‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 339 sur 343 · M. A. Eastien, agrégé de l'Université, ancien proviseur · texte numérisé non relu

M. A. Eastien, agrégé de l'Université, ancien proviseur

2. Le premier sans date : le second en 1880 (librairie Garnier)

3 Pour les traductions étrangères, on comprendra sans pein'e que nous défiant a bon droit de notre juge.nont qui eût été insuffisamment éclairé nous ayons eu recours aux appréciations de critiques compétents dans la mesure ou il nous a été donné de les connaître.

LES PRINCIPALES TRADUCTIONS DES DIALOGUES

il voulut que ses concitoyens pussent lire Platon comme bMirs propres moralistes, et en 1767 il dédiait à lord Cranvelle la traductiondequatrodialogues: les deuxHippias, VIon et le Banquet '. Quoique pour les trois premiers tout au moins, il faut en convenir, Sydenham eût fait un choix malheureux, son livre n'en permit pas moins d'apprécier la connaissance profonde qu'il avait acquise de la philosophie et des mœurs grecques. Un peu plus tard parut un second volume contenant les Rivaux, le Mcnon, les deux Alcibiade, le Théétèle et le Philèbe Au œuvre devait se poursuivre : mais la souscription ouverte par l'auteur ne reçut du public qu'un froid accueil, et ce savant aussi laborieux que modeste passa la dernière partie de sa vie aux prises avec la misère.

Trente ans plus tard seulement l'entreprise tentée par Sydenham fut achevée par Taylor, homme de beaucoup de savoir, mais de moins de jugement, qui à l'exemple des érudits de la Renaissance eut le tort de prêter à Platon toutes les rêveries, même les plus déraisonnables, de ses prétendus disciples alexandrins. Son travail fut publié à Londres (1804) en cinq volumes in-quarto, sous ce titre (( rhe works of Platon, viz. bis (ifty-Iive dialogues - and twelve epistlcs, translated from the Greek, nine of the dialogues by tlic late Floyer Sydenham ^ and the remainder by Thomas Taylor. » Il était dédié au duc de Norfolk, que l'auteur élève sans hésiter au-dessus des fondateurs de l'Académie platonicienne. D'ailleurs tandis que Ficin avait traduit Platon en latin au milieu des loisirs d'une cour brillante, c'est dans sa langue maternelle que Taylor s'impose la même tâche au milieu des alarmes d'une guerre redoutable. Son admiration sans bornes pour le disciple de Socrate l'avait fait surnommer « le Platon anglais ^ » et dans ces dernières années le journal américain The Platonist lui a valu de

1. La préface, où Platon est appelé « one of the greatest masters of political science in ancient times », contient des considérations qui ne sont pas sans intérêt sur la classification des dialogues en « sceptiques et dogmatiques, dramatiques et narratifs ».

-'. Chaque dialogue a ici son introduction particulière, sans préjudice de l'introduction générale placée en tête de l'ouvrage.

3. Voici en quels termes sévères Taylor juge son devancier : « I fouud him sometimes misteaking tiie ineaning througli ignorance of Plato's more sublime tenets and at other times perverting it iii order to favour some opinions of liis own. »

4. Lui-même se qualifie d'ipacrrr;; ctçoôooç Tr,ç toO IDaTwvoc ?t).o<7o?îaç.

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l'autre cùté de l'Atlantique ^ un véritable regain de renommée. En somme sa traduction rend assez habilement les mots du texte -, ce qui n'est pas nécessairement une garantie au point de vue du sens-^: il n'avait d'ailleurs du grec qu'une connaissance médiocre, et les éditions dont il se servit étaient bien peu satisfaisantes : pour quelques dialogues, les Lois al VEpinomis notamment, on a même la preuve qu'il n'avait eu sous les yeux que la traduction de iMiMii. Les annotations, d'une prolixité extrême, sont pour la plupart ou inutiles ou obscures.

Aussi ne sommes-nous nullement surpris de voir Wright, publiant cil 18i8 une nouvelle version du Phèdre^ du Lysis et du A'o^r/^o^^as '*, déplorer dans sa préface qu'on ait si peu fait jusqu'alors soit pour donner au pul)lic cultivé une idée exacte et complèle de Platon, suit pour aider l'étudianl novice à pénétrer à travers une terminologie inaccoutumée jusqu'à la pensée intime du grand philosophe.

Mentionnons en passant la traduction due à la collaboration de trois ('Tudils et insérée dans la Ciassiral Ubrary de Bohn '■ : en Angleterre même elle a été très sévèrement appréciée. 11 en est au contraire une plus récente qui paraît appelée, , m moins auprès du grand piiblic, à supplanter toutes les autres : c'est celle de M. Jowctt (1871) '', dont les quatre volumes ont plus fail, dit-on.

4. Notons à ce propos que 'M. Cliurch a donné à New- York en 1880 une traduction de la première tétralogie de Thrasylle.

2. On lit dans la préface : « If my translation had been made witli an eye to the judgment of tlie niany, il would hâve been necessary to apologise for its literal exactness. »

3. A cet égard, M. Davies juge sévèrement « the unworth, obscure, unenglish and often extremely erroneus version of Taylor '>.

4. Récemment réimprimée dans les Macmillaii s golden treasiny séries {Londres, 1893).

o. The work ofPlato, a new and littoral version : I. Apolor/ir, Criton, Vhédon, Gorgias, Prolagoras, P/tèdre, Tliéélele, EitUujphro}», Lysis (par Gary, 1852) — ir. République, Timée, Critias (par Davies, avec une étude sur Platon, 184'J) — III. Ménon, Euthydème, Sophisle, Politique, Cralyle, Pannénide, Banquet {par Burges, 1850) — IV. Philèbe, Channide, Lâches, Mcnexhie, les deux Hlppias, Ion,les deux Almbiade, Théa(/ès,les Rivauj\ Wpparque, Minas, Clitophon, Lettres (par le même, 1851) — V. Les Lois (parle même, 185:2). Enfin un VI« volume (1854) contient les apocry{)hes, les deux liiographies antiques de Platon, et les Introductions d'Alcinoûs et d'Albinus.

6. Plato, the dialogues, translated into English with analyses and introductions, by B. Jowett, Regius professer of Greek, Oxford. — De toutes

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{)Our acclimater et populariser Platon en Angleterre que des montagnes de savantes dissertations. L'auteur, il est vrai, n'a rien négligé pour qu'elle pût se lire avec agrément, jusqu'à tenter de trouver dans sa propre langue un équivalent aux jeux de mots en honneur dans plus d'un dialogue. Parioul M. Jowett se montre préoccupé de redonner -^ ^on modèle une jeunesse noiivnlbv on mullipliant les allusions et les parallèles empruntés aux temps modernes, même en demandant aux poètes favoris de l'Anirleterre unr' traduction nécessairement approximative de certain<'S pensées et surtout de certaines citations. Si la critique philosophique a été frappée des défauts de son œuvre ^ la critique littéraire en a relevé de préférence les qualités -. Le succès d'ailleurs ne s'est pas fait attendre. A une seconde édition, en cinq volumes d'un élégant format (1875), l'auteur en a ajouta' tout récemment une troisième, « revue et corrigée. »

Faut-il compter au nombre des traductions la pul)lication récente de M. Whewell '? c'est bien plutnt une adaptation au goiU moderne des dialogues platoniciens les plus courts et les plus aisf^ment intelligibles; l'auteur en elfet ne s'est nullement gêné pour laisser do côté tout ce qui lui a paru étrange oupndixe ou obscur : il a été ainsi amené àomettre ces deux chefs-d'œuvre, la République et le Timée. Tel qu'il sort de ses mains, Platon a perdu toute sa profondeur et manifestement aussi la ])art peut-être la meilleure de son originalité.

les traductions anglaises de Platon, c'est la seule qui soit en entier de la même main.

1. Un des premiers d'entre les platonisants de l'Angleterre contemporaine. M. Jackson, écrivait à ce sujet : u The english style is gooJ. But Jowett is very careless in his treatment of the original, and aljounds in positive mistakes ». A cet égard la traduction du Phédon et du Timée par M. Archer- Hind est jugée en général bien supérieure.

2. Je cite deux témoignages entre plusieurs autres : un critique dans the Nation (27 avril 1871) appelle cette publication d'un mot familier à Platon un èp[j.atov : un autre écrit dans VAflienœum (4 mars 1871) : « This book. a great and remarkable work, alTords the clearest évidence of the industry. the learning and the ability of Prof. Jowett ». Voici cependant un reproche que je lui vois adressé : « He recasts his author rather tlian lie lenders him, and there is no elïort to reproduce the stylistic effect in English ».

3. The platonic dialogues for english readers, en deux volumes : I. a) Dialogues of the socratic school, b) Dialogues referring to the trial and death of Socrates. — IL Antisophistic dialogues.

Platon, t. 11. • 30

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