‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 65 sur 343 · Cf. Eiisèbe, X · texte numérisé non relu

Cf. Eiisèbe, X

:2. Voir dans ses Misccllanea hisl. phil. (p. 6(5 et suiv.) sa dissertation sous ce titre ; De convenientia numerorum P>/tharp)rœ cum ideis Platonis.

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LA VIE DE PLATON

PLATON APRÈS LA MORT DE SOGRATE

teur cl radtiiirateur do Proclus, « cet Homère de l'école alexandriae » que d'autres oat appelé « le dernier des Heljènes ». On lit dans une note de sa traduction du Banquet : « Je penche à croire avec Proclus et en général avec les xVlexandrins qu'en effet le fond des idées platoniciennes a été puisé dans les doctrines pythagoriciennes et les traditions orphiques. On dit que Proclus avait fait un livre intitulé : Accord d'Orphée, de Pytharjore et de Platon: je souscrirais volontiers à tout ce qu'annonce un pareil titre, pourvu qu'après l'accord on signalât les dillorences ^ ».

Plus récemment, dans un ouvrage où Pylhagore est peint avec les plus brillantes couleurs, un helléniste (|ui ])ar une rare exception est en même tenq)s un orientaliste du [dus haut mérit", Pioth, a cherché à ramener toute la doctrine de Platon aux idées que Pythagore avait lui-même enq^runtées à Zoroastre. V\\ autre érudit allemand, Uathgel)er, croit plus fermement à Pins[)iration personnelle du sage de Samos, à ses yeux le représentant par excellence de la vieille philosophie éolienne : en revanche il lui sacrifie plus complètement encore, si c'estpossible, l'originalité et la gloire de Platon.

Enhn. veut-on connaître sur cette délicate question l'opinion de M. Nourrisson, chargé par l'Académie des sciences morales du rapport sur le concours relatif a l'école ovthaL'-orieienne ? elle ne le cède en rien à celles ([ue nous venons d'analyser. < Si Platon ne doit pas tout à Pythagore, que ne lui doit-il j)as? Ce n'est point seulement en physique et dans le Tinv'e ([u'il

1. Traduction cl' Platon, VI, 403. — La i»réfa(n^ de son édition do Prochis contenait une déclaration plus explicite encore : « Illius quocjiie (Pytliagoric) esse videtur theoria idc^arum et quodciimque in Platonis doctrina suiterius ». Ailleurs Cousin la reproduit, mais en raccompagnant de r/serves qu'il importo tlo noter : « Les traditions de l'Orient, celles dos pythagoriciens, par leur antiquité, leur renommée de sagesse, leur caractère religieux et les vérités profondes qu elles renfermaient, avaient charmé IMaton, comme tous les grands esprits do tous les siècles et servaient do hase à ses conceptions. :\Iais pour la forme de la pensée, l'unique et le véritable antécédent de Platon est l'esprit attiquc représenté par Socrate. Or la manière de penser moditie essentiellement la pensée et produit une pensée jiouvelle •).

pythagorise. Sa politique, sa morale, sa psychologie même lui viennent de Pythagore plus encore que de Socrate, et si le mouvement ordonné de la dialectique, si le vol de Pamour l'élèvent en métaphysique à des régions où l'ythagore n'a pas eu accès, n'est-ce point à Pythagore qu'il emprunte la hase d'oti il prend son élan? Nous en avons ])our garant la parole irrécusable d'Aristote : « Les idées de Platon, ce sont les nombres de Pythagore ».

Nous verrons plus loin quelle créance mi'rite cette dernière assertion. Rappelons d'aboixl les protestations autorisées qui dès le siècle dernier se font entendre contre une tradition qui prise à la lettre réduirait la j)lus célèbre, sinon la plus vaste philosophie de Pantiipiité à n'être qu'un rameau plus ou moins dissimulé du troue pythagoricien. Déjà F.berhard dans son Uhloiro (jémrale delà philosophie ' soutenait que, pour avoir fait fortune chez les modernes, l'opinion d'après laquellePlaton avait emprunté aux Pythagoriciens sa théorie des idées \\it\\ est i)as mieux justifiée. Après lui Stallbaum, Zeller et Ribbinplacés d'ailleurs à des points de vue divers, ont fait justice des exagérations étranges auxquelles s'étaient laissés aller en cette matière la [)lupart de leurs contemporains.

De même en France MM. Lévèque et Rousselot n'ont pas hésité à se séparer de la tradition régnante, à laquelle s'était rangé si docilement Cousin -. Allant plus loin encore, M. Fouillée, comme nous le verrons, incline à considérer le pvthai^^orisme non comme la source inspirée, mais bien plutôt comme le mauvais génie du i)latonisme.

Quelle solution donner à ce problème difficile qui partage les meilleurs esprits ? Consulter les traités philosophiques originaux de Pythagore et de ses disciples ? ceux ([ui nous sont parvenus ne portent ([u'un nom et un titre usurpés. Interroger Platon lui-même ^ Indifférence ou calcul, il garde un silence à l)eu près complet. Devenu pour quelque temps en Italie Phote

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