‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 328 sur 343 · EUVIIK DE PLATON · texte numérisé non relu

EUVIIK DE PLATON

nent trclles-inèmes en aide au traducteur dans l'embarras. Ici cet expédient lui est interdit, à moins qu'il ne borne son travail à un pelil iiuiiibre de pages : car si faute de connaître ou de pouvoir rencontrer le mot |ip;)p!-p il a rec )ursà une tournure explicative, comment espérer que dans les écrits les plus divers cette tournure cent fois répétée satisfer'a partout ('gaiement l'oreille, et ce qui est plu^? grave, la V('rité et la raison?

Ajoutons que la science antirpic et la science moderne ne parlerit })as toujours le mémo langage : point de départ, but, méthode, en mainte circonstance de l'une à l'autre tout dilÏÏM'e, si l)ion que pour conipren.drc e( } r i iuire certains anciens nous sommes obligés de sortir on (|aol({ue faron de nous-mêmes, de nous dépayser départi délibéré en renonçant aux habitudes d'esprit, fruit do notre ])ropre éducation . Si les princi[)os fundamontaux do la logique n'ont pas varié depuisle temps de Platon et d'Aristote, peut-être n'en est- il pas absolument de même de toutes leurs applications.

llappelons-nous en outre qu'il s'agit ici du plus merveilleux des prosateurs grecs, de celui qui a le mieux deviné et le plus habilement mis ù prodt toutes les ressources de sa langue '. Nos idiomes modernes, le français en particulier, sont si amoureux de la clarté qu'ils lui sacrihont jus(iu'à la précision : los mots composées ou dérivés que lesGrecscréent avec autant de facilité que d'harmonie nous sont refusés, les inversions à peine permises. Puis comment lutter avec ces tours simples et rapides où l'article neutre est suivi d'un verbe ou d'un adjectif? comment rendre la cjncision inévitable de locutions telles que Ta»/. 2, OaTsoov, t6 oj ïvsxa, r, roj -rj^Jî y.y.L rryj-rj v/A r, -yrj- ©ao-t: "^ et vingt autrcs analogues qui se rencontrent à charpie pas? comment surtout se llatter de rendre

1. On croyait copier rarchiteclurc pjrecqae, écrit à ce propos un êriidit, et Ton s'étonnait de n'en jamais reproduire l'elTet : c'est qu'on ne tenait i)as compte de la courbe imperceptible du Parthénon. De même on croit traduire les anciens, on croit avoir exprimé leur pensée tout entière, tt l'on s'étonne de leur demeurer si infjrieur. C'est qu'ici encore la traduction remplace impitoyablemen' par la Uç^ne droite la ligne idéale qui faisait le charme secret de l'original.

2. « Cetera and ceterumB.re very inadéquate renderings of Ihe Greek neuter plural TaAAa expressing neither unity nor pluralily, but food [for both » (Maguire).

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