‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 308 sur 343 · Pluriel à remarquer · texte numérisé non relu

Pluriel à remarquer

2. On ne peut donc pas accepter sans réserve cette assertion du catalogue de 1740 : « Ibi observari possunt siglae et scribendi compendia a iibrariis usurpari solita. »

^mm

L'histoire de ce manuscrit est très mal connue '. On sait seulement qu'il ;; appartenu au cardinal Nicolas Ridolfi (seconde moitié du xv*' siècle), qui le tenait sans doute de Janus Lascaris, dont il porte Ve.vUhris X'y -.

ï^e second manuscrit, cote 1808, (autrefois Tlegius 2088) é.qalemeat graïul ia-folio sur papier, est loin d'avoir une valeur aussi éminente '. Il semble en etTet n'être qu'une copie, faite au xiii' siècle d'un manuscrit de Venise (App. cl. 4 c. 1) S puisque ce qui -e trouve écrit de première ou de seconde main ;i la marge de ce dernier a été transporté dans le texte du premier, i! renferme 360 feuilles et on y rencontre d'abord les sept premières tétralogies de ïhrasylle. A la iln du Ménexène se lisent les mots : zéloç, -o-j 77yjj-o-j SiSy.io'j : suivent ios sept dialogues apocryphes, les Vers dorés et Timée de Locres.

Ici comme dans le manuscrit précédent les dialogues n'ont quun titre et un sous-titre : l*: troisième manque, sauf pour VFuthf/p/tron qn.'ilifif» iri de lôyo; ioto-Tixo;. Les deux Hippias sont désignés lun et l'autre par les mots : -îot -o^j /.rxloj^ et le Criton par cette variante : -toi oo'^r,; c/lcOo\j; /.aî ^lAy.i.oj. Certains mots omis ont été reportés en marge de la main même du copiste : les variantes se lisent tantôt à la marge, tantôt entre les lignes : les scolies sont assez nombreuses : de la feuille 25 à la feuille 34, elles sont écrites en caractères slaves; quelques-unes sont eiïacées ou ont été coupées au moment de la reliure de façon à ne plus présenter

4. (( Der Parisiniis A gelit aiif eine L^ncialhandschrift zurûck, welclie in zwei Columnen geschriob^n war und beililufig 38-iÛ Zeilen in jeder Goliimne hatte w (Schanz).

2. On sait que Lascaris a beaucoup fait au xv« et au xvi« siècle pour le développement des études grecques. Il avait réuni une bibliotluMiue très riche pour le temps et qui ne renfermait pas moins de 1:28 manuscrits grecs. Un grand nombre ont passé de son vivant ou à sa mort au cardinal Piidolfi, qui avait entretenu avec leur possesseur des relations d'amitié. Or dans l'inventaire qui en fut dressé par Devaris, on trouve sous la cote 93 : « IlXa- Twvo; o'.a),o7ot Ttvsi; /.ai a: 7:o>.tTctat, in pergameno, in-f° grande. » ]1 est probable que c'est notre Parisinus 1807.

3. M. Schanz qui déjà, à plusieurs reprises, s'était occupé de ce manuscrit (Cf. Hennés, X, 171 et XT, 104) l'a soumis en 1886 à une révision défmilive, à la suite de laquelle il l'a déclaré sans valeur sérieuse. Stallbaum se borne à l'appeler (( librum honœ satis nota^. »

i. Tl en sera parlé ci-après.

LES MANISCHITS DE PLATON

aucun sens. Les changements dinterlocuteurs sont indiqués de la même façon que dans le précédent manuscrit. Comme singularité d'orthographe, relevons l'inlinitif des verbes en a.., écrit constamment C/.VJ,

Sur la troisième feuille se lit l'indication suivante : « Ex bibliotheca J. lïuralti noistaillerij, cniptus aureis 35 a Nicolao grœco, 1562 [Venetiis]. » lîoistaillé, probablement un élève de Pierre Danès, fut ambassadeur de France à Constantinople et à Venise au milieu du xvi« siècle. La reliure, en jaune verdàtre, SLifiirait presque à elle seule pour indiquer cette provenance.

Les autres manuscrils de Paris n'ont pour la restitution du texte de Platon qu'une importance fort secondaire ; on en trouvera rénumération plus loin.

Sans être aussi riche que la bibliothèque de Paris, celle de Venise possède également deux manuscrits auxquels nous devons une mention spéciale.

Le premier (App. class. 4 cod.l, — t, Bekker,— T, Schanz ^) a passé de la bibliothèque du couvent de S. Jean et S. Paul à celle de Saint-Marc. C'est un manuscrit sur parchemin contenant 265 feuilles à deux colonnes de 50 lignes : entre les deux colonnes règne un espace large d'un doigt occupé par d'assez nombreuses scolies. Ce volume est l'œuvre de quatre copistes différents. Les quatre premières feuilles, renfermant Timée de Locres (1-3 a), une scolie (3^), un extrait de Plutarque, et l'index des écrits de Platon d'après le canon de Thrasylle (Ab), sont de Jean Rhosus, bien connu comme calligraphe. La partie la plus considérable et en même temps la plus soignée du manuscrit (5a— 212^») comnrond lessept premières tétralogies avec le Clitophon et s'arrête au commencement du IIP livre de la République " : elle date du xii^ siècle. Pour les dialogues qu'elle a en commun avec le Clarkianus, les titres sont identi(iues, sauf suppression de l'épithète finale et lasubstitution pniir le Théagès des mots irspl rjo^^iac à tz.oï o-^r^ooT-jv/:,': voici en outre de quelle façon sont désignés les six dialogues qui suivent:

1. Voir sa brochure intitulée : Ueber den IHutocodex der Marcusbibliothek zu Venediij, Leipzig, 1877.

2. \m D. Pour ce dialogue, le Venetus t se rattache manifestement à la famille du Parisinus A, mais en raison de son origine postérieure il otïre des traces bien plus nombreuses d'altérations.

'AKîlZO'JJW r. TZOOZrjlT.'.iyjj^L.

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r:)/j.-:wjrj- toXizîlv.z r, -.loi rUv.'xt/j'j y/^ S', y .

Ab

Les titres et les chiffres sont en rouge : le titre est répété à la fin de chaque dialogue. Comme dans le précédent, on lit à la suite du Ménexène : rûo; roJ à Sl^jHo-j. L'écnUiie est nette, les abréviations fréquentes, l'iota ascrit, les accents souvent omis, surtout à coté des esprits. Les personnages sont marqués au début des sept premiers dialogues, puis du Clitoplion et des trois livres de la ll*i)uljHque : un trait perpendi<Mil;)irc en marge indirjn'' les changements d'interlocutcîurs; dans quelques passages une seconde main a écrit les lettres initiales des noms des personnages. La plupart des scolies datent de la première main et uiiL été écrites en mémo temps que le texte : d'autres sont moins anciennes, quelques-unes môme tout à fait modernes. Le copiste, très scrupuleux, ii'a pas osé dès Tabord introduire ses corrections dans le texte et s'est borné à les inscrire timidement à la marge.

Tne troisième partie (213« — 255 b), probablement du xv^ siècle, contient la fin de la République : en tète de chaque livre on lit : H/aToavo; -oltzzLôrj TîTaoTo;, --a-ro;, ctc. Les abréviations se font rares, l'iota est souscrit, mais souvent oublié. Une seule scolie de quelque importance à la page 216 a. Enliii le Tbnée (256 a — 265 />) a été ajouté postérieurement.

Ce manuscrit a été, dit-on, consulté par Arien ius pour la seconde édition de Bàle. Mais le fait n'est pas absolument démontré.

Le second manuscrit de \'enise (n. 185, n, Bekker — I), Schanz '') est un in-foliosur parchemin, comprenant 340 feuilles, du xn*" siècle ou même d'après ^!. Jordan plus ancien, quoique très certainement postérieur au Parisinus A. On y trouve d'abord seize des dialogues contenus dans le Clarkianus: en tète, nue main plus récente a placé Timée de Locres : viennonf nnsuite V Euthyphron (fol. 5 a), VApolofi'ie{iOa),Qh certaines parties paraissent plus modernes.

1. Voir ses StucUen ziir Geschichte des Platoniscfien Textes, "VVûrzboiirg, 1874, p. 5-7.

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le Criton (20/>), le Phédon (20 a) avec des passages plus récents et des interpolations inexplicables de morceaux appartenant ;\ d'autres dialogues, le Cratyle (52 a), le Théétète (72 //), le Sophiste (100 h), le Politique (122 a), où deux feuilles ont été transportées par mégarde dans le X^ li^re de la République, hi Parménide (1/3 a), le Phflèbe (160 a), le lianquei (180 a) avec le sous-titre -irA v.-^v/jrjj au-dessus duquel une main moderne a écrit 3>''J-'>;, le Phèdre (201 a) avec le sous-titre tzioï ior^-zoc, corrigé plas tard en ttôoI xa/.ov, le Premier Alcibiade (220 b), le Second Alcibiade (232 //), Vfllppnrqw! (237 b), les [limux (240 b), le Clitophon (243 b) avec ie sous-titre -ooToî-rf/o;, enfin la R'pubUque (246 a) où deux feuilles ont été enlevées du VP livre ' : le X*^ est incomplet. — Le copiste paraît avoir été très peu soucieux delà correction : sur la môme page le même mot est tantôt bien, tantôt mal écrit : chose singulière, plusieurs fautes sont communes à ce manuscrit et au Clarkianus. Il contient en outre mainte variante de seconde main -.

La bibliothèque Yaticane, si riche en trésors de tout genre, n'a aucun manuscrit de Platon comparable aux précédents. Un seul in-folio sur parchemin, en deux parties de la même main (n. 225 et 226 — A0, Uekker, — V, Schanz) mérite de nous arrêter ^

Le premier volume (a), de 487 feuilles, s'ouvre par une addition plus moderne^ sur mauvais papier : à7/.tvôo-j rh^u^jAvlt-Aôç tojv n/«rwvo; ooyrjirjroyj. La feuille 13^ contient, rédigé de la main même du copiste, l'index des dialogues qui suivent : Euthyphron, Apologie, Criton, Phédon, Gorgias, Ménon, Cratyle, Théétète, Sophiste, Politique, Parménide, Philèbe, Ranquet, Phèdre, premier et second Alcibiade, IJipparque, Rivaux (les quatre dernières lignes de ce dialogue ont été transcrites sur une petite feuille supplémentaire par la même main qui a écrit les feuilles 305 et 316). — Le second (0) avec la suscription ri/arwvoç 6tÇ>tov âvjrspov, contient Théagès,

2. (( Wir linhen im Venotus II die ersten siebcn Telralogien in derselben Ueberlieferuii}]: vor uns, die uns fur die bciden Ictzten und die Spurii der Parisinus biet(;t, mit andern Worten eine Copie des jetzt verl orenen ersten Theiles des Parisinus. » (Jordan, Hermès, XTII, 480). De part et d'autre les scolies appartiennent à la môme rédaction.

3. Schanz, Stud'œn, p. 2-3. Nous avons là, au jugement de cet érudit, une copie du (Uarkianus, et les lacunes qu'on y constate doivent être mises au compte des détériorations de ce dernier manuscrit.

Platon, t. IL 26

Charmide, Lâchés, Ljsis, Euthjdème^ Protagoras, Timée, les deux Bippias, Ion, Menéxène (à la fin duquel on lit (196 a) : tî'/oç TovTrpwTov ^t^fAio^j). Puis après les sept apocryphes, deux pages vides, le Cittophon et les dix livres de la République. Peu ou point de scolies. Les pages ont tantôt 33, tantôt 34 lignes. Ce manuscrit avait d'abord passé pour être du xii° siècle : mais dans la « Recensio manuscriptorum codicum qui ex universa bibl. Vat. anno 1792 pincuratoribus Gallorum jure bclli seu pactarum induciarum ergo et initie pacis traditi fuere » (Leipzig 1803) il est désigné expressément comme du xv* siècle.

Nous terminons cette liste d'honneur, si l'on peut ainsi parler, par un manuscrit de Tubinguc que l'on a proposé d'appeler « Crusianus », car c'est Grusius * qui l'a sauvé de la ruine au moment où un libraire de ses amis allait le déchirer pour faire servir le parchemin à des reliures. De forme carrée, il remonte au XII® ou au xi° siècle, et renferme en 360 pages de 25 lignes chacune (numérotées 1, 3, 5, etc) sous le titre : rà ztzzc/. -to-j ii),aTwvoç un cîioix de dialogues, à savoir : Euthyphron, Criton, PhédoUj Parménide, les deux Alcibiade et le Tunée, ce qu'on pourrait appeler la « théologie » de Platon. En tête de chacun se trouvent une initiale cL des ornements à l'encre rouge. Gomme dans les manuscrits précédents les changements d'interlocuteurs sont marqués en marge par une ligne perpendiculaire : cha([ue fois que le nom même du personnage se trouve écrit, on est en face d'une addition postérieure. Quatre feuilles (p. 5-12) sont d'une autre main moins habile que le reste du volume. Les scolies sont rares, les ligatures peu compliquées : les abréviations ne se présentent guère qu'fi il lin des lignes où les mots sont coupés de la façon souvent la plus arbitraire : les esprits affectent la formel ou J '• de la première main il n'y a ni iota ascrit ni iota souscrit. Un certain nombre de corrections se lisent soit au-dessus de la ligne, soit à la marge : quelques lacunes ont été comblées à la suite d'une révision. Plusieurs indices tendent à prouver que cette copie a été écrite à la dictée, en môme temps que plusieurs autres : ainsi le remplace-

1. Né en 152t3, Crusius fut professeur à TLd)inffue pendant la seconde moitié de sa vie. Il mourut en 1607. Lui-même a consigné cette date mémorable (15 janvier 1560) sur le manuscrit, où figure son buste gravé sur bois par un des meilleurs artistes du temps.

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ment presque constant de B par •. devant des voyelles (p. ex. o-uvcuv; pour o-jvc'e-/;) et Certaines fautes qui ont évidemment leur origine dans l'itacisme.

Ge manuscrit, collationné par Reuss pour l'édition d'une partie des dialogues donnée par Fischer en 1783, avait été depuis lors laissé dans l'oubli lorsque Schneider et Schanz l'ont soumis à un nouvel examen '.

Ici se pose un problème d'une importance capitale. Quelle est la valeur de ces dillérentes sources? à laquelle s'attacher de préférence? Laquelle reproduit avec le ]dus de probabilité le texte primitif, tel qu'il était sorti de la main du philosophe? « Pareille question, écrit M. Groiset à propos de Thucydide, n'est pas facileà trancher. En cela comme en beaucoup d'autres choses, les solutions simples qui séduisent au premier abord laiss(3nt presque toujours de cV.té une certaine part de la vérité. Elles se remplacent même l'une l'autre à tour de rôle, car la mode règne jus- (pie dans l'érudition. » Peut-être cependant l'éditeur de Platon n'est- il pas condamné à éprouver le même embarras.

L'un des princes de la philologie moderne, Gobet, n'a pas assez d'éloges pour le Parisinus A: a Pnicterquam quod est antiquissimus omnium, non memini me videre integriorem librum neque emendatiorem. Solus omnium, quotquot supersunt manuscripti codices, attica} dialecti veteris lotojuv.zv. et formas fideliter conservavit. Garnis lectionum fides etomniaemendationis subsidia in uno Parisino A continentur "qui in Republlca optimus, in Lcg'ibus nliquanto deterior sedtamen reliquis ad unun omnibus longe longoque melior, in Timœo et in Cri//aprœstantissimusest... Supplet lacunas, omittit emblemata datque passim solus ex tenebris lucem. Igitur in solo Parisino A iil in stabiii fundamento tota crisis lihri platonici firmiter h.xreat. » L'éloge est aussi complet qu'il peut l'être, mais aucun manuscrit n'est absolument irréprochable, et Gobet lui-même a proposé une série de corrections au texte du Cri- (tas ■-. Son jugement sur le Glarkianus est bien autrement sévère.

1. Voir un article de TeuiTel dans le Rhelnisches Muséum, XXIX, p. 173.

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