‹ La vie et l'œuvre de Robert-W. Mac-AllChapitre 27 sur 52 · COMITÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

COMITÉ DE PARIS

Paris, 16 juin 1876.

Bien-aimé frère, Quoique le Comité de TAIliance vous ait déjà exprimé toute sa sympathie et sa reconnaissance pour Tœuvre que

VOUS faites au milieu de nous, il a décidé, dans sa dernière séance, de vous le dire de nouveau. Depuis ce moment, votre œuvre ne s*est pas seulement maintenue, elle s'est fort développée. De nouveaux milliers de pauvres ignorants ont été amenés à entendre l'Évangile. Dieu a béni votre travail d'une façon admirable. C'est pour nous un sujet constant d'actions de grâces et de joie. Nous éprouvions le besoin de vous le dire tout de nouveau. Vous avez notre affection et nos prières les plus ardentes, pour que Dieu continue à bénir l'œuvre qu'il a lui-même si admirablement commencée.

Croyez, bien-aimé frère, à notre sympathie et à notre reconnaissant attachement.

Au nom du Comité :

Georges Fisch.

Nous mentionnerons plus loin des adresses analogues votées -par le Synode régional de Nantes en 1883, et par le Synode général des Eglises réformées qui eut lieu, à Nantes encore, Tannée suivante.

A l'étranger (si Ton peut parler de pays étrangers à propos d'une œuvre qui a toujours eu pour caractère et pour résultat — comme toutes les œuvres vraiment animées de Tesprit du Christ — de supprimer toutes les distinctions et toutes les barrières entre les nations), hors de France donc, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis d'Amérique, l'œuvre croissante provoquait des sympathies croissantes aussi et des offres de concours toujours plus précieuses. C'est

326 HOBEUT-W. MAC-ALL

rÉcosse envoyant, — après ses jeunes fils : les Révérends G. Th. Dodds et Ch. E. Greig, — l'un de ses pasteurs les plus vénérés, un patriarche de Tévangélisation itinérante, le D'A. N. Somerville. C'est l'Angleterre, d'où vient chaque année, pour remplacer M. Mac-Ail pendant les vacances, un digne pasteur anglican, le Rév. Horace Noël, et fréquemment aussi le gentilhomme chrétien connu dans les deux mondes, lord Radstock. D'Amérique, ce sont les célèbres évangélistes Moody et Sankey, qui tiendront aussi à honneur de venir collaborer à la Mission Mac-AU.

Le rapport de 1879 contient déjà cette mention : « M. le D^ Somerville, accompagné de son fils, a visité nos 23 stations, et il a pris la parole dans chacune d'elles, même à notre réunion allemande de la Villette. Nous avons eu également le plaisir d'entendre les allocutions sympathiques et chaleureuses du Rév. W. Arthur et du major Malan. Enfin nous avons reçu la visite de lord Radstock et d'amis russes et suédois qui sont venus joindre leur témoignagne au nôtre. »

A quel point le vénérable D^ Somerville s'intéressait à cette œuvre et à la personne de son foniLnfrur, on peut s'en rendre compte par les lettres îKMivanles, adressées à M. Mac-AU :

\a\ première est datée de Paris, 12 juillet 1879, M, >[ac-All était alors à Bordeaux :

Mon cher monsieur Mac-Ail,

J'ai bien reçu votre bonne lettre, écrite la veille de votre départ pour Bordeaux. Quelle prévenance, quelle sympathie, se font sentir dans ces lignes si généreuses!...

Il fait une énumération des salles qu'il a visitées, entre autres celles de la rue Condamine et de la rue Vaugirard, qui complétaient la liste des salles Mac-Ail à Paris, dont il avait fait le tour avec M. et* M™® Mac-AU, avant leur départ pour Bordeaux.

Je pense, dit-il ensuite, qu'ils ne sont pas nombreux ceux qui sont à même de dire qu'ils ont visité toutes vos salles d'évangélisation, comme je Tai fait; et, il faut l'avouer, plus je me rappelle cette tournée, plus je me trouve émerveillé à la vue de cette œuvre parmi la classe ouvrière. En eÉfet, cette nouvelle entreprise qu'il vous a été donné d'inaugurer est, me semble-t-il, un des traits les plus remarquables de Tévangélisation de notre temps. Trente et une salles de conférences ouvertes ici à Paris! Voir le monde qui y afflue dans chaque quartier, afin d'écouter la musique de l'Evangile résonnant si clairement de ces petites estrades; le tact qui y préside et règle les détails les plus minutieux; enfin, la main directrice qui a suscité un si grand nombre de collaborateurs zélés et capables et la marche harmonieuse de tant d'œuvres, dans tant de quartiers, toutes soumises à la direction centrale

Ce serait bien regrettable, si les démarches décisives n'étaient pas faites pour moissonner ces âmes, afin de leur faire connaître la joie de se réunir avec toute l'Eglise chrétienne dans une grande Communion. C'est une atmosphère chaude qu'il leur faudrait à ces pauvres gens, une

328 HOBERT-\V. MAC-ALL

maison où ils seraient les bienvenus, une voix encourageante pour leur parier et, surtout, un pur Évangile pour les instruire, afin de les retenir en rapports sympathiques avec rÉglise, quelle qu'elle fût, à qui ils pourraient être associés. En effet, le moment me paraît être arrivé où nous devons dire avec saint Paul (I. Cor. IX, 20) : r Être comme juif avec les juifs ; avec les faibles comme si nous eussions été faibles, afin d'en gagner plusieurs. »

La lettre suivante est postérieure, datée de Ferndean, Gareloch-head.

Bien-aimé frère Mac-Ail,

Je viens de recevoir votre lettre ici, dans mon sanatorium des Highlands, et je vous y réponds sans tarder un seul instant. Si je ne vous connaissais pas si intimement, j'eusse été presque étonné en lisant vos paroles pleines d'une affection débordante. Gomment, comment avezvous pu suivre avec un intérêt si généreux mes tournées d'évangélisation parmi ces races si diverses de l'autre côté de l'Equateur — vous, avec vos salles de Paris et la charge toujours grandissante de votre œuvre en province ? Tout cela je ne le comprends pas; mais laissez-moi vous dire que les paroles, si affectueuses et spontanées par lesquelles vous appréciez ma pauvre collaboration, me touchent profondément. Soyez bien assuré que votre sympathie a été pour moi une influence bénie et stimulante, qui n*apas manqué de m'encourager en route.

Cette dernière entreprise a duré huit mois environ, et vraiment, je me suis senti soutenu comme sur les ailes de l'aigle. Malheureusement, il y a deux mois et demi que, par suite d'un refroidissement, je suis tombé malade et

mes souffrances ont été grandes, quoique maintenant elles soient bien adoucies ; cependant, il n*est pas besoin de vous dire combien ma joie serait vive de vous revoir avec M™* Mac-Ail, et de faire, une fois encore, une tournée dans les salles anciennes et nouvelles de Paris.

En ce qui regarde la France, on ne saurait exagérer l'importance d'une œuvre comme la vôtre. On dirait même qu'une crise salutaire s'annonce. L'inûuence qu'exerce la France dans les autres pays est un fait qui s'impose, en ce moment surtout, aux observateurs sérieux.

Combien précieuse donc l'occasion qui vous est donnée ! Car vous tenez à la main le sel de l'Évangile, élément de vie et d'assainissement; chaque année où il vous est permis de continuer à travailler, est une force qui s'accumule et qui ne manquera pas de produire ses effets pour les principes évangéliques, chez beaucoup de pasteurs même. Que rien n'ébranle la foi de nos frères dans le saint ministère à l'inspiration des paroles divines, il y va du salut des peuples I Mon fils William (mon Manuel) se joint à moi pour vous exprimer, à M°^® Mac- AU et à vous, nos plus affectueux souvenirs.

A vous, mon très cher ami dans les liens bénis de l'Évangile,

Page 1