Théétete, 167 A
jusque dans la sphère de la science pure rantinomie de l'être et du non-être, bien loin d'accorder à ce dernier « autant de réalité et d'essence qu'à tous les autres genres ^ » Pareille théorie acceptée, pliilosophe et sophiste n'ont plus rien <j!ii les sépare : la « nuit du non-être » s'étend sur le domaine entier de la connaissance, sans en excepter le monde céleste et divin des Idées -.
IX. Après ces critiques rétrospectives et ces digressions métaphysiques, l'auteur triomphant d'avoir enfin découvert « le faux discours et la fausse opinion » revient à son point de départ, à la définition du sophiste que dans son embarras il s'était vu forcé d'abandonner. Or, quel est le résultat final de tant d'investigations minutieuses? Le voici : « L'imitation dans cette sorte de contradiction qui est ironique et selon l'opinion rimitation fantasmagorique qui est une partie de l'art de faire des simulacres, non la divine, mais l'humaine : l'imitation qui est précisément dans le discours l'art de produire des prestiges : telle est la race, tel est le sang du véritable sophiste. » xVinsi finit le dialogue, sans que Socrate soit sorti de son silence.
De quelque indulgence qu'on fasse preuve, une telle définition peut elle être prise au sérieux '? Fait-elle penser à ces tableaux pleins tantôt d'une grâce légère, tantôt d'une vive éloquence où le disciple de Socrate place son maître en face des sophistes qu'il confond? Le contraste est si frappant cjue de savants critiques ont considéré le sujet apparent comme un simple cadre adroitement choisi pour discuter certains problèmes métaphysiques. Mais ces problèmes se sont- ils réellement