‹ La vie et l'œuvre de Robert-W. Mac-AllChapitre 37 sur 52 · MINISTÈRE · texte numérisé non relu

MINISTÈRE

de. Paris, le 22 juillet 1892.

AFFAIRES ÉTRAKftiRES

Monsieur,

Il m'est bien agréable de vous faire connaître que M. le Président de la République, voulant vous donner un témoignage particulier de sa haute bienveillance, vient, sur ma proposition, par un décret en date du 9 de ce mois, de vous conférer la croix de chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur. Je me félicite d'avoir été à même de faire valoir les titres que vous vous êtes acquis à cette marque de distinction, et je m'empresse de vous transmettre le brevet et les insignes de l'Ordre.

Recevez, monsieur, les assurances de ma considération très distinguée.

Le ministre des Affaires étrangères,

RiBOT.

Aucunes félicitations ne furent plus précieuses au D'" Mac-AU, que celles qui lui vinrent de ses collègues, à l'occasion de cet heureux événement.

« Notre petite tournée dans le coin Est de l'Angleterre se fît sur un tout autre pied, dit M""* Mac- AU. Notre dernière petite tournée... Oh! comme elle fut délicieuse ! Sous les Cheviots, à Holy Isle et à Bamborough. Nous revînmes à Paris le 2 septembre. Une de nos « graves épreuves » à ce moment fut le départ du Rév. D*" Loba pour l'Amérique. La Tournée du printemps, à Londres et à la campagne, avait élevé bien haut les espérances du D^ Mac-AU; il voyait l'enthousiasme

pour l'œuvre grandir, grâce au zèle et au dévouement de son collègue si longtemps désiré et attendu. A notre retour, notre ami était parti. Il y eut de graves questions à examiner, de sérieuses résolutions à prendre. Le D' Mac-Ail eut vite pris son parti. Il résolut de retourner en Angleterre et de faire là de son mieux, autant que ses forces le lui permettraient, en plaidant en faveur de Tœuvre qu'il avait eu le privilège de fonder. Il n'avait pas l'intention de quitter Paris, c'eût été trop pénible. Mais il fallait, pensait-il, faire un essai, se partager entre Paris et Londres, gardant notre « home » de Paris sur un plus petit pied, et transportant la plus grande partie de nos meubles à Londres.

« C'était une très difficile question à résoudre pour le mieux, car nos cœurs avaient été fortement attirés vers tout ce qui était français, surtout pendant les deux derniers mois. Le 18 octobre, six semaines seulement après que nous avions débarqué à Calais, nous repartions pour l'Angleterre. »

En arrivant à Norwood, en octobre 1892, le D' et M""^ Mac-Ail firent don de 37.500 francs à la Mission, en valeurs et en espèces, somme qui devait servir de réserve dans les jours difficiles. Ces valeurs furent déposées chez des banquiers de la Mission, choisis entre eux sur une liste que M. Mac-AU leur avait soumise; l'intérêt à 4 0/0 devait être payé au D'" et à M"* Mac-Ail, pendant leur

vie, et à leur mort, le principal et Tintérêt revenaient à la Mission. Le 6 novembre, M. et M"' Mac-Ail étaient à Hadleigh. Au service de communion, les paroles adressées aux assistants par leur ancien ami et pasteur touchèrent profondément les cœurs. Pour ce qui suit, il est préférable de transcrire la lettre que le D"" Mac-AU écrivit aux dames de la « Philadelphia Auxiliary » de l'association américaine Mac-AU.

13, Highview Road, Upper Norwood, Loudon,

février 1893.

Chères amies chrétiennes,

A la suite d'une subite et dangereuse maladie, j'ai été contraint de renoncer aux incessants devoirs de la Mission, à laquelle, depuis vingt et un ans, j'ai consacré tous mes soins. J'ai pensé que quelques mots, adressés de l'endroit où nous nous sommes présentement retirés, pourraient être utiles, non seulement pour vous assurer de notre entier dévouement à l'œuvre, mais aussi, par la grâce de Dieu, pour raviver votre sympathie et votre esprit de prières, et vous porter, si possible, à montrer une activité encore plus grande et plus énergique au service de l'Évangélisation en France.

M"® Mac-AU et moi, attristés des grandes pertes que la Mission avait éprouvées par la mort de beaucoup de ses plus généreux soutiens, avions pensé que c'était notre devoir de sacrifier, pendant une grande partie de l'année, la part que nous prenions aux réunions évangélîques du soir à Paris — que nous avions fini par aimer si fortement — afin de consacrer nos efforts à la propagation de l'œuvre d'Evangélisation, à Londres et dans toute l'Angleterre. En

prenant cette décision, nous espérions éviter la triste nécessité de fermer un grand nombre de stations, et de renvoyer de précieux coopérateurs. Nous avions gardé la moitié de notre petit home à Paris, et nous avions loué cette maison et y avions fait transporter nos meubles, quand, trois jours après y être entrés, une maladie terrible vint me surprendre et me réduisit à Tétat de la plus extrême faiblesse. Une seconde attaque suivit la première, présentant un caractère encore plus alarmant. Après deux mois, je suis reconnaissant plus que je ne puis le dire, de me sentir suffisamment bien pour pouvoir tranquillement me remettre au service de la Mission par la pensée et par la plume. Pour ce qui regarde le grand travail public de Tœuvre et l'administration, je n'ai aucun espoir de retrouver ma force d'autrefois. Sous ce rapport, notre plan aimé doit être mis de côté. Mais ceux qui me soignent me font espérer que, dans quelque temps, je pourrai retourner à Paris, y retrouver ma place auprès de mes estimables collègues, et, en une petite mesure, reprendre quelquesunes des réunions évangéliques et pieuses que nous aimions tant. Je serai trop heureux de consacrer le peu de forces et les quelques moyens qui me restent à Toeuvre que j*ai entreprise et que je considère comme le plus grand privilège de ma vie. Comme je Tai souvent dit en plaidant la cause de la Mission, si j'avais cent vies à ma disposition, je serais heureux de les consacrer toutes à l'œuvre d'évangélisation, pour gagner la France à Christ.

Nous entrâmes, dit M™* Mac-AU, dans notre maison de Norwood le 15 novembre; le 16, le D*" Mac- AU parla sur la Mission à la salle d'école Clifton Road Church, Peckham ; le 17 novembre, à Mildmay, il assistait à une conférence donnée par le cha-

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noine Girdiestone ; et le 18, il tomba gravement malade. Le 21 novembre, il était incapable de lire sa correspondance, et fut contraint de renoncer à tous ses engagements. Des réunions circulaires avaient déjà été annoncées pour Londres, Bath, Eastbourne et Leeds. Le 20 décembre, il se sentait mieux, tellement mieux, qu'il put assister à une réunion dont le but était de souhaiter la bienvenue au nouveau ministre de Saint- Andrew, et d'adresser des adieux sympathiques à celui qui se retirait; le 18, il assista au service du matin à Saint-Aubyns ; le 23, il sortit, prit froid, se sentit plus mal et le 31, la veille du nouvel an, fut plus bas qu'il n'avait jamais été. Le 2 janvier, il allait « un peu mieux * ; le 3, un ami le trouva assis dans son cabinet de travail, et, le 4, « la nuit fut très bonne ». Dieu — pouvons-nous en douter, et nos cœurs n'en sont-ils pas remplis de reconnaissance? — Dieu exauçait avec bonté les prières que la Mission lui avait adressées, dans la réunion du vendredi, réunion qui, comme le dit le D^Mac-AU lui-même, se signala « non seulement par un plus grand nombre d'assistants, mais par un accroissement incomparable de ferveur et d'affection ».

Voici un télégramme plein d'encouragement daté du 6 janvier :

« Réunion extraordinaire de tous les collaborateurs d'hier. Comptez sur affections et prières.

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Télégramme proposé par pasteurs Gust. Meyer et Greig » (^).

Et ce n'est pas seulement de Paris que des messages aussi encourageants nous parvenaient : la sympathie exprimée par les chrétiens de Norwood nous était bien précieuse. Si ces pages viennent à

(1) Voici la réponse que M. Mac-AU fît à ce télégramme :

Chers collaborateurs et chères collaboratrices en J.-C.

Nous sommes vivement touchés par votre aimable pensée en nous faisant parvenir, samedi dernier, un tel message d'afTection et de sympathie.

Les paroles divines sur lesquelles vous attirez notre attention sont admirablement choisies.

Quant à moi, je me trouve véritablement dans la faiblesse extrême. Puisse la force de notre divin Maître s'accomplir dans cette faiblesse! Je le bénis de ce qull me rend capable de vous écrire ces quelques mots, et surtout de ce qu'il nous est permis d'espérer nous retrouver encore une fois au milieu de vous et dans nos chères réunions, pendant le printemps.

Ai-je besoin de vous assurer que nous sommes toujours des vôtres par l'esprit? L'œuvre que nous avons tant soignée depuis de si longues années nous semble maintenant plus chère que jamais.

Au milieu de tout ce que nous avons été appelés à souffrir, la pensée de votre affection et l'assurance que vous vous êtes souvenus de nous dans cette réunion de vendredi, ont été pour nous une consolation infiniment précieuse.

Nous vous conjurons donc, amis bien-aimés, par notre Seigneur Jésus-Christ et par la charité de l'Esprit, de combattre avec nous dans les prières que vous ferez à Dieu pour nous, afin que nous arrivions chez vous avec joie, si c'est la volonté de Dieu, et que nous nous consolions avec vous.

« Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! »

R.-W. Mac-All.

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tomber sous les yeux des personnes qui, aux jours d'épreuve, ont si délicatement pensé à « ceux qui étaient fatigués et chargés», nous désirons qu'elles reçoivent ici l'assurance que leurs attentions si pleines d'affection ne seront jamais oubliées.

C'est un trait charmant du caractère du D^ Mac- AU qu'il n'y avait en lui rien de morbide ; il avait trop de vitalité pour se laisser abattre et pour succomber sous le poids des jours sombres. Sans doute, il lui arrivait quelquefois de se décourager un peu; mais cela ne durait jamais longtemps. Si seulement il apercevait un peu de ciel bleu devant lui, la promesse de succès dans n'importe quelle œuvre il entreprenait, il y persévérait doucement et fermement jusqu'au bout. Il savait aussi comment tirer le meilleur parti de toutes choses. Je me rappelle les vifs reproches qu'il adressa à une personne qui parlait avec dénigrement d'une situation dont on examinait le pour et le contre. Il dit : « Vous, vous seriez capable d'arracher toutes les fleurs! » Ce don le maintenait jeune. Deux chers et jeunes amis, le frère et la sœur, passèrent une soirée avec nous pendant notre séjour à Norwood. En arrivant à la maison, le garçon dit : « Mère, quand je suis avec le D^'Mac- AU, je ne puis croire qu'il soit vieux^ il est si jeune! il est vraiment plus jeune que moi à certains égards! » Il y avait aussi les enfants de quelques bons voisins qui entraient chez nous

quelquefois. Jamais nous n'oublierons la remarque du D' Beard, après la réunion qui eut lieu le soir, à Auteuil : « Le D' Mac-Ail parut plus jeune la durée d'une semaine. »

Le ministère du Rév. George Martin était très apprécié du D"" Mac-Ail, et il est à remarquer que, le 8 janvier, une semaine seulement après l'atteinte de sa grave maladie, il put assister au service du matin à Saint-Aubyns, ce qui faisait quatorze assistances dans l'espace de trois mois, en y comprenant quelques-unes à Saint-Andrew et diverses autres le soir. Le 26 mars, il assista deuxfois au service divin à Douvres, échangeant, à l'issue, quelques bonnes paroles avec les pasteurs, et disant qu'il lui tardait d'être à l'œuvre, parce que « le temps était court ».

Bien que notre séjour en Angleterre eût été très court, le D*" Mac- AU avait pu former deux bons groupes auxiliaires : l'un à Norwood, qui prit naissance sous notre toit, le 10 février (*) ; l'autre à

(1) Le Révérend R.-S. Ashtou fut, dès le commeucemeDt, son frère d'armes. Nombreuses et géniales furent les lettres échangées entre le secrétaire de la Société continentale évaugélique et le fondateur de la Mission Mac-AU.

Les visites de tournée nous étaient des plus utiles et encourageantes; il remplaçait très aimablement M. Mac-Ail en cas d'absence, et nous nous rappelons bien son aide fraternelle à l'époque de l'ouverture des salles de Lyon. En 1893, le 24 février, il vint voir son ami à Norwood — combien nous prévoyions peu alors, que dans quelques mois, nous verrions ces fidèles ouvriers réunis sur le rivage céleste.

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Croydon, le 4 mars. Il avait pu aussi visiter des amies à Clapham, et le D' et M"* Sùss Hahnemann.

C'est à cette époque qu'il donna à la formation du supplément de nos Cantiques, les soins les plus patients et les plus fatigants.

La lettre suivante était adressée à M. Théod. Monod :

23 féTrier 1893.

Le croiriez-YOus, je gueUe anxieusement Tarrivée de chaque courrier, m'attendant à recevoir une autre feuille remplie de critiques sévères, mais hélas! justes. Je suis même prêt à faire bon accueil à la verge ! Vous comprenez ce que je veux dire : notre imprimeur ne pourra pas continuer son travail avant que j'aie reçu vos remarques sur les autres hymnes qu'il a en préparation.

Je recommande à votre tendre miséricorde les malheureux auteurs d'hymnes et M™* Mac- AU, qu*on a de la peine

« Un ami après l'autre dous quitte. » Le Rév. Howard Gill, chapelain à l'ambassade d'Angleterre, 1883-1890, — fut le suivant qui fut rappelé par Dieu. Ici encore nous avons à mentionner la mort d'un autre brave soldat du Christ, qui fut toujours un ami et qui, par amour pour M. Mac-Ail, fut membre du conseil de la Mission. Deux noms encore de zélés serviteurs du Seigneur : le Rév. William Gibson et, le dernier de tous, le vénéré Ernest Dhombres.

Robert-Whitaker Mac-Ail; mai 1893.

Robert Stone Ashton; septembre 1893.

Howard Gill; juin 1894.

William Gibson; août 1894.

Ernest Dhombres; décembre 1894.

à calmer quand on est obligé de mettre de côté ses airs favoris, parce que les paroles né sont pas ce qu'elles devraient être. Mais, croyez-moi, je suis persuadé que vous nous rendez un réel service en ceci. Notre aimable imprimeur écossais m'écrit spirituellement, en réponse aux excuses que je lui avais faites, de le tant ennuyer, avec tant de corrections : t Dites à M™® Mac-Ail qu'elle va chez sa couturière et se fait prendre mesure pour une robe ; quand la robe vient, elle ne va pas. Elle la renvoie pour la faire arranger; de nouveau on l'envoie à la maison, très peu améliorée. Alors la dame dit : t Je ne puis pourtant pas ennuyer la couturière une troisième fois, » et elle se décide à porter la robe avec déplaisir, ou bien la met de côté sans la porter. »

N'est-ce pas là un brave Écossais? Je suis plein d'admiration pour lui. Dans l'attente anxieuse de votre e/ipoi, je suis toujours votre fidèle ami .

R.-W. Mac-All.

Le docteur croit que je pourrai faire le voyage de Paris dans une semaine ou dix jours, de sorte que nous serons partis, et à notre poste favori, D. V., quand vous viendrez en ville.

Après être restés cinq jours à Douvres, nous fîmes la traversée de la Manche, le 28 mars 1893. La mer était calme, et M. Greig raconte ainsi l'arrivée à la gare du Nord :

« Comme un cadeau de Pâques, il nous est revenu, et presque comme une personhe ressuscitée des morts. Un télégramme avait annoncé son arrivée à la gare du Nord, le mardi soir ; et quand la foule

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des arrivants eut un peu diminué, nous Taperçûmes s'avançant lentement le long des plateformes si connues, les yeux grands ouverts, les oreilles attentives, observant bien tout ce qui l'entourait, comme s'il cherchait à s'assurer qu'il était réellement de retour à Paris, de retour sur son champ de bataille. Quand il se fut assis sur les coussins de la voiture, où, avec toutes les pré-* cautions imaginables, son cher ami M. Rouilly l'avait conduit, c'est, pour ainsi dire, avec triomphe que de sa voix fatiguée il nous invita avec bonté à l'accompagner tout de suite à sa maison d'Auteuil.

« Bien peu oublieront la réunion de prières de la rue Royale, trois jours après, le Vendredi Saint. En partie à cause du jour, qui est jour de fête à Paris, en partie parce que la nouvelle de l'arrivée du Dr Mac-Ail s'était répandue, l'assistance était plus nombreuse que de coutume, et remplissait presque la salle, et quand, peu après cinq heures, la figure aimée apparut, qu'on le vit s'avancer comme autrefois, le chapeau à la main, vers la nef, un frisson parcourut toute l'assemblée, et bien peu de paupières restèrent sèches.

« Il commença immédiatement à s'occuper des affaires de la Mission, écrivant des lettres, formant des plans, présidant des comités, visitant même ses chères salles dé la Mission. En vain nous protestâmes ; il ne voulait pas se ménager; et peutêtre, la joie qu'il éprouvait de travailler encore

pour son Maître, fit-elle plus que contre-balancer la fatigue et les préoccupations. »

Nous eûmes le plaisir, en rentrant « chez nous », de trouver ces accueillantes paroles :

7, rue de la Cerisaie,

27 mars 1893.

A vous la bienvenue dans votre home français — votre vrai home^ chers amis ! Je me hâte de vous retourner les deux épreuves : (1) 393, Fisch — sans changement. Ce que j*ai déjà fait la semaine dernière; mais j'imagine que vous n'étiez plus à Norwood, quand mon envoi y est arrivé. Laissez voler les mots sur les ailes de la musique ! (2] 38. Sauvé par Palestrina, un peu retapé (dans le dos).

Votre bien dévoué,

Théodore Monod.

Il y aurait de curieuses histoires à raconter sur les Cantiques du Supplément, quelques-unes assez drôles.

L'aimable message qu'on va lire a été envoyé au nom des pasteurs assemblés pour les « réunions de mai Ti>.

A monsieur le Rév. D' Mac-Ail,

Soixante et un pasteurs de Paris, des départements et de rétranger, réunis ce jour à un déjeuner amical à l'occasion des conférences pastorales générales, se font, sur la proposition de M. le pasteur Dumas, un vrai plaisir d'envoyer à monsieur Mac-Ail leurs vœux pour sa santé, et le prient d'agréer la cordiale assurance de leur satisfaction de

le savoir de nooTeau dans leur pays de France, dans leur Paris, à lui et à eux. D*un même cceur, ils demandent à Dieu de garder et de bénir cet ami yénéré. En leur nom,

F. Mouron.

Un toast ayant aussi été porté aux femmes des pasteurs, madame Mac- AH nous fera la gracieuseté de vouloir bien croire qu'elle est pour une large part dans cette aCTec tueuse address à monsieur Mac-Ail. Paris, ce 19 avril 1893, cinq heures de l'après-midi.

Voici la réponse du D' Mac-AU :

28, VUla Molitor, 20 avril 1893.

Cher monsieur et frère, Je vous remercie bien sincèrement de m'avoir envoyé l'expression d'affectueuse estime de la part de la réunion pastorale. Je n'ai pas besoin de vous assurer que ce témoignage fraternel m'est bien précieux. Je suis encore extrêmement faible et souffrant, mais je me réjouis beaucoup d'avoir pu retourner à Paris et à l'œuvre qui m'est si chère. M"* Mac- Ail est très reconnaissante pour l'expression d'amitié envers elle que vous avez eu également l'obligeance de nous faire parvenir.

Votre bien dévoué,

R.-W. Mac-All.

Ainsi passaient les jours, et le D^ Mac-All, l'esprit toujours en travail, cherchait les moyens de remédier aux difficultés présentes. Aussi plein de ressources que jamais, il exposa deux fois ses plans au Comité; mais son cerveau, selon ses propres paroles, « faisait dans le même temps trois fois le travail ordinaire ».

Lorsqu'on parcourt les notes inscrites dans son portefeuille, durant ces jours, on ne peut sans émotion lire ce mot souvent répété : Différé^ indiquant un projet qui, hélas, ne devait pas se réaliser. 11 se faisait un plaisir d'aller passer l'automne et l'hiver dans le sud de la France; mais son Père céleste avait en réserve de meilleures choses pour lui.

Jetons un regard en arrière sur le travail accompli depuis 1893 — simplement au point de vue de la correspondance. De janvier au 3 mai 1893 : lettres reçues, 636 ; lettres et articles écrits, 743 ; de ceux-ci, 131 concernent le supplément au recueil d'Hymnes, — c'est-à-dire lettres, cartes, corrections d'épreuves — et 74 concernent les groupes auxiliaires [auxiliaries] américains. Et depuis son retour à Paris, il avait cinq fois présidé, selon sa coutume, les réunions de l'après-midi du dimanche dans la salle Philadelphie. Il était allé une fois au boulevard Barbes, une fois à la Villette, deux fois à la réunion de prières du vendredi. Le 2 mai, il se rendit à la rue Royale (^), et occupa le fauteuil comme d'habitude, à l'occasion d'une importante discussion financière. « Nous lui dîmes tous adieu, raconte M. Greig, en exprimant la crainte qu'une aussi longue séance n'eût été trop fatigante ; mais il nous rassura avec son bon sourire habituel, et

(1) En route, il dit à M. Soltau qui l'accompagnait : « Il y a deux choses sur lesquelles nous devons être absolument fermes : le caractère évangélique de nos orateurs et l'observation du dimanche . »

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aucune crainte particulière ne vint troubler nos cœurs. » Le 3, il était souffrant. Huit jours devaient s'écouler encore. Quand le dernier arrivera, il demandera qu'on le laisse seul, comme avaient fait son père et sa sœur.

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