‹ La vie et l'œuvre de Robert-W. Mac-AllChapitre 28 sur 52 · A. N. SOMERVILLE · texte numérisé non relu

A. N. SOMERVILLE

Du même au même :

Le 20 mai 1884.

J'ai eu le regret d'apprendre que votre santé laisse à désirer; j'espère qu'après un intervalle de repos vous serez vite rétabli. C'est avec bonheur que je vois que vous allez inaugurer une nouvelle salle à Paris, à la porte Saint-Denis, Votre œuvre marche; elle est au moins, pour

les yeux chrétiens, la merveille de T Europe. (Voir Luc XXI. 17-18 (*;.

La visite de MM. Moody et Sankey à Paris eut lieu en octobre 1882. Après une semaine consacrée au public de langue anglaise, M. Moody consentit à s'adresser, par voie d'interprète, au public

(1) Citons aussi cette lettre du Rév. R. W. Dale, écrite à propos de Venvoi fait par M. Mac- Ail d un volume de sermons de M. Dhombres :

« Bristolroad , Birmingham, 18 mars 1878. a Cher Monsieur Mac-Ail,

« Je vous suis très reconnaissant de m'avoir envoyé ce volume de M. Dhombres. 11 y a bien des années que je le connais de nom; ma belle-sœur, qui n'est plus, m'avait tant parlé de lui et de sa prédication, mais jusqu'ici, je n'avais pas eu Foccasion de voir aucun de ses sermons et je parcourrai ce livre avec un grand intérêt.

« Je voudrais vous remercier surtout pour la a Notice » que vous avez bien voulu m'envoyer, après la lecture faite d'un des sermons, et qui me paraît être une appréciation très juste.

a Laissez-moi vous dire combien la réussite de votre œuvre, à Paris, me donne de la joie, et comme est remarquable la manière dont vous avez été amené à l'entreprendre, et que par l'aide de Dieu vous ayez pu tant accomplir dans un pays étranger.

« Il y a huit jours, je me trouvais avec toute une foule de Mac-Ails. C'était l'inauguration de la nouvelle église de votre cousin à Finchley. II paraît que là il fait une œuvre excellente. Le nouvel édifice est bien réussi.

« M""® Dale se joint à moi pour envoyer ses meilleurs souvenirs pour M"*® Mac-AU et pour vous.

« R. W. Dale. o

HOBERT-W. MAC-ALL 331

français. L'Oratoire du Louvre, le plus vaste

temple protestant de Paris, fut accordé, à la

demande du Comité de la Mission Mac-Ail, pour

une série de six réunions du soir. Chaque soir,

le vaste édifice était rempli jusqu'aux secondes

tribunes, d'une multitude empressée, venue de

tous les points de Paris, mais en grande partie

fournie par les habitués des réunions populaires

de la Mission. Cette semaine mémorable ne sera

jamais oubliée de tous ceux qui ont pris part à

ces réunions, et qui ont pu se réjouir de voir la

cause de l'Evangile servie par ce fidèle et zélé

prédicateur (admirablement traduit par M. Théod.

Monod), dont la puissance, à peine diminuée

par les nécessités de l'interprétation, remuait

l'assemblée tout entière. Les réunions intimes

\after meetings) annoncées après les réunions

d'appel n'étaient guère moins suivies que celles-ci,

et le dernier soir on estima à 2.500 le nombre des

personnes qui restèrent ainsi jusqu'à la fin. On

signala des cas nombreux et remarquables de

conversions; et toutes les Eglises protestantes,

dans leurs pasteurs comme dans leurs membres,

éprouvèrent les effets de ce mouvement et du

réveil qu'il produisit dans beaucoup d'âmes et de

milieux. A la suite de ces réunions, M. Mac- Ail lut

à son Comité, et, après l'approbation de celui-ci,

adressa à tous les collaborateurs de la Mission

une petite brochure sur les meilleurs moyens de

présenter TÉvangile au peuple. Il s'y inspirait des allocutions faites par M. Moody à TOratoire, et tirait argument des évidentes bénédictions qui les avaient suivies.

Arrêtons-nous à ce point, pour embrasser d'un coup d'oeil l'œuvre générale de la Mission à ce moment-là.

La direction générale de l'Œuvre a son centre à Paris, au Comité de la Mission, mais plus encore dans le cabinet de celui qui est à la fois le directeur du Comité et de la Mission. Les décisions sur toutes les questions — et chaque semaine en apportait sa bonne part — sont prises en séance du Comité^ mais ensuite, c'est M. Mac-Ail, en sa qualité de représentant du pouvoir exécutif, qui, avec ses lieutenants, M. Rouilly, M. Greig, etc., a charge de les appliquer. Il faut pour cela correspondre avec les collaborateurs de Paris, avec les directeurs des salles en province, sans parler des Comités auxiliaires qui se fondent dans les pays amis — 78 bientôt rien qu'en Amérique — et qui tous ont leurs exigences, demandent qu'on les renseigne, qu'on entretienne l'intérêt de leurs membres. La tâche était lourde, surtout pour le président. C'était le mardi après midi qu'avaient lieu les séances du Comité. Commençant à deux heures et demie, souvent elles se prolongeaient jusqu'à près de six heures. Fatigué et épuisé, M. Mac-AU descendait alors pour prendre le thé

et repartait aussitôt pour la réunion qu'il avait choisie, souvent à Tautre bout de Paris. « Il est certain, cependant, dit AW«Mac-All, que cette course du soir, qui le mettait en contact avec le public de ses différentes salles, lui était très réconfortante et très salutaire, et souvent dissipait les -derniers nuages qu'auraient pu laisser sur son esprit les anxiétés ou les difficultés des questions traitées dans la séance de Taprès-midi. »

Les finances de Tœuvre venaient tout entières de dons volontaires.

Les cinq contrées du monde qui contribuaient le plus à assurer la vie de Tœuvre étaient — et sont encore — les États-Unis, le Canada, TAngleterre, la France etTEcosse; la Suisse et jusqu'aux pays Scandinaves y* apportaient aussi leur bonne part. A quelques années de là, en octobre 1892, M. Réveillaud, délégué en Danemark, en Suède et en Norvège, pour y représenter la cause de la Mission Mac-Ail, devait, conduit par des amis suédois, M. et M^^ Anderson-Meyerhelm, y rencontrer partout, jusque dans le palais du roi Oscar II, descendant de Bernadotte, le même accueil aimable, avenant et fraternel qu'il avait rencontré dans son voyage, avec Dodds, auprès des républicains descendants des Puritains d'Amérique. Tant il est vrai que l'amour du même Père et Christ-Sauveur rapproche les âmes et les cœurs de toute nation, de toute langue et de toute tribu !

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A noter aussi le rapprochement que la Mission a opéré entre les chrétiens de toutes les dénominations ecclésiastiques, depuis les Anglicans évangéliques — quelques-uns même appartenant à la catégorie de la « haute Eglise » — jusqu'aux Congrégationalistes, Baptistes larges ou stricts, Wesleyens, Presbj^tériens de toute nuance. Luthériens, membres des Eglises réformées de France ou de Suisse, « Frères » [Brethren] ou « Amis » [Quakers). Tous se sentaient libres de prendre la parole du haut des modestes ce pupitres » ou <c tribunes » des salles missionnaires; tous y étaient les bienvenus et y laissaient des traces bénies de leur passage et de leur témoignage.

A considérer donc la Mission dans son chef, dans ses auxiliaires, dans ses orateurs, dans ses donateurs, dans toutes les parties de son fonctionnement, dans tous les développements de ses branches, n'y a-t-il pas là quelque chose d'unique, « la merveille de l'Europe », suivant le mot du D*" Somerville, à coup sûr un des miracles de Dieu dans le monde en ce présent siècle.

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