‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 285 sur 343 · lien ne. Ecole de Mégare, p · texte numérisé non relu

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2. II, 119 : AsTvo? àyav wv âv toï; eptarixot; àvTjpEi xal rà ôtôv).

3. Schaarschmidt qui a rajeuni en Allemagne la thèse de Socher parle même (à tort selon nous) d'éléments stoïciens.

destinées de l'école platonicienne, méconnaître la limite des exigences légitimes qui s'imposent à la critique ^

Qu'on y réfléchisse en effet. Des cent ou cent cinquante ans qui se sont écoulés entre la mon de Socrate et l'établissement définitif des Ptolémées, que nous reste-t-il aujourd'hui, en dehors des ouvrages attribués à Platon et à Aristote, sinon quelques noms d'auteurs, quelques titres de livres -? Et cependant, au témoignage unanime des écrivains postérieurs, aucune période n'avait été plus féconde, comme si la plume avait hérité de l'action sociale refusée désormais à la parole publiijue. Au moment où furent fondées les grandes bibliothèques d'Alexandrie et de Pergame, la plus grande partie de ces œuvres philosophiques de second ou de troisième ordre subsistait encore : c'est (ioiic une hypothèse plausible et fort naturelle de croire que notre double collection, platonicienne et aristotélicienne, recèle dès cette date un certain nombre de dialogues et de traités étrangers qui s'y sont glissés à la faveur deVignorancc et de l'inadvertance, ou à la suite d'une fraude intéressée. En ce qui concerne notamment le platonisme, le vague que créait l'absence d'une tradition avérée, d'un enseignement intégralement perpétué au sein de l'école, rendait les méprises plus aisées à commettre, plus difficiles à découvrir et à réparer. Le Parménlde, Je Sophhtc et le Politique étaient très peu lus, à peine connus : à côté d'un faux air de profondeur la discussion offrait quelques éléments platoniciens : ici une pensée, là un

CONCLUSIONS

1 ((Parmi les dialogues prétonJus platoniques, quelques-uns no sont peu -être que des pastiches, quelques autres sont d'un an.i ou d'un élève de Platon; mais entre ces amis et ces élèves, lequel choisir pour lui en transférer la propriété, quand aucun témoignage formel ne dirige nos c.niectures pour ce changement d'attribution? L'histoire des lettres anciennes ne doit

fF'l''5r'''A^'''r'^'^'''" ^"'^' ^' conjectures dénuées de fondement » (E Lgger). - Que d œuvres d^art, même du xve et du xvi-^ siècle demeurent et resteront longtemps encore anonymes!

2. (( La plupart des successeurs de Platon et d'Aristote ont écrit, mais non pas pour nous On ne saurait trop le redire, ni trop apj.uyer si r une telle perte. Le r.che tn'.sor des livres de Platon et d'Arisiote sur leque noas jugeons la philosophie, n'est pourtant qu'un débris, quoique ce débr s suit magnifique : tout le reste a disparu. Nous frappons pour ainsi dire à la porte de toutes ces écoles, mais la porte est fermée » il Havet)

développement rappelait d'autres écrits de Platon dont l'origine était incontestée : il n'en fallait pas davantage, en dépit de graves divergences dont on n'avait qu'imparfaitement conscience, pour qu'une science peu sure d'elle-même ait sans trop de peine accueilli comme authentiques ces dialogues avec tant d'an.tres de moindre importance : si dans les siècles suivants ils ont conservé ce caractère, sans qu'aucune réclamation autorisée ne soit arrivée jnsquVi nous, il faut s'en prendre à l'absence de toute critique sérieuscetà Tautorilé infaillible qui s'attaclia dès l'origine aux décisions des Alexandrins.

Les Lettres

Pour achever l'examen que nous avons entrepris et nous acquitter jusqu'au bout de notre tâche de critique, il nous reste à prononcer sur un recueil assez singulier, coni[)ris dans toute édition ou traduction com|)lète de Platon ', et annexé dès l'antiquité, le double catalogue d'Aristo[)hane et de Thrasylle en l'ail foi. à l'héritage littéraire et [ihilosophique du fondateur de rAcadémie. H ne s'agit plus ici de dialouues ou de trait('s composés avec le dessein exprès do les faire servir à la conservalion fidèle et intégrale d'une grande doctrine, mais bien de lettres - écrites à l'occasion et l'on pourrait presque dire, sous la dictée des événements. Ces lettres, il faut le reconnaître, n'offrent guère plus d'intérêt au métaphysicien qu'au lettré et à l'historien : néanmoins en considération du nom qu'elles portent, la critique moderne s'en est occupée à plusieurs reprises et dans la première moitié de ce siècle la question de leur

1. Il ne saurait être question de discuter à fond l'authenticité des poésies plus ou moins légères attribuées au grand philosophe par des compilateurs tels que Diogène Laërce. C'est un sujet auquel nous avons touché en passant dans notre premier volume (p. 37).

2. Au nomljre de lo dans les éditions courantes, et de 18, si l'on y ajoute celles qui ont été découvertes depuis le commencement de ce siècle dans divers manuscrits.

I/ŒUVRE DE PLATON

authenticité a été aussi vivement discutée que diversement résolue.

Disons de suite qiruîi erudil au courant des clioses de l'antiffiiité est involontairement préparé à se tenir ici sur ses "^ardes. C'est queii elï'et si la littérature latine nous a légué mainte colleclion épistolaire d'une origine reconnue en même temps que dim prix véritable, en revanche la littérature grecque, sous cerappuriplus riche encore peut-être, ne nous présente que des richesses de provenance habituellement suspecte, à ce point que si les lettres platoniciennes devaient être jugées par un simple rapprochement avec les textes analogues qui se rapportent au v«, au Iv^ et même au in« siècle avant notre ère, Jeur sort ne serait pas longtemps douteux '. 11 ne semble pas en effet qu'on puisse citer chez les anciens un genre d'érrits qui ait payé un plus large liihul a i oneur et à la fraude. Dès lors pour nous convaincre que nous possédons vraiment des lettres sorties de la main de Platon, li faudra des arguments solides, lin critérium décisit".

Or convient-il dinvoquer à ce titre le témoignage d'Aristophane de Byzance qui a compris les Lettres dans sa cinquième et dernière trilogie, à la suite du Criton et du P/iédon! Xous ne le pensons pas, et fùt-il démontré, ce qui ne lest pas, que le recueil visé par le bibliothécaire alexandrin concordait de tout point avec le nôtre, il est aisé de se représenter comment sa bonne foi a pu et du être surprise.

D'autre part, Platon a beaucoup voyagé; sa carrière a été longue, sa réputation a franchi de bonne lieure les limites de l'Attique et même de la Grèce : on doit croire qu'il a été maintes fois consulté par tout ce qui autour de lui était désireux de s'éclairer, uu même simplement capable de réfléchir ; en Italie et en Sicile, même avant la fondation de son école, il a noué des relations auxquelles jusqu'à la fin de sa vie il est demeuré fidèle : autant de circonstances qui, à juger du passé par le pré-

CONCLUSIONS

sent, suffiraient à expliquer une correspondance très active et très étendue.

Soit : Platon a eu de nombreuses occasions d'écrire : a-t-il écrit en réahté aussi souvent, et surtout de quelle manière ses lettres sont-elles parvenues à la postérité? De nos jours avec tous les moyens de publicité et toutes les facultés de communication dont un éditeur dispose, composer et publier un recueil de ce genre est chose souvent laborieuse : à quels obstacles ne devait-on pas se heurter dans l'antiquité?

Veut-on que Platon ait gardé lui-même copie de ses lettres dans sa bibliothèque personnelle? Ce n'est pas vrni?r>ml)lable, étant donné leur peu d'importance, sauf l'une ou l'autre exception. — Sont-ce les correspondants siciliens ' de Platon qui d'eux-mêmes ou sur une invitation expresse du philosophe auraient conservé ses communications, de telle sorte que cinquante ou cent ans plus tard il ait été possible à leurs héritiers de s'entendre pour répondre à un appel présumé des premiers éditeurs à Athènes, ou à Alexandrie? Seconde invraisemblance, d'autant qu'en maint passage - il s'agit expressément d'une doctrine secrète qu'il faut soigneusement mettre à l'abri de toute indiscrétion l Au contraire, tout s'explique, à la seule condition de voir dans ces lettres soit un exercice d'école, soit l'œuvre d'un faussaire, soit même une tentative d'apologie dictée à quelque disciple par une admiration plus zélée d'ailleurs qu'intelligente. Leur demandons-nous sur la personne, la carrière et l'œuvre de Platon quelques-unes de ces confidences et de ces révélations infiniment trop rares à notre gré dans ses dialogues, notre attente est à peu près complètement trompée. Parmi les faits historiques de quelque valeur qui y sont mentionnés, combien en est-il que les disciples ne pussent connaître aussi bien que le maître?

i. Voir à ce propos un article publié par la Revue des études grecques (avril-juin 1889} sous ce titre ; Les cpistolographes grecs.

1. Par une coïncidence au moins singulière, toutes ces lettres sont à destination de la Sicile.

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