‹ La vie et la pensée de Jules Michelet (1798-1852) (volume 2)Chapitre 26 sur 81 · L. Analyse · texte numérisé non relu

L. Analyse

1° Question posée comme résolue.

2° Raisonnement.

3° Principe évident.

Synthèse :

1° Principe évident.

2° Raisonncment.

3° Question résolue.

Michelet présente une double démonstration de l'immortalité de d'âme d'après les deux méthodes. Ces deux démonstrations sont très faibles. Elles supposent toutes deux comme évidentes la liberté et la responsabifité humuines, la nécessité d'une sanction. |

par Dieu. Le langage pour Michelet, est né des signes qui ont été créés par les hommes pour se comprendre. Aussi tout le langage primitif a-t-il été symbolique et la Bible est tout entière symbolique, comme tous les livres des civilisations primitives. Fidèle à Vico, Michelet montre l'homme créant lui-même les formes de sa vie conformément au plan de Dieu.

Tout en combattant Condillac, il admet que les imperfections du langage sont aussi des causes d'erreurs. Il admire dans un passage très remarquable la tentative de Lavoisier pour créer une nomenclature chimique d'un caractère philosophique, mais il considère comme chimérique l'idée d’une réforme systématique de la langue et de l'orthographe.

Ce n’est pas le langage qu'il faut réformer d’abord, ce sont les idées. La grande alfaire est de donner des définitions justes et de ne pas em plover de termes équivoques. Michelet donne comme exemple des erreurs auxquelles entraînent de fausses définitions, l’idée de Rousseau qui considère l’état de société comme un contrat.

I montre l’impossibilité de créer une langue philosophique universelle. Il était aussi hostile à l’idée d’une langue commune, d’un volapuk ou d’un espéranto, qu'à celle de la réforme de l'orthographe.

Michelet avait promis de faire suivre ses lecons de logique de leçons sur l'évidence intuitive, sur les croyances qui s'imposent à la vie de l'homme et enfin sur la doctrine de Kant. Ces leçons ne paraissent pas avoir été faites. Nous n'avons pas beaucoup à les regretter; mais il est intéressant de penser que Michelet était déjà Kantien en 1827, qu'il élablissait sa croyance au spiritualisme sur les mêmes bases que Kant dans sa Raison pratique et que, d'accord avec Vico et Kant, il considérait l'évidence intuitive comme une source légitime de la connaissance à côté de l’expérience et du raisonnement.

J'ai tenu à analyser ce cours, d’abord parce que c'est un document tout à fait inconnu; mais aussi parce qu’il est doublement instructif. Ïl nous fait connaître d'une manière assez précise l’état des esprits à l'époque où Michelet a fait son cours, i’influence prépondérante de l'École écossaise et le lien qui rattache les théories de cette École au Kantisme d’une part, au spiritualisme de Jouffroy, de Royer- Collard, de Damiron, de Cousin, de l’autre. Il nous renseigne aussi sur les idées philosophiques de Michelet, sur certaines conceptions auxquelles il restera fidèle. Dans l’ordre doctrinal : croyance très ferme à la liberté humaine, à la responsabilité morale de l’homme, à l’exislence et à l’action de Dieu et à l’immortalité de l'âme. Au point de vue de la méthode : conviction que la psychologie fournit une base scientifique à la philosophie morale et ontologique, conviction que l’intuition et le probabilisme ont leur place dans la recherche de la vérité, convition que nos connaissances psychologiques ne peuvent être complètes que si à l'étude de l’homme individuel on joint l'étude de l’homme collectif, si on éclaire la psychologie interne par l'histoire et l'histoire par la psychologie.

Michelet va devenir, à partir de 1829, exclusivement professeur d’histoire, mais il restera comme historien ce qu'il était en 14828, comme ph:losophe : ce sera un historien psychologue et moraliste. Il décrira la vie d’une nation comme il aurait raconté la biographie d'un homme; et il n'admettra pas qu en étudiant l’histoire d'un peuple on néglige aucun des éléments psychologiques qui ont fait sa vie : religion, droit, littérature et art, aussi bien que politique, guerres et institutions.

Page 1