‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 279 sur 343 · Pol'tflqftp, 265 A · texte numérisé non relu

Pol'tflqftp, 265 A

L'iKU VRF. DE PI. \ïON

CONCLUSIONS

passe pour avoir été en honneur après Pl.iton au sein de l'AciiJémie. Ce ([u'il y a de curieux, c'est qu'Aristote cite quelque part « Platon dans ses divisions » ': mais je contexte ne permet pas de songer au Sophiste. Ailleurs le même philosophe visant sans le nommer un de ses prédécesseurs ou de ses contemporains, fait allusion à une erreur de division ([ui se retrouve dans notre dialogue; toutefois l'expression employée fait songer plutnt à des notes prises à un cours ou à un recueil analogue à celui que nous possédons de cette époque sous ce titre : Définitions.

Mais si aucun texto authentique ne permet d'attribuer h Platon cette m -thole étrange, il est tout au moins certain qu'elle a du provoquer des objections de })lus dun genre : car l'auteur du Politique Q^l visiblement préoccupé de Téclaircir et surtout de l:i justifier. Ses efforts n'ont point abouti: c'est qu'en efTet le procédé est propre à enfanter des lapprocbements aujsi faux en réalité (pi'ingénieux en apparence. Qu'on voie plutôt notre dialogue: c'est par six cotés différent^ quel'Ktranger tente d'àborder son sujet, en définissant tour à tour le sophiste un chasseur déjeunes gens riches - un marchand de connaissances, gros et détail - un faiiricant de sciences - un athlète dans les luttes de la parole — un purificateur des opinions. Le J3une Théétète se perd au milieu de ce dédale, et l'Etranger de lui dire: u Tu as raison d'être embarrassé ».

Etait-ce à ce prix seulement, comme l'insiuue Proclus, qu'il pouvait se fiatter d'enlacer de toutes parts a cet être ondovant et divers, le sophiste aux mille tètes »? Il me semble voir sourire en face d'une telle assertion l'auteur du Protagoras, de la lif^/nfhlique et de VEuthydème -.

Mais tandis que nous cherchons gravement le dernier mot de ce problème, qui sait si nous ne serions pas simplement en

1. Denen. et corr.pt. Il, ?,. :î30b 16 : xaOi.sp II>.â..v êv .aT; 6.acpi...-v -. « Ihe vanety of définitions to which we are led by the proce^s of dichotomies wher. applied to the sophist, not ouly shows that hi' natu e is

présence d'un de ces jeux d'esprit chers à la subtilité grecque^ Ce qui en fournirait presrpie la prouve, ce sont les fautes de logique que l'auteur multiplie comme à [)laisir ' : dans telle division, au lieu de deux membres opposés, nous n'avons ([ue deux })arties prises au hasard : ailleurs au contraire la subtilité est poussée à ce point que la langue grecque elle-même, si riche et si flexibh", refuse à notre philosophe les néologismes dont il a besoin. Ajoutons que certains exemples sont d'un grotesque achevé. S'agit-il |)eut-ètre de tourner en ridicule une école contemporaine, ou les procédés aussi prétentieux que maladroits d'un disciple:' Mais le vrai Platon s'acquitte d'une pareille tache avec autrement de grâce et d'esprit. Où trouver ici l'ironie socratique? est-ce dans la démonstration de cette thèse que l'homme est de la classe des animaux qui s'assemblent en troupe sur la terre ferme, qui y marchent, et n'ont pas décernes, classe ([ui se sulnlivise selon que le pied est fendu on d'une seule pièce? est-ce dans une recherche destinée à séparer la politi(pie de l'art de fabriquer des vases, des sièges ou des armes, ou encore de la science de nourrir et d'amuser les hommes, sous prétexte que ce sont là autant de moyens auxiliaires de gouvernement? D'ailleurs l'Etranger lui-même a soin de couper court à nos hésitations. « Il n'est pas question ici d'épiloguer ni de badiner », comme il le fait entendre à Théétète d'un ton doctoral -: nous devons le prendre au sérieux. Ces divisions ([ui nous paraissent troj) mesquines pour être réfléchies, et trop pédantes pour être ironiques, font partie intégrante de sa méthode : elles rentrent dans le plan de son travail. et pour ne laisser sur ce point aucun doute, après une digres-

1. « Kaum konnte man, ^venn ihm dies ein wesentlicher Theil des Gansen gewesen wilre, dem Platon solche Fehler zntrauen, als hier began^jen werden.. Die angewendete Méthode wirJ hierbeinahc verliôhnt. gleichfalls nachlilssig behundelt; WiUkiir herrscht iiberall... Doch vielleicht scherzt Platoî Aufkeine Art! Der Sokratos des Sophista schweigt, und mit ihm schweigt seine sonst gewohnte Ironie » (Schleiermacher). — L'aveu a d'autant phis do poids que rauteiir ne songe nullement à contester l'authenticité du Sophiste .

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