BIOPHOTOGÉNÈSE OU PRODUCTION DE LA LUMIÈRE PAR LES ÊTRES VIVANTS
Les animaux et les végétaux peuvent produire de la lumière visible. Le nombre des organismes lumineux connu est considérable. Peut-être le serait-il encore davantage si l’on possédait un microphote, c'est-à-dire un instrument plus sensible que l'œil ou que la plaque photographique.
Les êtres lumineux se montrent à tous les degrés de l'échelle des organismes vivants, depuis l'infime Microbe jusqu’au vertébré.
Ils vivent dans les milieux les plus divers : dans l'air, dans la terre et dans l’eau, sur tous les points du globe et jusqu’au fond des abimes de la mer. Là où sans la vie régnerait une nuit éternelle, des animaux aux formes étranges promènent dans les vallées silencieuses et profondes des fanaux étincelants, aux feux multicolores, d'une incomparable beauté, tandis que dans leur sillage s’allument des forêts de Polypiers, d’où jaillissent de féeriques 1lluminations.
Ce merveilleux phénomène a bien souvent excité la verve des poètes et beaucoup plus encore la curiosité et la sagacité d'innombrables savants, et non des moindres, depuis la plus haute antiquité. Tous ceux qui ont vu seulement la « lumière volante » des Lucioles d'Italie, ont été frappés d’étonnement et d’admiration. Hier encore le secret de cet admirable flam-
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beau vivant élait inconnu : il ne l'est plus aujourd'hui et demain peut-être imitera-t-on complètement ce chef-d'œuvre de la Nature.
La bibliographie concernant cette question est énorme : à elle seule, elle exigerait un fort volume. Déjà en 1835, Ehrenberg ne citait pas moins de quatre cent trente-six auteurs qui se sont occupés des animaux lumineux de la mer exclusivement et, en 1887, Henri Gadeau de Kerville mentionnait les travaux de trois cent vingt-six chercheurs connus qui ont écrit sur les Insectes seulement : le nombre de ces derniers pourrait être aujourd'hui porté à cinq cents environ. Par ces deux citations, on peut juger du nombre colossal de recherches se ratlachant à celte étude de la biophologénèse, qui constitue, comme je l'ai dit déjà, un des chapitres les plus intéressants de la physiologie générale. Sa place est marquée à côté de celle de la bioélectrogénèse et de la biothermogénèse ou production de l'électricité et de la chaleur par Îles
êtres vivants.