Cui/i pr'inc. convers
3. La leltre VU garde sur ces événements un silence complet et difficilement explicable, quel que soit d'ailleurs son degré d'authenticité.
4. XV, T. — Tzetzès (X, 99G) dit qu'Archytas après avoir racheté Platon le garda à son service, afin d'en faire un pythagoricien.
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PLATON APRÈS LA MORT DE SOCRATE 177
grand i)hilosopIie, le riclie athénien, réduit en servitude! quel beau thème de réflexions morales et de déclamations oratoires! les anciens, comme on pense, ne l'ont pas laissé échapper \
Les Eginètes étaient les ennemis jurés d'Athènes - : mais, apprenant, dit-on, que leur captif était un philosophe, c'est-àdire un rêveur bien innocent, à coup sûr, de tous les maux causés par la politique, ils le renvoyèrent sans rançon. D'après une autre version, Platon, reconnu comme Athénien, aurait couru au contraire les plus grands périls, s'il n'eût été racheté au prix de huit sesterces par Annicéris de Cyrène ^ dont la bienveillance fournit en outre à ce nouvel Ulysse les moyens de regagner Ithaque, je veux dire Athènes. On ajoute môme que son libérateur se refusant à rentrer en possession de la somme déboursée, les amis de Platon l'auraient, après délibération, affectée à l'achat d'une maison voisine des jardins d'Acadénius. De pareils détails sont difficiles à concilier entre eux et avec ce que nous savons de la fortune personnelle du philosophe.
Rappelons enfin, pour ne rien omettre, qu'à entendre Plutarque * ce furent les amis de Platon qui, pour le soustraire aux mains de Denys, le firent embarquer sur la trirème de Pollis : mais le tyran déjoua leur généreux dessein en priant sous main l'ambassadeur Spartiate de servir ses projets de vengeance.
De tous ces récits divergents que conclure avec quelque certitude '? Un fait, un seul, c'est que le voyage de Platon en Si-
1. Voir les dissertations morales de Sénéque, auquel fait écho Isidore de Péluse { Lettres, 111, 134) : ID.aTwv £p.7ro),r,0£u oC/ r,Y£tTo £[j.7:£ZTwx£vat tr„èXe'jOcp'aç. l'hi tiHe d'un manuscrit de Chalcidius on lit ce vers ;
Emptus Plato fuit major vendente pyrata.
2. Des hostilités avaient même éclaté entre les deux cités pendant les dernières années de la guerre de Corinthe (390-o88).
;j. On lit dans Lactance {De fais. sap. III, 2o) : « Platonem redemisse Annicéris (piidam traditur sestertiis octo. Itaqne insectatus est hune ipsum redemptorem Seneca quod parvo Platonem a'stimaverit ». Le rhéteur Aristide disait, au contraire, que ce seul fait avait suffi pour tirer Annicéris de son obscurité.