deuxil:me voyage en sigil
Depuis vingt ans, le rêve de Platon était accompli et il présidait avec un éclat croissant aux destinées de son école. Fidèle à ses propres principes et évitant avec soin toute participa* tion aux orages et aux débats du gouvernement démocratique-,
1. Théélèfc, 173 G-E. On peut trouver comme une première ébauche de ce passage dans les lignes suivantes de la Républlqup (livre Vil) écrites manifestement sous une inspiration analogue : « Ne t'étonne plus, Glaucon, que ceux qui sont parvenus à cette sublime contemplation dédaignent de prendre part aux affaires humaines, et que leurs âmes aspirent sans cesse à se fixer en haut... Geux qu'on a laissés passer toute leur vie dans l'étude et la méditation sont impropres au gouvernement des états, parce qu'ils ne consentiront jamais à se charger d'un pareil fardeau, se croyant déjà, dés leur vivant, dans les îles fortunées. »
2. Bien différent en cela de Socrate qui en toute circonstance et sans ménager personne, avait courageusement rempli jusqu'au bout son devoir de
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il s'était renferme dans Tétudc désintéressée des vérités pliilosophiques les plus hautes. Tout à eoup nous le voyons, à notre grande surprise, quitter Athènes, et pourquoi ? Pour retourner dans cette Sicile où cependant déceptions et infortunes ne lui avaient pas été épargnées. Qu'était-il donc arrivé ?
En 3G8 Denys l'Ancien mourait, laissant le pouvoir aux mains desonrdsaîné,Denys le Jeune, sous la tutelle de Dion avec le([uel Platon s'était lié d'amitié pendant son premier voyage. Au témoignage de Plutarque \ (jue l'on peut soupçonner de quelque prévention en faveur de sou héros, « Dion était de sa nature fier, magnanime et courageux, qualité ({u'il développa lorsqu'une fortune toute divine conduisit Platon en Sicile, contrairement à tous les calculs de la prudence humaine. Nourri sous un tvran dans les habitudes serviles d'une vie corrompue, il n'eut pas plus tôt goùlé de la raison, de cette philosophie souverainC;, que son âme fut tout eutlamméc pour la vertu. » Voyant le jeune Denys mutilé par l'ignorance, perdu de mœurs et redoutant, avec raison, que son autorité lut impuissante à ramener ce prince à la vertu, Dion crut quo Platon seul avait l'éloquence et le prestige nécessaires pour ohteuir un pareil triomphe.» Ses conseils, nous dit Phistorien gn^cS souvent renouvelés et semés de passages empruntés à Platon même \ inspirent à Denys un désir vif et comme furieux de voir Platon
citoyen, Platon croyait avec Cousin que la mission de la philosophie est de vivre en paix avec toutes les puissances que les hommes ont coutume de respecter.
1. Dion, 4. — Cornélius Xépos traçait déjà de Dion un portrait analogue : « Prajter nobilem propinquitatem genorosamque majorum famam, multa alia ab natura habuit bona : in his ingenium docile, aptuni ad artes optimas, magnam corporis dignitatem, qute non minimum commendatur. » — Toutes ces données ont été très bien résumées par Steinhart (Platons
Leben, p. i4G).