‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 63 sur 343 · HépubLique, X, 60) B · texte numérisé non relu

HépubLique, X, 60) B

o. liéinihliqut', Yir, "KjO D.

PLATON APRÈS LA MORT DE SOCRATE

Or aux yeux d'Aristote la théorie des idées, ce point central vers leipieltout converge dans le platonisme, est une théorie essentiellement platonicienne, dont les origines et en quelque sorte le premier éveil doivent être cherchés dans les vues et la méthode de Socrate. Plus tard sans doute Platon v associa d'autres éléments au risque de l'obscurcir, en cherchant à donner aux brillantes eonceptions de son imagination de jioète l'appui d'une construction en apparence scientifique. Lorsque, exilé volontairement d'Athènes a[)rès la condanniation de Socrate, il recueillit dans la Grande Grèce les derniers échos de l'ancien pythagorisme, cette nouvelle école qui se révélait à lui présentait des points de contact manifestes avec ses vues personnelles : pour([uoi s'étonner ([u'il ait songé à lui faire (pielques emprtints ?

Telle est la seule conclusion ({u'autorise le rapport d'Aristote : ses déclarations prouvent (jue le jdatonisme et le pytliagorisme après un développement parallèle, mais indépendant, ont fini par conclure une alliance jdus ou moins étroite : il se plait, comme Théophraste après lui, à les ra[)procher dans son exposition, sans alfecter ainsi qu'on Pa [)rétendu, défaire de Platon un élève de Pytliagore.

Mais plus tarda une époque d'éclectisme l'assimilation, pour ne pas dire Pidentification des deux doctrines et des deux écoles semble devenir un lieu commun de la critiijue dans ces aires reculés. Pour le comprendre, souvenons-nous des étranges destinées du pythagorisme qui au moment même où il semble atteint d'une décadence irréparable, s'impose par je ne sais quel mystérieux ascendant aux maîtres de l'Académie. Speusippe et Xénocrate sont appelés pythagoriciens par \q^ mêmes auteurs qui d'Archytas feraient volontiers un élève de Platon. Valentin Rose a-t-il raison d'affirmer (|ue les premiers écrits sur la doctrine de Pythagoi-e, ou du moins sur ce qui en constitue le trait essentiel et distinctif, les rapports et les propriéti's des nombres, ont vu le jour à Athènes et dans le voisinage très immédiat de l'Académie ? Ce qui est certain, c'est ([ue par un juste retour le pythagorisme renaissant se mit

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LA VIE DE PLATON

résolument à léooJe de Platon. De là entre les deux pliiloso[)hes une confusion qui ira toujours grandissant, et que paraissait d'ailleurs justifier mainte tendance comnmne. Même répulsion contre les premières théories naturalistes des physiciens d'Ion io : même propension ap}iarentc a cherclier !:i raison des choses dans une classe spéciale d'entités intelhgiblcs ^ : même caractère religieux imprimé à l'ensemble de la doctrine : même séduction exercée par le caractère grave et inspiré de renseignement. Trouvait-on dans les écrits de IMaton (pid pie alhision mystérieuse à (i'antiijues traditions ou au r^Me de certains nombres cal)alisti(|ues ? Aussitôt on év()(piait le souvenir de l'i'ïcote itali({ue : bien plus, ce fut dès lors une idée l'aniibère à l'antiquité que d'expliquer le génie de Platon par une fusion entre la [)hilo$opliio idc'^ale et élevée de Pythagore et la sagesse pratique et très familière de Socrate -.

Ce qui dut contribuer singulièrement à propager cette erreur, ce fut la quantité d'ouvrages apocryphes qui virent le jour sous les premiers Ptolémées et groupèrent autour de Pythagore et de ses principaux disciples toute une littérature éminemment suspecte. Lorsque dans tel écrit fie Tim<'e de Lncres ou de l4nlolai[S on retrouvait la substance des dialogues })latoniciens les plus célèbres, comment l)icéar((uo et Athénée ^ Apulée ^ et Numénius ^ n'auraient-ils pas exprimé, chacun à

1. « Dor Ablehnun^f cler Siimlichkeit nuhern sicli die r.\'tlia:ioreer Botriiclitlich, da sic nicht bloss fiir die For.scJiung das rational Erk.-nnliare zur alleiiigûltigen Norm erlKjbeii, soiidern ferner auchdas rational Erforschliche der oCo-;a der Dinge gleiciisetzeii. So wenigstens l*hilolaos, filr dcn dalier aucli Tannery die idealistische ïendeiiz anerkoniit » (Natorp).

2. t^ntre beaucoup de textes, je choisis les suivants : Cicéron, ÏV- publique I, 10: (^ Leporein Socraticum subtilitatemque sernionis cum obscuritate Pythagor^e et cum illa i^luriniornni artium gravitate contexnit. » — EuRèl)e, Prép. Evani/., xtv, o : Kzpy.fjx; ^(oxpaT;: ll-jOayôpav, toO p.sv ûr,;xoTt/fo-:3po:. toO ùi crcu-vÔT-sp; c'bOr, — et cette épigramme de ÏAnlholor/ie :

SwxpaT'.xô) ^âu-tov xicaTa: xpr,Tr,pi ^pôvTjfxa, KaA/'.TTOV asu-vr;; à'[j.u,a ô'.yoTTaT'r,;.

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