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CHAPITRE III

ACTION PHYSIOLOGIQUE DES ONDES HERTZIENNES ET DES COURANTS DE HAUTE FRÉQUENCE SUR LES ORGA- NISMES VIVANTS.

Bien que, d'une part, ces radiations n'existent pas dans la lumière solaire et que, d'autre part, leur étude physiologique se rapporte plutôt à celle de l'électricité qu'à celle de la lumière, nous avons cru pourtant devoir la rapprocher de cette dernière parce que c'est grâce à elles que Hertz a pu établir les analogies existant entre la lumière et l’électricité el qu’elles se montrent parfois avec une grande intensité dans l’état naturel,

Elles représentent la forme oscillatoire de l'électricité se transmeltant de proche en proche suivant la loi des ondulations. Il y a donc transport d'énergie, comme avec la lumière, et comme celle-ci, ces ondulations se transforment quand elles rencontrent ce que les physiciens appellent encore de la matière.

S'il s’agit d’un corps opaque pour ces ondes, c’est-à-dire conducteur, elles ne s’y transforment pas complètement en énergie électrique. Analogues en cela à presque toutes les radiations, elles sont capables de se réfléchir, en partie, en frappant une surface métallique, de traverser presque en totalité les diélectriques, comme la lumière traverse les corps transparents et les rayons calorifiques les corps diathermanes ; mais la partie intéressante pour le physiologiste est celle qui est absorbée par la substance vivante et v peut pro-

duire des modifications physico-chimiques. Cette partie, d’après Guilleminot, se révélera avant tout par des phénomènes électriques et, accessoirement peut-être, par d’autres phénomènes encore mal connus.

Guilleminot a expérimenté sur des jeunes plantes (Navets, Radis, Volubilis, Haricots) élevées dans un demi-jour et n’a constaté aucune différence entre les irradiées par radiations hertziennes et les non-irradiées.

D'après Hegler, les tiges des Mucorinées (Phycomryces nitens) se courberaient sous les ondes de Hertz.

Quantaux expériences relatives à leur action sur les Microbes, elles n’ont pas été, d’après Guilleminot, très concluantes.

Suivant cet auteur, il n’y a rien à dire de l’action des ondes hertziennes sur les animaux: ce qu'on aurait à en dire se rapporterait exclusivement à des phénomènes d'induction.

Ce sont ces ondes qui ont servi à la d’Arsonvalisation dont il sera question plus loin (voir Radiothérapie, p.327), dont d’Arsonval a fait connaître les effets souslenom de courantsde haute fréquence. Elles ne sont, en définitive, que des courants alternalifs analogues à ceux des secteurs qui nous éclairent, mais dont les changements de signe, au lieu de se répéter 100 fois par seconde, se renversent plusieurs millions de fois dans le même temps. Les courants actuellement employés dans la pratique médicale se renversent 1 million à 10 millions de fois à la seconde et jouissent de ce fait de propriétés biologiques tout à fait spéciales d'après d’Arsonval, dont on peut résumer comme il suit les conclusions.

Le courant alternalif est de moins en moins senti et par suite de moins en moins dangereux à mesure que sa fréquence augmente. On peut allumer des lampes électriques dans le circuit de deux personnes formant dérivation sur les extrémités du solénoïde imduit par les décharges oscillantes sans éprouver la moindre impression, alors que la quantité d'énergie transmise pourrait foudroyer les opérateurs avec une vitesse moindre des interrupteurs. On n'observe ni douleur, ni contractions musculaires, mais seulement un dégasement de chaleur pouvant aller jusqu’à la cuisson des tissus.

Il y a production d’analgésie au point d'application des électrodes à la surface de la peau, surtout si le passage du courant se fait par une pluie d’étincelles nombreuses et très courtes. Cette insensibilité persiste de quelques instants à une demi-heure et peut être utilisée cliniquement.

Si l’on fait passer le courant à {ravers de larges plaques, on ressent une sensation de chaleur accompagnée de sueurs et de vascularisation considérable de la surface cutanée : il y a donc une action vaso-dilatatrice très grande avec abaissement de la pression sanguine générale.

D'après d'Arsonval, les courants agissent sur la cellule microbienne pour l’atténuer ou même pour la détruire ; ils agissent de même sur les produits de sécrétion de ces cellules (toxines) et sur les venins. Celle atténuation peut avoir lieu même sur l'animal vivant et sur l'organisme malade (1).

EN RÉSUMÉ, les courants de haute fréquence auraient une action marquée sur le fonctionnement physiologique de l'organisme humain. Les ondes hertziennes, d'origine cosmique, peuvent donner lieu à des manifestations encore indéterminées chez les étres vivants. Les résultats, dans l'ordre physiologique expérimental, se sont jusqu'à présent montrés incertains où contradic-

loires et appellent de nouvelles recherches.

(1) La Science et la Vie, 4 juillet, 1913.

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