‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 54 sur 343 · Ti/née, 23 A · texte numérisé non relu

Ti/née, 23 A

5. Lois, II, 6oG D. — Pour ceux qui croient à l'authenticité du PolUicjue, ce dialogua mérite à cet égard d'être remarqué. En eiîet, on peut admettre que l'auteur ne parle du caractère sacré des rois d'Egypte (2!)0 E) que d'après la tradition; mais les détails dans lesquels il entre sur les procédés de pisciculture en usage sur les bords du Nil trahissent la curiosité personnelle d'un voyageur (264 G).

PLATON APRES LA MORT DE SOCRATE

c'est qu'on y est amené par la vivacité d'impressions toutes personnelles. — On objecte que Platon a fort incomplètement saisi le caractère spécial de l'ancienne civilisation égyptienne. — Mais quel est l'écrivain ancien, ([uelest, avant Ghampollion, le voyageur moderne (pai soit à l'abri de ce reproche ?

Il convient donc sur cette question de s'en rapporter au témoignage unanime des anciens ^ [)lutot qu'aux scrupules peu justifit's de certains criti({ues de notre siècle -. Gardons-nous toutefois d'exagérer les emprunts faits par Platon à l'Egypte ^. Entre l'organisation sociale qui avait prévalu dans cette contrée et le gouvernement idéal de la Ri''publique, il y a des analogies incontestables : cependant l'Etat rêvé par le i)hilosophe grec exclut absolument la caste sacerdotale, toute-[)uissante au contraire à Thèbes et à INIemphis. Si Platon loue l'éducation scienti(iqu(^ (ju'y reçoit la jeunesse ^, il la blAme d'être tro|> exclusive et parla même d'allumer trop facilement dans les âmes la soif du gain \ De même il condamne en termes exprès les mesures de rigueur longtemps opposées à l'établissement des étrangers ^. Platon a jugé cette civilisation si différente de celle

1. Alix textes cités précédemment il faut ajouter : Gicéron, de Rep., 1, 10, De Fimbus, V, 2). — Strabon, XVII, SOG. — Diodore, I, 9G. — Pline, llist. nat., XXX, 2. — Lucain, PJiarsale, X, 181. — Pausanias, IV, 32.

2. Niebuhr {Kleine liist. und pfiiL schriflen, 182S, p. 47")) avait révoqué en doute le voyage de Platon eu Egypte, que M. Ghassang (Histoire du roman dans Vanliquilé (/recqi/e et latine, p. 198) croit sui>posé pour répandre par un fait matériel et sensible l'opinion de l'inilueuce exercée par la sagesse égyptienne sur la philosophie grecque. Al. von Stein se contente d'affirmer (jue le fait ne repose sur aucune base certaine : « Erweislich ist der yEgyptische Aufentlialt keincnfalls, selbst wenn er Tliatsache gewesen sein soUte. » {Sieben Biiclier zu/' Geschichle des Platonismiis, II, 173.)

3. Gf. E. Ménard, Les ouvrages hermétiques. — Ce qui domina en Egypte, nous dit-on, au point de faire négligei' tout le reste, ce fut l'idée de l'Être bon et de son imitation par l'homme, appelé à être bon comme lui. Sommes-nous en présence d'un rapprochement purement fortuit avec le rôle prépondérant joué dans la doctrine de Platon par l'idée du Bien? En toute hypothèse il y a loin de considérations morales, si admirables qu'on les suppose, à la profonde synthèse d'un système philosophique.

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