Pages 26 et 42 de la traduction
2. Dans ses Souvenirs de la Sorboime de 1825, qui parurent dans la Revue des Deux-Mondes (15 janvier 1853) Villemain raconte que le général Foy ayant lu dans la prose solennelle de Laharpe la traduction de l'exorde du Pro corona s'écria impatienté : « Ce n'est pas là Démosthùne ». Que faut-il donc pour reproduire cet indomptable athlète? Arriver à le sentir, répond Villemain, à le prendre sur le fait, puis le traduire très littéralement avec des mots expressifs qui rendent, s'il est possible, l'ordre et le mouvement, la couleur de ses paroles, et comme l'accent de sa voix. — Platon sans doute n'est pas Démosthéne : mais ces réflexions ne lui sont-elles pas applicables ?
3. Nous voulons parler non seulement de la traduction que Th. H. Martin avait donnée en 1841 de ce dialogue difficile, mais encore des éclaircissements et commentaires de tout genre dont il l'avait accompagnée.
elle éteint son éloquence, elle esl peu propre à révéler à un pro fane le rayonnement extérieur du génie platonicien.
Aussi a-t-on vu récemment <]cscendre dans la lice un nouveau concurrent • dont la mort prématurée a laissé Tœuvre interrompue. Deux volumes seulement ont paru-: i un contenant la République, 1 autre, V Apologie de Socrate, le Criton, le Pliédon et le Gorgias. L'Avertissement placé en tête du premier s'ouvre par cette déclaration aussi ferme que modeste : u En comparant au texte grec les traductions françaises de la République de Platon, j'ai pensé qu'il était possible d'essayer une traduction plus exacte, plus fidèle, et plus en rapport avec les principes sévères qui sont en honneur dans l'Université ». Néanmoins, ainsi que nous avons pu nous en convaincre, au lieu de tenter une œuvre originale, l'auteur a préféré adopter à son tour les errements anciens, sauf à y introduire un certain nombre de corrections, la plupart heureuses, quelques-unes problématiques ou même absolument contestables.
n. Traductions anglaises
La patrie de Racon, de Hume et de Locke a paru longtemps se désintéresser de Platon et de ses écrits : et cependant à la fin du xvii« siècle nous voyons réunis à Cambridge des érudits distingués que leur tour d'esprit et leurs opinions dominantes rapprochent singulièrement du platonisme ; au premier rang Marc Smith et Gudworth. Au siècle suivant Pope se rattache à la même école, mais personnellement il avait peu étudié l'œuvre platonicienne et ne la connaissait que par les écrits de Saint-John, réduit lui-même à k version latine de Ficin.
Le premier traducteur anglais de Platon fut Sydenham. Dès 1759 ce savant avait publié sur le philosophe athénien une étude d'ensemble, remarquable pour le temps. Ce n'était pas assez pour lui •