Cf. Théétcte, 143 D, et Mémorahle.^, IV, i
2. Voir notamment p. 831. — A ce propos Teichmiïller plaisunte les biographes qui, nn atlas en mains, croient pouvoir décider d<^ l'itinéraire suivi par tel ou tel savant de l'antiquité au cours de ses voyages.
PLATON APRKS LA MORT DE SOCRATE
lui [)araît lo. {)lus décisif, il n'y a rieu là ([ui doive surprendre.
Pour les uns, il voulait par une initiation approfondie aux sciences exactes, et notamment à l'astronomie, se rendre capable de p'nétrer dans les secrets delà mathématifiue de Pvthagore ^ Il est certain ([u'en Egypte ce genre d'étude était en grand honneur -, encore que la multitude des observations pratiques n'y eut contribui' que médiocrement au développement de la théorie.
D'autres^ et c'est le plus grand nombre, songent surtout aux symboles en usage dans l'art hiératique \ Strabon raconte qu'on lui montra aux i)ortes d'un temple d'Héliopolis la maison où Platon, disait-ou, avait passé treize ans avec Eudoxe : et Proclus, jaloux de passer pour mieux renseigné encore, n'hésite pas à nous donner les noms des prêtres dont il s'était fait le discq)le '. Ceci montre tout au plus, dit Steinhart, que déjà dans l'antiquité les cicérone avaient une imagination ingénieuse. Diogène Laërce donne Euripide pour compagnon de voyage au philosophe: assertion ridicule, ce poète étant mort sept ans avant Socrate.
Coinbi(ui de temps Platon passa-t-il en Egypte 5? Ce voyage se place-t-il avant ou après celui qu'il fit en Italie ^ ? Se préparait-il à sa vocation future ou, comme quehjues auteurs le pré-
1. Cf. Apulée : « Quod Pytliagoreorum ingenium adjutum aliis disciplinis sentiebat » : assertion qui devait trouver et qui a trouvé en elTet grande faveur auprès de toute l'école néo-platonicienne.
2. On lit déjà dans Aristote, Met., I, 1, 981 b 23 : Atb 7i£p\ AIV-::tûv al {xaOr,txaTixa\ Trpwrov xkyyxi auvirrrr^TaV i/.il yàp à?£c6r( <yyo\<x:,tiv xh twv tEpéwv ^6vo;. — Cf. Hérodote, II. 102, — Diodore de Sicile, I, G9 et 81.
3. Diogène Laërce, III, H, — Plutar(iue, Isls et Osiris, 10, — Apulée, de Dor/m. Plat., 3 : u. Astrologiam adusque .l^^gyptum ivit petitum, ut Inde prophetarum etiarn ritus addisceret »,— Olympiodore, 2, et la 28° lettre socratique, dont l'origine est incontestablement apocryphe.
4. (élément d'Alexandrie n )mme également, pnrnii les maîtres de Platoa à Ilôliopolis, un .luif nommé Sechnui)his {Stromates, I, 15).
5. Stallbaum suppose cpie Platon ne quitta pas l'Egyple avant 389 et qu'aussitôt après il repartit d'Athènes pour Syracuse.
<>. Parmi les partisans de cette dernière opinion, je remarque Quintilien (I, 14) : i< Non contentas disciplinis quas pr;estare poterant Atheme, non pythagoreoriim ad quos in Italiam navigaverat, ^Egypti quoque sacerdotes adiit, atque eorum arcana perdidicit. »
LA VIE DE PLATON
tendent, était-il dëjà en possession d'une céléhriti' V('rital»]e ^ ? Siii' tous ces points la tradition est lloltante : mais outie (jue ces incertitudes se retrouvent dans presque toutes les L)ioi;raphies que nous a laissées iantiquité,ellesdoivent d'autant moins nous préoccuper que dans les écrits de Platon des allusions indirectes et néanmoins suffisamment ex[)licites attestent qu'il avait vu de ses yeux la terre des anciens Pharaons.
Ainsi cette léi,^ende à la fois si curieuse et si profonde de l'invention des lettres et des sciences par Theuth, légende esquissée dans le Pldlèbc et si ingénieusement dévelo[)pée dans le Phèdre'^, ne trahit-elle pas immédiatement son origine '?X'est-ce pas un témoin oculaire qui en plus d'un passage dc'crit le régime des castes, tel qu'il se praticjuait en Egypte ^ ? Quand Platon signale la religieuse sollicitude avec laquelle les souvenirs historiques sont conservés dans les temples '*, ou (]u"il vante la perpétuité des institutions et des coutumes égyptiennes % n'est-ce pas pour avoir constaté par lui-même et admiré l'harmonie et la stabilit(' sociales qui en étaient le résultat ? En dehors de la Grèce, il n'est aucun pays dont la mention revienne aussi fréquemment sous sa plume ; quand on |)arle avec tant d'empressement d'une contrée, de ses lois, de ses usages,
]. Voici comment s'exprime Valère Maxime (V'JII, 7) dans un langage bien digne d'un rhéteur : (( iEgyptum peragravit (Plato), dum a sacerdotibus ejus gentis geometriie multipliées numéros, atque Cîelestium observationum rationem percepit. Quoque tempore a studiosis juvenibus certatim Athenœ Platonem doctorem quierentibus petebautur, ipse Nili lluminis inexplical)iles ripas, vasiissimosque campos, efFusam barl)ariem et llexuosos fossarum ambitus, yEgyptiorum sonum discii)ulus lustrahat. » — Saint Jérôme {Adv. Ituf.) semble favorable à cette supposition : <■ Quoique maître et puissaut à Athènes, où sa doctrine était reçue dans toutes les écoles de l'Académie, Platon se lit voyageur et disciple. »
3. République, IV, 435. T'unéf, -'k A et plusieurs passages des Lois mentionnés plus loin.