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6. C'est ce qirex])rime slniplomeiit Cicéron (r/*? Hep., l, 10) : « Audisse te credo Platonem Philolai coinmeutarios esse nactuni ».
PLATON APRES LA MORT DE SOCRATE
le rôle joué dans l'antiquité par l'école de Pythagore, déclare que sans offrir aucune invraisemblance, le fait en lui-même est au moins fort douteux ^ : à une condition toutefois, c'est qu'on se h.ite d'ajouter avec cet érudit ; « Ce qu'il est nécessaire de contester, c'est l'importance qu'on y a attaché plus tard et les conséquences qu'on a prétendu en tirer. »
Mais dans le débat philosophique qui nous occupe, nous avons oublié jus(ju'ici le témoin et racleur par excellence: il est tem[)s de l'interroger. Qu'est-ce ([ue Platon nous apprend lui-même de ses raj)ports avec le ])ythagorisme ? Peut-être, à côté ou à défaut de révélations et d'aveux explicites, surprendrons-nous chez lui quelques-unes de ces confidences involontaires (jui échappent aux écrivains même les plus maîtres de leurs impressions.
Tout d'abord, en admirant, comme il le mérite, l'art dont Platon a fait preuve dans l'exposition de ses doctrines, on a parfois regretté ({u'en toute circonstance il ait réservé à Socrate un rôle, et pres([ue toujours le rôle principal. Que n'a-t-il ('gaiement ('voqué sur la scène, avec son incomparable habileté à dessiner un caractère, hs vieilles gloires philosophi- ([uesdela Grèce, un Pytb.agore, un Heraclite, un Empédocle, un Anaiagore ! L'intérêt dramatique de son œuvre y eut grandi, mais sa profonde vém'ration pour Socrate ne le lui a point permis : ce n'est que par accident en f{uel(]ue sorte (pie ces grands noms trouvent place sous sa plume. « L'égoïsme de la gloire, écrit à ce propos M. Nourrisson, a fait tort à son divin génie, et si je l'ose dire, il a manqué d'art, parce qu'il a manqué de reconnaisance. »
Néanmoins à la lègle qu'il semble s'être imposée nous rencontrons une exception ■ et une exception assurément surpre-
1. E. Zeller et M. von Stein refusent de se prononcer. Quant à Steinhart, le'[uel dans sa Vie de Platon avait tenté de concilier les récits divergents des Jùograplies^ il s'est entendu reprocher assez durement de n'avoir pas su dans cette circonstance imiter l'iTto/r, des platoniciens de la moyenne Académie.
2. 11 en en existe une seconde, si l'on tient le Pannénidc pour authentique,
LA VIE DE PLATON
naiite. Le soin d'exposer etde développer ses vues sur la nature et sur l'univers, il le confie à un iiliilosophe (pii eut quelque renom parmi les [)ytliagoricien?, qu(jique Platou lui-nirine, chose étrange, évite de ra[)[)eler de ce nom. ^ Plus loin nous aurons à revenir sur les enseignements mômes contenus dans le Timée.
Dans le reste de l'ceuvre cependant si considérable de Platon, les allusions au moins explicites à Pytliagore et à son école sont des plus rares. Ici, par exemple, il rap[)elle (jue ce philosophe et ses disciples ontdà leur renom a la discipline irréprochable (pii présidait à lour association - : ailleurs il répète avec et après les [tythagoriciens que l'astronomie et la musi([ue sont sieurs. ' Trois pythagoriciens figurent (hins le Phc- (Io?i,e[ à en juger par l'ex})ression enqjloyi'P, cVst de la même source que l'auteur du Gorgias dérive une assertion citée plus haut. Si donc, s'en tenant aux déclarations expresses, on refuse d'étendre celte énumératiim [>ar voie de conjectures, (pielques ligues, et de peu d'inq)ortance, voilà tout ce ([ue Platon accorde à la mémoire de l'école italique.
Mais, dira-t-on, il a craint de nuire à sa propre gloire en faisant soniicr trop haut le nom de ceux à qui il devait la plus grande et la plus belle part de son système. Précaution utile peut-être au regard de ses contemporains, vaine assurément en ce qui touche la postérité! xVuprès de lui, parmi ses élèves, grandit un philoso[)he porté aux recherches éiudiles, avide de coimaître toutes les hypothèses par les(pielles ranti({uilé a tenté de résoudre le [)roblème des choses, peu favorable d'ailleurs à Plaujii son maître et prêt à relever ave: une sévérité jalouse tout ce ([ui peut diminuer le [)restige éclatant de ce grand génie.
opinion aujouril'liui pou en faveur. Encore l<\s critiques no savent-ils comment rattacher ce singulier dialo;-(ue aux enseignements de l'école éléatique.
1. Cette circonstance justifie m;tl l'assertion de T!i. II. Martin : f Platon doit beaucoup auK Pythagoriciens pour toute sa philosophie et tant s'en faut qa'il le dissimule ».