Sophiste, 21 G A
2. C()nniie Io montrent VEuthi/dcme de Plat(in, le Uzy. to^itt^/'ov ilhytùv d'Aristoto o[ maint passage d'Isocrale (notamnient Panalhi'nnujitc, eh. 10).
r'tp.r V!u: de tm. \Tn\
nioiic pas ses paroles et rpae nous soyons encore bien moins à la hauteur do ses pensées '. » Certains modernes n'en ont i)as moins di'couvcit ce qui avait entièrement échappé à Aristote, à savoir que Parménide a été « le vt'ritable, le grand précurseur de la dialectique et de la métaphysique platonici^'uncs -. » D'autres, précisant davantage, ajoutent que le platonisme a emprunté aux Eléates la distinction essentielle de deux ordres de choses, de deux mondes, l'un invisible, inleih'ctuel » se révélant à la raison seule, l'autre physique, matériel où nous donne accès la sensation : on onlViie trop que Démocritc, ce pr 'tendu matérialiste, étudié, approfondi, combattii môme par Piaton sur d'autres points avec tant .l'insistance, avait établi cette même disli.icti.jn d'une façon [dus expresse et plus explicite encore.
Onant à r('cole m''garique, dont u.)us parlerons jiliis en détail à propos du Soph/^/p. il suffira de rappeler ([ue si le llu'élète nous instruit des relations synipatlii([ues qui ont pu se nouera un moment donné entr(; Platon et lùiclide, rien ne laisse supposer quo le premier ait jamais sain*' u;i maître dans le second. Comme les autres socratiques, Plalon a [);i chercher u;i refuge ntomentan*' à >h'gare : à aucune époque les Mégari jue^ ne lont coinpti' parmi leurs disciples ^ xVristote, le témoin le mieux renseigné sur les origines li!Stori([ues du platonisme, ne fait pas la moindre allusion à une inlerventi n, ([uelîe qu'elle soit, du mi'-arisme dans la formation et le développement le la tlo'orie des Idées.
Voici maintenant une seconde remarque, dont Timportance n'échappera à personne.
S'^ns revenir sur ce qiii a été exposé précédemment \ il importe néanmoins de ra[)peler ici (jue les sujets abordés dans le ParmcnvJp. je Soplnste et le Polltiffur sont de ceux qu'Aris-
2. Riaux. Dictionnaire des sciences philosophic/ues. o. Voir les pages d6-G3 de notre premier volume. 4. Pagps 12^ t't i29 <\e notre premier volume.
Oiavoo-ju.£vo; zit.i
COiXGLUSIONS
tote a ahordés avec une sorte de pr('dilection : les idées d'unité, d'être et de non-être, de vrai et de faux ont été creusées par lui et analysées dans maint traité avec une étonnante profondeur. Or les historiens de la philosophie saveiil qu'en dépit des plus minutieuses recherches et après des tentatives désespérées il a fallu définitivement renoncer à trouver dans Ari^tote une phrase quelconque ayant trait, directement ou indirectement, au Parménide K
Le Sophiste et le Politique sont en apparence moins mal partagés : mais un examen plus attentif eidève aux textes iiivoqués toute force probante. Ainsi au vi^ livre de U Métaphysique ', après un exposé de ce qu'on appelle en philosophie le contingent {-h n^yj&zZrc/^jz) on lit : « Ce n'est donc pas à tort, à un certain point de vue, que Piaton a placé dans le non-être l'objet d(^ la soj>histique. » A première vue on pourrait croire ([u'on a ici la ti anscriptir n fidèle, d('[)Ouillée de toute métaphore, d'un passage cé"lèl)re du Sophiste'^: en y regardant de près, on voit que le problème d;i non-être se trouve posé chez les deux auteurs de farontrès dilFérente, et qu'en outre cette même conclusion a pu être tirée par Aristote de maint autre passage de Platon. — laie remarque analogue s'applitpie aux lignes suivantes de la J/r'^//V/?/.s7'y?^e ^ : « Après Parnn'nide il fallait prouver l'existence du non-être: alors les êtres proviendraient de l'être et de quelque autie chose et la pluralité serait expliquée. » Dans le Sophistr ^, c'est un autre dessein qui amène l'auteur à faire de l'être et du non-être comme le double principe et des idées et des choses : il s'agit d'expliquer la possibilité de l'erreur. — Certaines phrases d'Aristote • offrent de vagues rapprochements avec les étranges dichotomies qui sont l'une des caractéristi(jues des dialogues ici considérés : mais là
i. La démonstration détaillée de cetti' thèse se trouve dans notre or,v}age sur le Parménide (ch. IV, p. 138-146).