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VOYAGES EN FRANCE SYMPATHIES. — DANS L'INTIMITÉ

Les concours de collaborateurs dévoués et sûrs qui lui venaient de toutes parts, s'ils ne diminuaient guère la responsabilité et le travail du fondateur de la Mission populaire, lui donnaient cependant un peu plus de répit et de liberté d'esprit, et, parfois, lui permettaient de prendre, au plus fort de Tété, quelques semaines de vacances. C'est ainsi qu'il avait pu déjà, dans le courant de l'année 1877, faire, en mars, une excursion à Fontainebleau, visitant le château et la forêt, Franchard, les gorges d'Apremont, Barbison, etc. (^), et en juillet, un voyage de montagne — oh ! bien court — dans les Alpes de Savoie. Une lettre de M. Rosseeuw Saint: Hilaire, écrite en juin 1877, avait préparé à ce voyage l'esprit de M. et de M""® Mac-AU. Après avoir exprimé l'espoir de faire pour lui-même, à

(1) Dans cette promenade à Fontainebleau, château et forêt, ils furent accompagnés par les deux MM. Moilliet, le Dr A. Coldstream et sa sœur et M. Saillens.

Le Rév. S. Ashton, B. A., secrétaire de VEvangelical Continental Society, avait bien voulu venir remplacer M. Mac-Ail pendant son absence. Il parlait bien le français, et ses services dans les réunions furent hautement appréciés. Il resta toujours un fidèle ami et, à l'occasion, un bon et précieux collaborateur de la Mission. Il a été repris à Dieu en septembre 1893, ne survivant ainsi que de quatre mois à son ami, le fondateur de l'Œuvre.

Saint-Enogat, une si bonne provision de santé et de forces qu'il pût reprendre son service dans Tœuvre avec Thiver prochain, ce vieil ami de la Mission et de ses fondateurs écrivait à M""® Mac- Ail :

J'ai été si heureux de faire quelque chose pour le Seigneur et pour vous !

Et vous, quand partez-vous pour vos glaciers ? Je voudrais que ce fût bientôt, car votre cher et digne mari a bien besoin de repos. Mais est-ce bien du repos que d'aller visiter VAllée Blanche, et savez-vous bien ce que vous entreprenez? J'ai fait ce voyage, il y a trente ans maintenant, seul et livré au désespoir, car je venais de perdre une femme bien-aimée. Je voulais mourir, et j'ai failli y réussir , car j'ai fait ces excursions désespérées seul et sans guide. Aucun chemin n'était alors tracé. Je suis tombé dans une crevasse de neige, et j'aurais dû y rester, mais Dieu me réservait pour des jours meilleurs et voulait me conduire à Lui par la voie de l'épreuve; et II m'a sauvé. Réfléchissez bien, chers amis, et prenez des informations à Genève et à Gharaounix avant d'entreprendre une course pareille. En tout cas, ne la faites pas sans guide.

« Ce redoutable voyage, reprend M""® Mac-AU, fut accompli par nous en six jours, sans compter le repos du dimanche à Gourmayeur. Nous fîmes à pied la route de Chamounix à Orsières. Partis de Chamounix le 24 juillet, nous allâmes sans étape des Contamines au Balmat, le 25. Le jeudi, 26 juillet, nous fîmes Fascension du Col du Bonhomme, dont la hauteur est de 2.485 mètres et du Col des Fours, en nous arrêtant à Mottet pour le coucher.

Le vendredi vit le couronnement de notre excursion, le Col de la Seigne (2.532 mètres). Nous fîmes un arrêt d'une heure près de la petite croix qu'on a plantée sur le sommet et de là M. Mac-AU prit une esquisse. De ce superbe point de vue le Mont-Blanc apparaît si rapproché qu'on dirait ^^ qu'on peut le toucher ». De là notre descente se lit vers FAUée-Blanche, cette descente qui avait excité pour nous les tendres craintes de notre vénérable ami. Nous descendîmes plus bas encore, et nous longeâmes le Col du Géant, jusqu'à Courmajeur que nous atteignîmes, bien fatigués, le vendredi soir.

« Le lundi, nous repartîmes avec des forces nouvelles pour le long et fatigant passage du Col Ferret, accompagnés, pendant une partie de la route, par Tévangéliste de Courmayeur. Avant que nos pieds fatigués eussent atteint l'étape d'OrcièreSj la nuit nous surprit, et nous pûmes craindre un moment d'avoir à prendre notre gîte à la belle étoile ! Mais, heureusement, cette expérience nous fut épargnée. Ainsi ce voyage nous fit faire le tour du Mont-Blanc. »

Ne quittons pas cette année 1877, ni surtout la compagnie de ces chers amis chrétiens, M. et M™ Rosseeuw Saint-Hilaire, dont la mémoire ne saurait périr, sans parler d'un témoignage particulièrement touchant d'affection qu'ils préparèrent pour M. et M""* Mac-AU, et auquel ils asso-

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cièrent l'élite du protestantisme parisien, qu'ils avaient mis dans leur confidence. Mais laissons parler M"* Mac-Ail :

« Nos vénérés amis viennent d'Auteuil, à Tautre extrémité de Paris. Ils montent les Buttes-Ghaumont pour venir jusqu'à nous. Puis M"* Saint- Hilaire, avec une grâce toute française, à laquelle s'ajoute encore son charme tout particulier, nous dit comment nos pèlerinages pédestres de chaque soir ont été suivis par des yeux sympathiques, et comment, pour garder nos santés si précieuses, des mains libérales ont pourvu aux moyens d'abréger ces longues courses jusqu'aux réunions. Alors elle nous présente un coffret sur lequel est inscrit :

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