A : Sova'.xov vévo?, expression au moins singulière
Platon, t. IL 20
I/ŒUVHE DK PLATON
ôtre î»liilosuphe ii fallait voir dans la démocratie une forme surannée et dans la royauté le véritable principe du temps ^ »
IH. Quant à l'élocution. ici comme dans \(i Sophiste, les endroits mêmes où la pensée pourrait faire songer à l'ialon sont écrits dans un style lieurté, tourmenté, qui n'a rien de la grâce et de la souplesse, moins encore de la variété et de l'ampleur lie la Republique ou mémo 'lu TJiéétète. Le génie platonicien dans sa maturité n'a pas passé par là.
Réponse a une objection. — Le contraste qui sépare le Sophiste et le Parménide du reste de lieuvre platonicienne est si frappant, si iiettement accusé que M. Janet n'a pas hésité à écrire : « La sup[)ression de ces deux dialogues débarrasse ce qu'on peut appeler l'exégèse platonicienne de la plus grande difficulté ((u'elle rencontre et df'tenuine en la limitant la vraie théorie de Platon -. » Rien de plus exact. Loin de moi la pensée de prétendre fjue du même coup disparaissent toutes les obscurités du platonisme : du moins c'est une doctrine une cl huniugène, dont le? lignes principales ne sont plus brisées par des constructions étrangères. Mais aussitôt surgit un problème en apparence singulièrement redoutable.
Si le Parménide et le Sophiste (l'insignifiance doctrinale de son frère jumeau le Politique permet d'écarter ce dernier du débat) ne sont pas de Platon, de qui sont-ils? Quel est le philosophe ou plutùt quels sont les philosophes, aujourd'Jiui inconnus, dont los productions pseudonymes se sont glissées de la sorte au milieu de la collection platonicienne^ Dans un siècle éclairé par la lumière de l'histoire une pareille substitution estelle explicable :^ Peut-on raisonnablement admettre qu'un penseur capable d'écrire de tels ouvrages en ait volontairement abdique lapropriété ou en ait éti' illégitimement dépouillé sans qu'aucune protestation se soit fait entendre?
CONCLUSIONS
Si grave que soit l'objection, nous ne ferons aucune difficulté d'y répondre.
Sans doute si l'on interroge Proclus ou Ficin par exemple sur le mérite du Parménide, il se récriera que c'est un livre divin, un chef-d'œuvre incomparable : il s'est même rencontré des critiques de sens rassis très disposés à placer le Sophiste au-dessus de tous les écrits de Platon. Sans vouloir par un excès tout opposé rabaisser l'un et l'autre de ces dialogues, le second surtout, au rang de productions insignifiantes ^ personne cependant ne sera tenté de leur appliquer le raisonnement de M. B. Saint-Hilaire au sujet de la Métaphysique : « Si elle n'est pas authentique, de qui pourrait-elle être? L'heureuse Grèce aurait-elle à se flatter d'avoir produit à coté d'Aristote quelque autre génie aussi profond et aussi étendu? » Ici nous sommes en présence d'œuvrcs dignes d'attention, si l'on veut, mais à propos desquelles il serait téméraire de parler d'admiration.
11 est à remarquer d'ailleurs que leur apparition reculée jusqu'à la seconde moitié du iv^ siècle est en complète harmonie avec ce que nous savons de la production philosophique à cette époque. Aux considérations indiquées dans les pages précé lentes à l'appui de cette hypothèse nous ajouterons les suivantes.
Dans les trois dialogues qui nous occupent, l'entretien ne se poursuit que pour la forme, tant est effacé le rôle d'un des interlocuteurs. Or précisément après Platon le dialogue, c'est-àdire la conversation aux libres allures, aux reparties savantes ou ingénieuses, fut remplacé par des expositions suivies à la façon des traités d'Aristote : rompant avec la poésie pour ne plus relever que de la logique ^ la philosophie se créa un lan-
1 ].. Carra u.