute qu'il s'y est familiarisé avec certains artifices de dialectique renouvelés des Eléates et notamment de Zenon, on sera moins éloigné de la vérité qu'en parlant d'une « période mégarifiue » pendant laquelle l'enseignement d'Euclide aurait tout à coup exercé sur son esprit une influence capitale, bien jdus, lui aurait imprimé pour un temps une orientation nouvelle. Si gratuite (ju'dle soit, cette hypothèse a été tant de fois reproduite que nous sommes contraints de nous y arrêter.

Assurément l'I^léatisme mérite à bien des él,^ards d'attirer l'attention de l'historien de la philosophie grecque, et dans un passage célèbre du Théétètc" Platon lui-même n'a pasdédaigné de payer un légitime tribut d'hommage à la mémoire de Parmenid<-. Par opposition aux ouç'.ÔAoyoi de l'école d'Ionie, Pythagoriciens et Eléates représentent le coté idéaliste du génie helléniipic, protestant chez ceux-là contre les abaissements de la démocratie, chez ceux-ci contre les én^arements de la mvtholocrie [)0{)idaire : en fallait-il davantage pour leur valoir toutes les sympathies de Idaton:^ Maintenant, que X('no|)hane ait ('f»' un ilhunini' et un prophète à la faeon d'JMnpédocl»', ou au contraire un métaphysicien bien supérieur à tous ses devanciers; que Parménide, en proclamant l'identité de la connaissance avec son objet, ait entendu ramener la pensée à l'être, ou réduire l'être à la pensée: qu'il ait soutenu un id('alisme plus extraordinaire que celui de Hegel, ou ([u'il ne faille voir dans sa doctrine (fu'un naturalisme raffiné: (pi'il ait professé un véritable mé-

ton où ct'lui-ci en avait pris à son aise avec la réalité historique. En cet • endroit le texte est d'ailleurs très mutilé.

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