‹ La vie et l'œuvre de Robert-W. Mac-AllChapitre 45 sur 52 · DISCOURS DU RÉV. H. E. NOYES, D. D · texte numérisé non relu

DISCOURS DU RÉV. H. E. NOYES, D. D

M. Mac- Ail, dit-il, fut appelé à cette œuvre par le souverain Chef de l'Église, qui sait toujours trouver des hommes pour la tâche qu'il leur assigne ici-bas. Dieu l'a donné à la France comme il a donné Luther à l'Allemagne, Savonarole à l'Italie, et il est impossible de lire l'histoire de sa vie, depuis le jour mémorable où il entendit le cri du Macédonien sur les boulevards extérieurs de la grande cité, jusqu'au dernier rapport publié par la Mission, sans être bien convaincu qu'il a rempli jusqu'au bout le ministère qui lui avait été confié. Il avait les genres d'aptitudes qui sont indispensables dans toutes les sphères de la société pour diriger, organiser et mener à bonne fin une grande œuvre. A cela venaient s'ajouter les dons et le charme particulier d'une piété de bon aloi. 11 possédait cette force de volonté, cette ténacité de caractère, cette sûreté de coup d'œil, cette puissance d'organisation, qui sont une condition de succès ici-bas. Avec cela, il avait une amabilité, une

simplicité, une charité chrétienne qui le recommandaient à tous ceux qui entraient en rapport avec lui. Sa seule présence était comme un rayonnement, et l'expression de son visage le meilleur des discours. Personne ne pouvait l'approcher sans sentir le pouvoir de son influence, sans être obligé de reconnaître qu'il était bien à la place que Dieu lui avait assignée. ' Je dois mentionner encore une autre cause qui explique la sympathie que l'on éprouve pour son œuvre. Il est dit dans les Évangiles que Jean-Baptiste adressait ses propres disciples à l'Agneau de Dieu, quand bien même il devait en perdre deux de cette manière, et cette attitude de Baptiste est toute à son honneur. Le but que se proposait M. Mac-All n'était pas de gagner des adhérents à une théorie quelconque, mais d'adresser les âmes à Christ comme à leur Sauveur. Il ne méconnaissait nullement l'importance de l'organisation ecclésiastique, mais laissait à chaque individu placé sous l'influence de l'Évangile le soin de s'occuper de cette question. 11 avait posé lui-même les grands principes qui sont la base de l'œuvre, et l'on a pu voir quelle sagesse avait présidé à ce choix. C'est grâce à ces principes, que l'on a pu éviter l'esprit de jalousie, de rivalité et d'aigreur; ce sont eux qui ont stimulé l'esprit de charité qui, nous pouvons bien l'espérer, ne se refroidira jamais. C'est ainsi que no|is voyons aujourd'hui les représentants de tant d'Églises, qui, sans aucun compromis de conscience et sans renoncer en quoi que ce soit à leurs vues particulières, sont venus déposer un tribut d'affection aux pieds de celui qui a poursuivi l'œuvre du Maître en France sur les seules bases qui puissent lui assurer le succès, et qui a réussi au delà de toute espérance. Je suis sûr d'exprimer le sentiment d'un grand nombre de personnes présentes, en disant que nous éprouvons une vive reconnaissance pour la réunion du mois de janvier de l'an dernier, où des centaines d'ouvriers et d'amis de la Mission ont pu célébrer ensemble le soixante-dixième anniversaire de l'ami qui vient de nous quitter ; ce fut une belle fête, qui réjouit le cœur de ce cher frère, que nous ne nous imaginions pas perdre si peu de temps après. S'il pouvait parler encore, il nous dirait comme il le fît alors : « Voyez les grandes choses que Dieu

a a accomplies ! Ne regardez pas au faible instrument» mais à « l'Auteur de toute grâce, à cette puissance d'en haut, qui m'a « rendu capable de commencer et de poursuivre ce travail. » Chers amis, le meilleur témoignage d'aiFection que nous puissions offrir à celui qui nous a quittés, celui qui subsistera et aura plus de prix encore, quand les paroles prononcées en ce jour seront effacées de notre mémoire, c'est de prendre l'engagement de continuer l'œuvre qu'il a commencée, de poursuivre avec sérieux et dans un esprit de prière ce grand travail missionnaire, jusqu'au jour où les campagnes ensoleillées de la France se couvriront d'une belle moisson en l'honneur du Roi des Rois.

M . G. Appia , pasteur de l'Église de la confession d'Augsbourg, prend ensuite la parole :

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