‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 55 sur 343 · Lois, VII, 819 A · texte numérisé non relu

Lois, VII, 819 A

5. Lois, V, 747 G et II, 057 A. Platon va même jusqu'à employer cette expression : Travoupyia àv-rl ao^ia;.

G. Lois, XII, Go3 E.

LA VIE DE PLATON

d'Athènes sans ])r('vention, mais sans enthousiasme. Isocrate parle quehjue part de })liilosophes renommés dont l'Egypte est l'idéal : s'il pensait à Platon, il s'est tr()m[)é, et en tout cas il est { lus exact de répéter à la suite de Philostrate ^ : « Pl.iton s'est servi de ce qu'il a emprunté aux prêtres et aux devins de l'Egypte comme un peintre (pii prendrait une esquisse pour l'enrichir des plus brillantes couleurs. »

Après son séjour en Egypte, Platon a-t-il pénétré plus avant dans l'Orient ? Diogène Larrce et Apulée lui attribuent le projet de visiter la Perse ; mais, ajoutent-ils, les guerres d'Asie l'en détournèrenl -. De quelles guerres ont-ils voiihi parler'? L'histuire ne nous suggère aucune réponse. L'initiation de Platon à la magie orientale n'en est pas moins une tradition courante dans l'antiquité, au moins depuis le premier siècle avant notre ère ^ Xous avons vu précédemment pourquoi cette étrange assertion a obtenu si facile créance. Au temps de Strabon, d'Apulée et de Philnstrate, par exemple, les regards se tournaient comme d'eux-mêmes vers l'Orient : dès lors on comprend sans trop de peine comment ces érudits d'ailleurs si peu philosophes, oubliant ce qui s'enseignait dt^ longue date à l^^leusis et ce (]ue nous pouvons à cette heure encore lire dans Homère et dans Pindare, ont été conduits à se représenter Platon comme redevable aux brali mânes et aux gymnosophistes de l'Inde de ses théories si profondes sur les réconqienses et les châtiments de l'autre vie \

1. Yiti d'Apollonius, T, 2. — C'est à l'Egypte que Proclus rapporte les hypothèses et les allégories cosmogoniques auxquelles aboutit le Phédon.

2. Apulée. loO : u Ad Indos et niagos intendisset animum, nisi euin bella tune vetniss l'ut Asiatica. » Il ne peut èti-e ici question de la lutte entre Artaxerxès et >on frère Cyrus, laquelle se dénoua d'une façon si tragique pour ce dernier à la i)ataille de Cunaxa.

:!. Cicéron, Tiiscubme>, IV, 10. — Plino, IJist. uni., XXX, 2. — Clément d'Alexandrie, Co/iort., 46 A. — Lactan{'(\ IV, i*. — Olympiodore, i : 'A^î- 7.ÎT0 £:; Tr,v <I>o'.vtxtav y.al u-aYo:; i/.iX âvTvotov T^a.pi).x^^i tr;; fj.ay.v.r'v. — Le l.)iographe anonyme : El-y. è).OÔ)v sic <I>r.'.v:y.r,v. r.ty.i'-jyiy iv.zX IlépTa'.: v.al £[j.aO£ Tîap 'a-jTO'.'; Tr^v Zfopoâo'Tooo rra'.ôi'.av.

4. Cf. Philostrate, Vie d'A]>ollo/Nifs, TII. 0 et YI. 0, et Apulée {Florides, XV) lequel après avoir parlé des inaitrcs que Platon put entendre sur la terre

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PLATON ÂPRES L\ MORT DE SOCRATE

Quant aux assortions semblables de certains modernes, malgré l'apparence de démonstration historique dont elles se rt'clament, il suffit de rappeler que ceux mûmes dont la conviction paraissait d'al)ord le plus assurée ont été peu à peu obligés par l'évidence à abandonip^' leurs [premières affirmations. Laissons aux néo-platoniciens, quatre et huit siècles plus tard, l'honneur incontestable d'étaler leurs relations personnelles avec des sages })lus OU moins authenticpies venus en Syrie et en Mgypte des bords do l'Indus,de PAraspc ou de l'I'^uphrate. Platon a recueilli cequedfi vagues traditions lui apportaient des croyances de (^es pays lointains : il n'a[)as songé, le premier ou l'un des premiers entre les Grecs, à se faire, lui l'un des maîtres de la science et de la raison lielh'ni([ues, l'élève et l'adepte crédule des rêveries d'ailleurs à peine connues qui avaient alors cours en Orient.

De ri{gyj)te, où au contraire tout est prêt dès lors pour la naissance d'un nouveau foyer d'iiellénisme, Platon passa selon toute apparenceen Sicile et en Italie. Peut-être fit-il dansl'intervalle un court séjour à Athènes : c'est un point qu'on ne peut établir avec certitude. Xous allons le suivre dans le pays où avait lieu ri moins d'un siècle auparavant la|)hilosophiodc Pythagore, plus tard celle de Xénophane : quoi d'étonnant si, à la différence du |)ré('édent, un tel voyage a exercé une réelle inihience sur les transformations ultérieures de l'enseignement platonicien?

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