M. MAC-ALL EN FRANGE
(De sa 49« année à sa 12^ année)
Non. Cette histoire ne sera jamais racontée a^^ant le jour du grand rassemblement. C'est « en haut » quelle s'écrit.
Celle qui a dicté ces pages, apj^ès ai^oir çécu sa vie ci côté de la sienne^ à lui y le fondateur de cette Mission y pendant les i^ingt et un ans qu'il y trai^ailla, J/"'* Mac- Ally elle-même^ se déclare « incapable de la reproduire : elle pensait le poui^oir, mais non ».
L'auteur d'une notice qui a paru , en septembre 1896^ dans la reçue Free Church of Scotland Monthly, disait ce qui suit, parlant de la Biographie anglaise que celle-ci reproduit et complète : « // nous semble , sauf erreur, qu'on a perdu une grande occasion de faire connaître au monde., dans tous ses détails, une des entreprises les plus remarquables de ce temps-
ci. » Xoiis passons condamnation. En un sensy la critique est juste. Mais encore! Pourriez-i^ous nous dire comment ce monument^ci s'est éleç^é P ou plutôt^ comment cet arbre-là a cru. Venez alors ^ et lisez as^ec attention les t agenda » du fondateur de la Mission populaire de 1811 à 1893, un monument, s'il en fut jamais, de labeur de tête et de mains^ opiniâtre^ incessant^ énorme,, açec lequel on peut reconstruire dans tous ses éléments sa çie de chaque jour, où, comme sur une carte ^ on peut {^oyager avec lui, soir après soir y dans les régions de la « Terre inconnue ».
Ces sorties de chaque soir furent non seulement ses heures les plus heureuses, mais encore, nous osons le croire, les plus profitables pour sa mission. De quelle importance n'était pas, en effet, ce contact personnel, quotidien, de l'ouvrier avec son œuvre! Comme on l'a dit dans un journal : « M. Mac-Ail était un homme magnétique. » C'est juste y mais ce n'était pas tout! Quand^ à sa poignée de main et à son sourire s'ajoutait son allocution, si persuasive, si pénétrante, tout cela combiné formait, par la bonté de Dieu, comme autant de canaux de grâce pour plusieurs. Oui, mais fn*ec lotit lelit^ et quand nous aurions appris tous ces rnpjmrfs par cœur, nous n'aurions encore qu'un Sfjficictiv. Qui donc revêtira de chair ces os secsP Quel noitfpe le fi 7' communiquera la vie? Le D" Pierson Q) a raison quand il dit : « Le travail héroïque, sanctifié
(1] Le iî'' A. T. Pierson, grand prédicateur et évangéliste uméricain, auteur des : Nouveaux Actes des Apôtres, etc.
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par le sacrifice de soi-même^ défie toute description, » Quand il s'agit de la Mission Mac-All, nous nacrons pas affaire aç^ec quelque merveilleuse pièce de mécanisme, quelque grande locomotive^ mais avec une « croissance ». C'est le grain de sénevé qui se développe parce qu'il a sa vie « en lui-même », et qui devient un si grand arbre, que les oiseaux du ciel viennent faire leurs nids dans ses branches.
Pour emprunter encore une citation au ly Pierson : « Autant vaudrait essayer de faire une description ou un poème avec l'arôme subtil qui s* échappe d'une fleur ^ que de tenter de mouler, dans une page imprimée, le charme, plus subtil encore, d'un esprit comme celui du if Mac-AIL » Est-ce l'homme que nous voulons glorifier en citant cela? Non, mais Dieu,, qui a donné, avec ce charme subtil, à sa personnalité bénie, le rôle de planter et d'arroser cet arbre de la Mission. Il y avait un magnétisme en M, Mac-Ail, nous disait tout à l'heure un de ceux qui l'ont approché. C'est là précisément ce qui explique le désespoir de l'écrivain qui s'essaie à raconter sa vie et son œuvre. Un bon juge a dit de lui : « // était dans tout ce qu'il faisait, » Aussi ^ pour comprendre la vie que Robert- Whitaker Mac- AU a vécue^ faudrait-il l'avoir vécue avec lui. Celle qui a dicté ces pages l'a fait; mais elle se sent impuissante à y faire participer le lecteur;- tout ce qu'elle peut faire, c'est d'un retracer la physionomie extérieure, en s'aidant des JLraits que lui-même eh avait donnés dans ses vingt )^- ûfi rocpports, des vues qu'elle en a pu prendre elle^
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même à ses côtésy et enfin de quelques souvenirs de ses amis.
Ecrire l'histoire de chaque station ^ — car ce ne serait pas une œu{>re impossible^ — marquer les degrés qui amenèrent M, Mac- AU — et ses collègues dans le Comité qu'il s'adjoignit — à entreprendre d'ouvrir de noui^elles salles en réponse à telle ou telle requête spéciale^ dire comment l'intérêt s'éveilla powr l'œuvre, en Grande- Bretagne^ en France^ en Suisse^ dans les pays Scandinave s y et même au Lessouto, dans les stations du Continent noir ; il faudrait y pour tout cela, grossir considérablement le format de cet ouvrage^ et sortir du programme que M, MaC'All lui-même s'était tracé. Contentons-nous de dire, que beaucoup de comités « auxiliaires » ont jailli ^ pour ainsi dire, spontanément^ c'est-à-dire sans effort de la part de M. et M"^ MaC'All, et même, parfois, sans qu'ils en fussent informés; ainsi, quand ils l'apprirent, il y avait déjà plusieurs mois que l'intérêt pour V œuvre était éveillé et enflammé aux Etats-Unis par une jeune et enthousiaste jeune fille. Miss Beach, qui, sur les encouragements et les instances du Rév. Dr. Leander Chamberlain, avait entrepris de plaider la cause de la Mission^ et vommaniqttait à beaucoup son ardent enthousiasme. Hélas ! la flamme de cette sainte passion devait consumer bientôt cette noble victime.
Il serait triste, aussi, de rapporter tous les cas d'appels, s^enant de tous les points de France, qu'il fallut se refuser d'écouter, parce que, comme pour un
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enfant qui a grandi et qui trouve ses vêtements trop étroits^ la bourse de la Mission ne pouvait suffire à toutes ces dépenses.
Une bonne part du succès que M, Mac-Ail obtint dans la réalisation de ses plans, peut être assignée^ croyons^nous, à ce fait, que sa personnalité, essentiellement sympathique, ne perdit jamais de vue celle des autres, et quil tenait toujours compte de leur attitude probable, favorable ou non. Il avait à cet égard plu" sieurs des qualités de l'homme qu'on pourrait appeler un diplomate chrétien. Il s'orientait auprès du public sur les mesures qu'il avait en vue, interrogeant tel ou tel, an hasard d'une rencontre en chemin de fer ou en omnibus, tâtant ainsi l'opinion et tenant tous ses collaborateurs au courant de ce qu'il voulait faire, lui et ses collègues. Ainsi, souvent, tout un compartiment s'est trouvé rempli d'amis, employés à l'œuvre, et revenant à ses côtés, de la Villette, de Pantin, d'Ornano, etc., entre 9 h, iO et 10 heures du soir.
Aimable et cordiale compagnie! Car vraiment, si « l'amour illumine le labeur », l'amitié ne le fait pas moins.