Cette Uiéorie, on le sait, n'a plus cours aujourd'hui
PLATON APRÈS LA MORT DE SOGRATE 99
môme à l'heure présente, après un siècle et plus de discussions, les savants ne sont rien moins que fixés sur la date à assigner aux plus importants monuments de sa science et de sa littérature '. En second lieu, dans ces interminables élucubrations d'un génie si peu semblable à celui de notre Occident, que d'incohérences, que de mystères, et qu'on est loin de la précision et de la netteté grecques î Parlant des Oupaiiishads M. Barthélémy Saint-IIilaire en faisait naguère l'aveu : u L'historien de la philosophie peut y jeter un regard, mais nous les donner comme modèles et nous recommander le peu de métaphysique qu'elles contiennent, c'est pousser l'indulgence beaucoup trop loin... Lorsqu'on a derrière soi la philosophie antique représentée par Socrate, Platon et Aristote, pour ne citer qu'eux, et dans les temps modernes la philosophie de Descartes, il faudrait être bien modeste pour s'imaginer qu'on puisse profiter en quoi que ce soit à l'école de l'Inde brahmanique ou bouddhiquel » C'est qu'en ell'et, qu'il s'agisse de métaphysique, de géométrie'^ ou d'histoire naturelle, il sera toujours vrai de redire à la suite du même auteur : « Dans les annales de l'intelligence humaine, la science n'a véritablement commencé que chez les Grecs pour s'accroître depuis eux jusqu'à nous. C'est la Grèce qui a ouvert la première cette admirable et sure carrière où nous ne faisons absolument que la suivre, bien que
1. p après M. Halévy, les Védas et à plus forte raison toute la littérature qui s y rattache n'auraient été transcrits sous leur forme actuelle qu'après 1 expédition d'Alexandre. On y avait vu d abord l'élan spontané d'un peupie jeune laissant naïvement déborder son enthousiasme. Berrrai^rne qui a approfondi plus que personne cette étrani^e poésie, la considère comme le produit d'une caste sacerdotale déjà experte et pourvue d'un rituel des plus compliques. - (Juant à la philosophie, un critique contemporain déclare que 1 Inde n'en a pas connu d'autre que le Védanta, le Sankhva étant reste a 1 état de formule figée et stérile. Sir William Jones faisait remonter le code de Manou à 1300 ans avant J.-C. On est beaucoup plus prés de a vente, écrit M. Bartlielémy Saint-Ililaire {Journal des savants, février 1889), en indiquant le second siècle de notre ère comme l'époque approximative où la rédaction d'abord en prose a été versifiée.