CHAPITRE X
L'École Normale. — Le Cours de Philosophie.
En étudiant le Précis d'histoire moderne, nous avons empiété sur une rériode nouvelle de la vie de Michelet, période qui s’ouvre en février 182%, par sa nomination à l’École préparatoëre et son entrée dans l’enseignement supérieur. Mais le Précis avait été conçu et projeté quand il était encore à Sainte-Barbe; il était un résumé de ses cours à cette institution; il était écrit en vue des élèves de l’enseignement secondaire et se rattachait à d'autres travaux, publiés également pour les classes ?.
Comme l'avait dit Célestine, Michelet était fait pour enseigner à de: élèves plus développés et plus mûrs que les enfants de dix à quinze ans qui composaient ses auditoires de Sainte-Barbe. Il en avait le sentiment; ses supérieurs et ses collègues le pensaient aussi. L'École Normale fut rouverte en 1826 sous le nom d’École Préparatoire. On ne s'étonne pas que Michelet ait demandé à y enseigner et que sa demande ait été favorablement accueillie. -
L'École Normale, créée je 17 mars 1808, avait jeté un vif éclat, de 1810 à 1822, sous la direction de Guéroult et de Guéneau de Mussy et avec des maîtres tels que Burnouf, Villemain, Naudet, Patin, Leclerc, Laromiguière, Cousin, Jouffroy, Raoul Rochette, Guigniaut, Ampère, Dulong, Pouillet, etc., et produit de brillants élèves dont plusieurs y étaient rentrés comme professeurs presque immédiatement après en être sortis. Michelet n’avait pas pu songer à s’y présenter. Mais il rêvait dùs sa vingt-deuxième année de devenir professeur, soit à l’École Nor:male, soit à la Faculté des Lettres. Î était trop jeune pour être appelé h la Faculté même comme suppléant, et l’École fut un instant emportée par la réaction ultra-royaliste et catholique qui se déchaîna en 1820. après l'assassinat du duc de Berry. Cette réaction aboutit le 44 décembre 1821 à la formation du ministère Villèle et le 1% juin 1822 au rétablissement du titre et des fonctions de Grand-Mattre de l'Université en faveur de l’abhé Frayssinous, qui devint quelques jours plus tard évêque d’Hermopolis, et, le 26 août 1824, ministre des Affaires ecclé-
1 [Voy. G. Monod, Michelet à l'École normale (1825-1838). dans Le Cenlenaire de l'École normale p. 335-355. et Revue des deuz Mondes, 1894. 1. VI, p. So4-a17. Nous avons essayé, en retouchant le présent chapitre, d'éviter les doubles emplois. On verra d'ailleurs que Monod donne sur ce sujet, en 1905-1906, des informations singulièrement plus riches qu'en 1894.
a. Plus tard, en 1833, il composera encore un ouvrage destiné aux classes. un Précis d'histoire de France qui fut écrit en même temps que les deux premiers volumes de l'Histoire de France. Nous en dirons un mot quand nous parlerons du celle.
siastiques et de l’Instruction publique. Une série d'ordonnances avaient manifesté l'intention bien arrêtée de subordonner l'instruction publique à la religion et l’Université au clergé, d'élever des générations nouvelles d'élèves et de professeurs dans le double culte de la Royauté et de l’Église. Pour y parvenir, M. de Corbières, président du Conseil royal de l'Instruction publique et ministre, avait fait créer, par ordonnance da 27 février 1821, auprès des collèges royaux de Paris recevant des pensionnaires, et auprès des collèges royaux des chefs-lieux d'académie, des « écoles normales partielles », où les candidats à l’École Normale supérieure devaient être préparés pendant quatre ans et prendre un esprit religieux et monarchique conforme à leurs devoirs. Puis, le 6 sey:tembre 1822, Mgr Frayssinous supprima l’École Normale supérieure, qui avait commis le crime d'’applaudir, à la distribution des prix du grand concours. le fils du député libéral Camille Jordan. I] ne laissa subsister que les écoles normales partielles’.
Les résultats furent désastreux pour le corps enseignant, qui se recratait parmi des élèves trop jeunes, choisis pour leurs opinions plus que pour leur mérite. Aussi, au mois de mars 1826, Mgr Frayssinous rmplaça-t-il les écoles normales partielles par des « écoles préparatoires », qui devaient être établies dans quelques collèges choisis et recrutées parmi les meilleurs élèves de philosophie, désignés par les recteurs.
En fait, Mgr Frayssinous voulait rétablir, sans en avoir l'air, l’anejenne. École normale; car il ne fit ouvrir le 147 novembre suivant qu’une seule école préparatoire, à Paris, au Iveée Louis le Grand”. On l’avait réuite autant qu'il était possible. On avait restreint à deux années au lien de trois le temps de scolarité. On avait supprimé le noste de directeur de même que l’organisation indénendante de l’École dans les heaux hâtiments de la rue des Postes. pour la placer dans le collège Louis le Grand. sous l’administration du proviseur et sous la direction de deux commissions, l’une scientifique avec Thénard et Ampère, l’autre littéraire, qui avait pour nrésident Letronne. TT n’v avait aussi an
1. Dubois. dans un article du Globe, du 18 nov. 1830, fait retomber sur l'abbé Charles Nicolle, devenu recteur en 1826, la responsabilité de la suppression de l’École Normale. « Un homme dont la main se retrouve partout dans les premiers et funestes coups portés à l'instruction publique, et qui semblait n'être venu d'Odessa dans la voiture de M. de Richelieu que pour infester l'éducation de la France de mille et une petites recettes ridicules et tailler tout un établissement public sur le patron du mauvais collège qu'il avait fondé là-bas, M. Nicolle, avait, dès le mois de février 1821, préparé un merveilleux et hypocrite moyen de sauver l’odieux et la violence de M. d. Corhières. Ce furent les écoles normales partielles. »
2. Voici comment Dubois juge Frayssinous et son œuvre : « Sulpicien, et + cela même instruit à eavoir de quelle nécessité sont les grandes maisons de noviciat et d'études, prêtre politique, demi-jésuite et demi-gallican, habitué à faire toutes choses par compromis et par termes moyens, enfin redoutant de se voir emporté trop vite par le mouvement ultramontain du clergé, il créa l’École préparatoire, institution bâtarde. Pour le clergé, c'était un séminaire laïc, c'était une arme nouvelle ajoutée aux missions. Au fond, ce n'était men. »
début que deux professeurs de lettres : Guigniaut pour le grec et Gibon pour le latin. On avait laissé en suspens les cours de philosophie et d'histoire et on résolut, pour ne pas leur donner trop d'importance, de les réunir dans une même main. Michelet avait, dès le # septembre. posé sa candidature à n'importe quel enseignement, philosophie, histoire ou langues anciennes. Puis, voyant que Guigniaut et Gibon avaient toutes les chances pour le grec et le latin, il se présenta le 28 octobre exclusivement pour la chaire de philosophie et d'histoire, qui répondait admirablement à ses goûts et à ses occupations antérieures. Ce n’est pas sans peine qu'il obtint ce poste. Nous savons par les lettres de Poret que les brigues étaient violentes. Poirson était aussi candidat, et il fallait montrer patte blanche. c’est-à-dire des principes religieux qui n’inspirassent point d’inquiétudes. Michelet donnait comme garant Vico qui avait éclairé l’histoire, disait-il, par une philosophie conforme à la religion. Cousin. à qui on avait fait espérer Île rétablissement de son cours de philosophie à la Sorbonne, était chargé de présenter deux candidats. Il était tout dévoué à Michelet. mais sans y mettre beaucoup d’ardeur, ce qui d’ailleurs valait peut-être mieux *. Michelet avait d’autres répondants mieux vus de Mgr Frayssinous : MM. Guéneau de Mussy, qui fut très actif en sa faveur *: Maussion, membre du Conseil Royal: Mazure, inspecteur général: Létendart. inspecteur d’académie. Jl invoquait aussi, fort honnêtement, le témoignage de l’abhé Nicolle, qui n’était plus en faveur, et de ses anciens maîtres Leclerc et Ville. main, qui ne l’avaient jamais été. Mais il eut un appui très puissant dans la personne de Letronne. Par une cruelle malchance, en causant le 3 novembre * avec Letronne sur le pont des Saints-Pères, il contracta une pneumonie qui faillit l'emporter. Il eut de violents crachements de sang, qui inspirèrent les plus grandes craintes. Sa femme vint occuper auprès de lui le lit de son père tandis que celui-ci était couché à terre, sur des matelas, dans un petit cabinet voisin. Elle se dévoua entière. ment à lui et il fut dès les premiers jours de décembre en état, non de sortir, mais de se remettre à son Discours sur Vico, qui fut achevé le 26 décembre. On avait toutes les peines du monde à l'obliger à se soiner. On le soumettait à la médication terrible de l’époque, des sangsues répétées, des vésicatoires qu'on lui fit entretenir pendant des an-
1. Villemain écrit à Michelet le 27 octobre 1826 : « Je souhaïte vivement vous servir. Vous savez combien je suis convaincu de votre vrai mérite. C'est pour moi une affaire de conscience autant que d’amitié... Maïs je n’ai nul crédit par ma position et je crains que d'autres considérations prévalent. »
2. Il lui écrivait le 23 novembre 1827 : « D'après la manière dont le Grand Maître m'a parlé de vous et d'après ce que M. le Directeur me disait encore samedi dernier, je suis convaincu qu'on est sincère lorsqu'on m'assure qu'on aurait grande envie de vous nommer... Telles sont les dispositions du Grand Maître à votre égard, qu'il vous. devra ct se devra à lui-même un dédommagement si dans la circonstance présnte il lui est absolument impossible de faire ce que nous lui demandons. »
3. Mme Michelet dit le 16 et aussi le 19. mais c'est une erreur. J’ai trouvé la date du 3 dans une note de Michelet. C'est la vérité, car le 21 novembre il était en convalescence, comme Île prouve une lettre du docteur Simon, que Cousin lui avait envoyé. Le médecin de Michelet était le docteur Récamicr.
nées, jusqu’en 1836. Cousin s'occupait de calmer les impatiences du libraire Renouard, qui imprimait le Vico, et il recommandait à Michelet le « silence absolu, l’absence de toute émotion et ‘une résignation parfaite ». « Place toi dans l’ataxie des stoïciens, écrivait Poret, et, pour me servir de l'expression du maître, sois dans l’ordre en cette maladie comme en tout le reste ». Poret allait jusqu’à dire à Michelet qu'il ne désirait pas le voir nommé, ce qui mettait Michelet hors de lui. Guigniaut lui écrivait le 28 novembre, fort sagement :
« Tachez, autant que possible, d'oublier pour un temps, et les programmes et Vico, et même l'école préparatoire. On assurait hier que les chances étaient pour vous quoique rien ne fft décidé. M. Létronne continue de vous appuyer de toutes ses forces: il ne tiendra pas à lui que vous me soyez nommé. Je le suis, moi. depuis huit jours, et déjà j'ai commencé mes leçons. Le professeur de latin doit être Gibon. qu'on fait vanir de Caen tout exprès. Mais encore une fois tranquillisez-vous sur tout ceci et faites comme si vous en aviez pris votre parti. Dites-vous que si vous n'êtes pas nomnaré vous méritiez de l'être et que des influences étrangères l’auront seules empêché. Avant de songer à l’école où vous devez arriver tôt ou tard. et où l'on parle de vous comme si déjà vous lui apparteniez, rétablissez à loisir votre santé, sans laquelle le succès même serait vain. »
Michelet, le Vico achevé, eut la joie d’être nommé professeur d’histoire et de philosophie ‘. La réunion de ces deux enseignements entre ses mains répondait à ses plus intimes désirs. On avait fait rette réunion pour diminuer l'importance de l’un et de l’autre. Pour Michelet. c'était au contraire leur donner à tous deux leur véritable valeur en en faïant les deux parties indissolubles d’une même étude, l’étude de l’homme. Il se mit à la tâche avec une véritable passion qui effrayait Poret.
Ce qui était effrayant en effet, c'est que Michelet, relevant à peine de maladie, menait de front un foule de choses à Ja fois. F achevait l’impression du Vico, qui fut mis en vente le 8 mars. Il commencait le 28 mai la rédaction de son Précis d'histoire moderne. Pour rendre service à M. Nicolle, il consentit à donner encore des lecons en été à Sainte- Barbe. Le 1% avril il quittait la rue de la Roquette et venait habiter 27 rue de l’Arbalète pour être plus près de ses écoles et avoir plus facilement des pensionnaires suivant les cours des lycées. Sa vie, rue de l'Arbalète, était terriblement remplie. Tous les matins, son père entrait à 4 heures dans sa chambre, puis se recouchait. Michelet se levait et travaillait jusqu'à 7 heures. I] montait alors vers ses élèves, qui habitaient le second, et les faisait lever tout en causant avec eux, leur
1. Dans Mon Journal c'est la date du 3 février qui est donnéc; mais j’ai une Jettre de Poret du 23 janvier qui parle de Michelet comme déjà nommé el préparant son cours, et une autre letire du 31 décembre disant que :e jeudi suivant on devait aller chez le ministre pour avoir une décision. Peutêtre Michelet fut-il désigné en janvier et nommé le 3 février. [Notons que Quinet écrit à sea mère (Letires IT, p. 50), de Heidelberg, le 6 septembre : « Michelet est depuis six moiïs professeur à Paris ». Cela ramènerait au début de février]. |
donnait des conseils sur leur conduite et leur travail'. Après le déjeuner les élèves partaient pour le lycée et Michelet allait à ses cours, aux bibliothèques. Le second déjeuner avait lieu à 10 h. et demie. Michelet n’y assistait pas toujours. On n'était régulièrement réuni qu’à cinq heures, au dîner, et Michelet restait avec ses élèves jusqu’à neuf heures, à causer de tout ce qui pouvait les intéresser, leur donnait des directions pour leur travail. Poret venait souvent le voir à cette heure libre ; Quinet aussi après son retour de Grèce.
Il commença ses cour: au milieu de février. Le cours avait été fait jusque là par Armand Marrast, qui devait plus tard jouer un rôle politique comme rédacteur du National et président de l’Assemblée Nationale de 1848, mais qui alors n'était que le très jeune et très fantaisiste surveillant général de l’École préparatoire (il était né en 1801). Il s'était rendu populaire en chantant pour les élèves les chansons de Béranger, en s’accompagnant sur la guitare. Mais c'était un esprit fort éveillé et judicieux, comme nous pouvons en juger par les notes qu'il remit à Michelet sur les élèves de la promotion entrée en 1826. Il n’avait guère eu que deux mois pour les juger et il avait vu tout de suite les qualités de chacun d'eux. Il avait discerné en particulier le mérite de deux jeunes gens qui devaient être pour Michelet l’objet d’une affection spéciale : Antoine de Latour, le futur auteur des Études sur l'Espagne, de poésies charmantes, et d’une foule de traductions d'auteurs italiens et espagnols, et Lehuérou, qui devait se suicider en 1843, mais après avoir publié sur les débuts de l’histoire de France des ouvrages d'une grande originalité. Marrast dit du premier : « Plein d'imagination et d'enthousiasme, il met à tout du mouvement et de la chaleur. Il a heaucoup lu, surtout les poètes et les poètes modernes, et il déguise mal sa vocation pour le romantique », et du second, qui n'avait été reçu à l’école que le 10° : « Son rang naturel serait au moins le 3°. A pert quelques préjugés qui tiennent à son éducation. (Lehuérou, breton de naissance, fut toujours royaliste et catholique), son esprit est droit, sa conception rapide, son imagination vive et animée. Il se passionne- rait aisément si la réserve naturelle, de son caractère ne le modérait. »
Le succès de Michelet fut immense dès le premier moment. Dubois. dans le discours de rentrée de 1847, dit que Michelet dès son entrée à l’École en devint comme l’âme, grâce à cette sorte de seconde vue et à ce don de communication ardente, caractère dès lors de sa belle et riche imagination.
Michelet, en prenant en février 1827 les deux cours de philosophie
1. Avec sa méthode ordinaire il s'était fixé les dimanches ct les soirées pour la lecture des journaux scientifiques; il travaillait à son Précis d'histoire moderne les lundis et mardis matin. — Chaque jour il consacrait une heure ou deux à méditer sur la philosophie de l'histoire d’après un plan fixe de recherches, d’abord la philosophie dans ses rapports avec la chronologie historique, puis la philesophie proprement dite. Il se demande comment l'histoire peut être appliquée à la philosophie proprement dite et répond : la philosophie est unc histoire idéalisée, l’histoire une philosophie symbolisée. Enfin i! fait chaque jour un examen de conscience par écrit. (Note du 8 avril 1827).
el d'histoire, les considéra comme formant un seul tout. Nous avons une sorte de programme du cours qu'il avait projeté : « Consacrer la première année à la psvchologie et la seconde à la logique, à la morale et à l'ontologie. Pour cette étude, prendre pour base le platonisme en lui comparant les autres systèmes ». Il se proposait d’ailleurs de faire rentrer dans ses leçons d'histoire l'étude même des systèmes métaphysiques, de faire précéder les leçons de philosophie de leçons d’histaire, de faire connaître la Grèce avant de parler de la philosophie crecque et de prendre Platon d’abord comme modèle d'analyse, puis comme moraliste conciliateur de Zénon et d’Épicure, enfin comme fondateur par le système des idées de l’ontologie tentée par les Alexandrins. Il ne put du reste réaliser qu'en partie ce plan très séduisant, autant du moins que je puis en juger par les notes que j'ai entre les mains. Son cours de 1827 et de l’hiver 1827-1828 fut un cours de psychologie et de morale rattaché à l’explication du Théétète et du Philèbe; mais en 1829, il fit un cours de psychologie, où conformément aux conseils de Poret il fit grand usage de Dugald Stewart ‘ et de Gérando, mais en y ajoutant beaucoup d'idées nouvelles empruntées tant à ses réflexions personnelles qu’à Locke, Condillac, Laromiguière et aux Allemands, à Kant surtout. C’est ce cours de 1829 que je me trouve avoir entre les mains. Michelet le jugeait avec une injuste sévérité, dans une lettre à Quinet de 1829 :
« Je commence à l’École un cours de philosophie qui vous ferait pitié. Je reprends les Écossais et Kant. J’ai besoin d'étudier ces choses-là non plus en érudit mais en dialecticien, s'il est possible. Jusqu'ici je ne me les suis pas appropriées’. »
Michelet, professeur de philosophie, est resté inconnu*. Je croi: Jonc faire œuvre utile en analysant avec quelques détails son cours de peychologie, dont je possède le texte à peu près complet. J'insisterai surtout sur les leçons d'introduction, destinées à la fois à son cours d'histoire et à son cours de philosophie, et où il a exposé très longuement toutes ses idées sur la science, et sur les rapports de la philosophie avec l'histoire d’une part, avec les sciences naturelles de l'autre. Cette étude n’est pas inutile pour comprendre tout le développement ultérieur de son génie et de son œuvre, car son cours de philosophie forme la transition naturelle entre son Vico et ses ouvrages subsé-
1. Esquisse de philosophie morale trad. par Jouffroy, 1826; Essai sur l’entendement humain, t. 1, trad. par Prévost de Genève; t. II, par Farcy, de l'École normale, 1818 et 1825, Discours sur l'hist. des sc. métaphysiques et morales, ad. Bucha (2), 1820-1823.
2. Dubois, dans une note manuscrite que m'a communiquée M. Lair, dit que Michelet, inspiré par Ccusin, avait commencé « par s perdre dans !a philosophie antésocratique et dans les Dialogues de Platon, puis il est revenu à à philosophie écossmise, à Dugald Stewart surtout, l'interprétant et l'enrichissant de remarques, de vues propres et quelquefois profondes, juillissant Je ses études historiques ». Cette note est très exacte.