‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 292 sur 343 · IX, :i77A-G · texte numérisé non relu

IX, :i77A-G

LES METHODES PROPOSÉES

prix que Platon justement blessé ait relevé le gant et en? repris une campagne en règle contre le futur fondateur du Lycée. Allant plus loin et retrouvant dans certains dialogues des expressions tout aristotéliciennes, il y voit autant de documents dé'cisifs dans la [>olémi(jue que reconstruit son imagination. De même que le Parménide est une première réplique aux objections d'Aristote sur le terrain de la métaphysique, de même les livres ix et x des Lois répondent aux théories exposées dans la Morale à Nicomaciue '.

Voilà des assertions ingénieuses peut-être, mais à coup sûr fort hasardées ; et le nombre en est grand dans ce volume de Teichmûller comme dans ceux qu'il y a ajoutés depuis. Sans doute la piétention de l'auteur est moins de fixer de la sorte la date exacte de la composition de cbaque dialogue que d'arriver par une S('rie d'ap})roximations à resserrer de plus en plus la période au milieu de laquelle cette date vient se placer. Malheureusement l'hypothèse joue dans la plupart de ses calculs un rôle considérable et même excessif, à tel point ([u'on a pu reprocher avec quelque raison à son livre de ne pas faire avancer d'un pas la solution des questions i)roposées. Après lui un autre érudit, Dummler -, a usé de la même méthode avec plus de prudence, sinon avec beaucoup plus de succès.

Nous nous reprocherions de quitter cette partie de notre sujet

1. Pour plus de détails, voir dans le premier volume (p. 303-330) la double étude consacrée aux rapports entre Platon d'une part, Isocrate et Aristote de l'autre.

2. Voir notamment ses Akademika et ses Chronologische Beitrage zu einigen plalonischeyi Dialogen aus den Reden des Isoh^ates (Bâle, 1890). Un criti<{ue do talent, AVendland, écrit ù propos du premier de ces ouvrages : (( Auf dem Wege literarhistoriscber Forschung lasst si eh nicht nur das Verstandniss der Abzweckung der Platonischen Dialoge und die Frage nacb der Echtheit mancher Schriften forderu, sondcrn sicli auch wolil zunâchst wenigstens fur die Feststellung der Chronologie der Dialoge sicherere Ergebnisse gewinnen als einerseits durch die sprachstatistische Méthode Solange diesell)e nicht mit noch viel umfassenderem Material arbeitet aïs selbst die neueste, bedeutendste Loistung auf diesem Gebiete, andererseits durch die philosophische die, woiin erst auf anderem Wege mehr feste Marksteine gevvonnen sein werden, wieder mit Erfolg wird einsetzen konnen ».

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sans rappeler brièvement, après l'avoir exposée et discutée [)lus hau: en liélail ', une tentative antérieure d'un tout autre genre, destinée, elle aussi, dans la pensée de son auteur, à substituer à do véritables jeux d'esprit des duiinées positives, aisées -^ déterminer. Disciple de Scbleiermaclier, iMuidv s'était persuada" que Platon n'avait pas pu, navait pas dû composer ses nombreux écrits au lia-ard. ni uHs encore laisser sans aucun fil conducteur les jeiines intelli-^^ences qui voudraient y puiser leur éducation philosophique. Dieu résolue s'adresser non à la raison seule, mais en même temps a l'imagination et au cœur, ce n'est pas dans des traités di(l.i:'li([ues que Platon déposera ses leçons et ses doctrines . il veut, s'il est i>ermis de parler ainsi, les incarner dans une philosophie vivante. Un jour dans un élan d'enthousiasme et de reconnaissance pour son maître il a juré d'honorer sa mémoire, sûr ainsi de la venger. C'est donc la vie du vrai sage ([u'il va dérouler sous nos yeux dans une série de tableaux qui [irenant Socrate enfant à l'heure de sa première vocation philosophique, le suivent pas à pas dans sa carrière jusqu'à la prison où il boit la coupe fatale au milieu de ses amis en pleurs. Dès lors, pour déterminer sûrement la place d'un dialogue, il suffirait, chose relativement facile, de savoir en qualle année a lieu 1 entretien (fu'il est censé reproduire, l'ensemble formant un véritable cycle socratique conij)arable au cycle épique des Ilomérides.

Séduits par le talent très réel de l'auteur, la plupart des critiques ont déclaré l'hypothèse ingénieuse : il ne s'est trouvé personne pour l'accepterlcomme exacte.

Munk en effet ne s'est pas demandé pourquoi et comment cette résolution de Platon avait été à ce; point ignorée de ses disciples et de l'antiquité tout entière ; il n'a voulu voir ni qu'elle était contredite par des données historiques, ni qu'elle introduisait dans la suite logique des dialogues le plus étrange bouleversement, Socrate commençant ainsi !)ar ensei«nier dogmatiquement des vérités à la recherche desquelles il s'appli-

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