CHAPITRE XI
Michelet à l’École Normale. — Le cours d'Histoire de 1827 à 1829
Michelet n'’enseigna la philosophie que pendant deux ans et quelques mois, de février à juillet 1827, et pendant les années 1827-1828 et 1828- 1829. Il enseignait en même temps l’histoire et il n’apportait pas à cet enseignement moins de soins et d'originalité. Voici comment un de ses ékves de 1828, l’historien Chéruel, dans une lettre adressée à Mme Michelet, le 21 décembre 1887, rappelait les impressions que lui avait laissées le cours d'histoire de Michelet.
«a L’impression que produisaient sur nous les leçons de. M. Michelet était très vive et je me la rappelle encore parfaitement à un intervalle de 60 ans. Nous étions sous le charme de sa parole. Nous admirions l'originalité de ses idées et de ses aperçus historiques. Il e’élevait bien de temps en temps des objections; on trouvait certaines assertions hasardées ou paradoxales, mais en général nous reconnaissions qu'aucun enseignement n'était plus propre à féconder les esprits et à leur inspirer l'amour de l'étude et de la science. Un autre mérite de M: Michelet était de laisser à ses auditeurs une grande liberté d'opinions. Il nous enseignait surtout par son exemple, à remonter aux sources vives de l'histoire; il nous en inspirait le goût, mais il ne prétendait nous inyrposer ni doctrine ni méthode absolue. Je me rappelle qu'il nous citait cette maxime d'un mystique « Ama, et fac quod vis » maxime qui pourrait être dangereuse en morale, mais qui caractérise assez bien l’enseignement de M. Michelet. Il donnait une forte impulsion aux esprits et leur inspirait l'amour du travail, puis il les laissait libres de se frayer leur voie et de chercher par eux-mêmes la vérité ».
Michelet avait enseigné, dès le printemps et l’été 1827, et dans l’année scolaire 1827-28, l'histoire ancienne, grecque et romaine, et l’histoire du Moyen Age jusqu'aux croisades. En 1828-29, il s’occupa surtout des xx”, xiv°, xv° et xvi° siècles; et sa future histoire de France se préparait déjà dans son esprit et dans ses cours. Mais en août 1829, ‘à ministère libéral où M. de Vatimesnil dirigeait l'instruction publique fut remplacé par le ministère conservateur où M. de Polignac jouait le premier rôle et où M. de Montbel reçut le portefeuille de l'instruction publique. Il créa une conférence de français et une de grammaire comparée; celle-ci fut confiée à Eug. Burnouf. En même temps, il déeidait qu'il y aurait deux professeurs distincts pour l’histoire et la rhilosophie, et que l’enseignement de l'histoire se bornerait à celui le l’histoire ancienne, de la géographie et de l’archéologie. Michelet demanda. le 22 septembre, à être chargé de l’enseignement de la philosophie, qu'il regardait comme « le plus important et le plus élevé des deux ». Mais on ne lui accorda pas sa demande, soit qu'on eùt reconnu que son cours d'histoire était supérieur à celui de philosophie, soit que
son amitié avec Cousin et les hardiesses de son esprit le rendissent suspect. On lui préféra pour la philosophie un certain Saphary, condillacien et dévot, et on le confina dans l’histoire, où était d'ailleurs sa vraie place!. |
Je ne puis analyser les cours d'histoire de Michelet de 1827 à 1830. Je voudrais cependant donner une idée de ce qu'ils furent par quelques indications et quelques citations et en m'arrêtant sur un sujet spécial, les Juifs. Nous verrons, en étudiant ce sujet, comment les pensées de sa jeunesse se développèrent dans son âge mùr. Nous trouvons Michelet, dans ses cours de 1827 à 1829, tel qu'il sera toute sa vie : avec une préoccupation très vive de l’exactitude scientifique, cherchant à donner une base géographique et physiologique, matérialiste, si je puis dire, (il appelle la géographie le matérialisme de l'histoire), au développement -de l'être humain, au spirilualisme de l’histoire. Il s'intéresse aux dernières recherches de l’érudition, de l’ethnographie, de l’archéologie. A côté du savant, il y a le philosophe'qui, comme il l’a annoncé dans son cours, considère la psychologie de chaque peuple et de chaque époque comme le produit de l’histoire et comme une révélation des tendances de l'humanité à un moment déterminé. Le philosophe se manifeste aussi dans la préoccupation constante de faire ressortir les faits caractéristiques qui traduisent la psychologie d’un peuple ou d’une époque, les faits symboliques, et de discerner les causes spirituelles qui déterminent la marche des événements. Il a un don merveilleux et dangereux de généralisation et d’induction. Il donne souvent à un fait une portée générale et à son interprétation on pourrait souvent en substituer une différente. Il a une vivacité, une promptitude d'imagination qui est souvent d’une pénétration admirable, mais souvent décevante.
1. Dubois, dans l'article du Globe, du 18 novembre se moque de ceux qui font de M. de Montbel un réformateur libéral et le comparent aux fondateurs d'université d'Angleterre et d'Allemagne à cause de deux chaires créées pour Burnouf et Lemaire. Il proteste surtout contre la décision par laquelle il refusa de laisser la chaire de philosophie à Michelet, qui avait professé la philosophie avec distinction, mais qui avait aux yeux du ministre le tort d'être un adhérent de l’éclectisme, « cette philosophie nouvelle, hardie et sincère ». attaquée à la fois par les ultramontains et les sensualistes La chaire d'histoire ancienne et d'archéologie était réclamée par Guigniaut, pour qui elle semblait être faite. Le choix de Guigniaut eût permis de confier le grec à Mablin, le meilleur hélléniste d’alors avec Boissonnade.
On préféra prendre pour la philosophie Saphary, eimple agrégé, non docteur, arrivé à Paris depuis trois ans et dont les élèves refusèrent obstinément d'écouter les leçons. Dubois attribue ces actes à l'influence funeste de M. ile Courville « si célèbre par sa réserve et sa discrétion dans l'enquête sur les Jésuites ». |
Il ne faut pas trop plaindre Michelet ni blâmer M. de Montbel. La seule chose vraiment critiquable était de le remplacer aussi mal dans la chaire de philosophie et de lui imposer l'obligation de ne faire que de l'histoire ancienne. Autrement Michelet, qui était tout plein de ses projets relatifs à l’histoire du moyen âge et du xvr siècle n'aurait pas demandé mieux que d'être chargé de l'histoire seule. En effet, en août 1828, on Ile voit faire faire à Poret démarche sur démarche auprès de M. de Vatimesnil et de Letronne pour obtenir qu'on dédoublât son enseignement, que la philosophie fût confiée à Poret tandis qu'il ne garderait que l'histoire.
Il y a enfin en lui l’artiste que nous avons admiré dans le Précis d’Histoire moderne; en quelques traits, il grave l’image d’un homme, d’un événement, d’un peuple, d’une civilisation.
Dès le début de son cours on le voit faire une place à l’histoire de l'Extrème-Orient, encore aujourd'hui tout à fait négligée dans notre enseignement ‘, et il se montre au courant des plus récents travaux d'Abel Rémusat sur la Chine et de Klaproth sur les races de l’Asie. Voyez ces quelques lignes sur la Chaldée, opposée à l’Égypte, que les déserts et la mer préservaient des invasions :
« La Chaldée se trouve sur la grande route du genre humain. Toutes les nations ont campé en Chaldée. Ses plaines ont été une tente où les hommes se sont reposés un instant avant de se fixer dans les forts inexpugnables de la Phénicie et de la Judée. Cette grande route du genre humain a été marquée de monuments gigantesques. Ces villes colossales n'étaient pas des agrégations de maisons mais des agrégations de jardins et de prairies entrecoupés de maisons. C'était une province entourée de murailles. »
L'égyptologie débutait à peine, avec les merveilleuses découvertes dont Champollion fut l’initiateur. Nous voyons dans le cours ce Michelet le scepticisme avec lequel on les accueillait encore en 1828, alors que Champollion avait publié depuis quinze ans son Égypte sous les Pharaons, et de 1823 à 1828, exposé tout son système de la lecture des
hiéroglyphes.
« L'Egypte, disait Michelet, a peu d'histoire. On nous flattait d'en avoir retrouvé une grande partie dans les livres merveilleux que l'Égypte a écrits elle-même. Ces livres, ce sont des murs immenses couverts d'autant de caractères qu'il en faudrait pour remplir de volumineux manuscrits. Mais 1le graves contestations se sont élevées sur la portée des découvertes récentes «:t l'estimable auteur de ces découvertes avoue lui-même qu'il ne peut interprêter toute espèce d'écriture. »
Il trace néanmoins un tableau très brillant de l’histoire et de la civilisation égyptiennes en se servant de Champollion pour éclairer et confirmer Hérodote; et, avec cette hardiesse inductive que j'ai signalée en lui, il explique le caractère de la religion égyptienne par la nature du pays et du climat, où l’existence tout entière dépendait des révolutions périodiques du Nil.
« L'existence de l'Égypte est un changement éternel. La religion doit ètre dominée avant tout par les idées de changement, de métamorphose et de progrès. L'idée de progrès paraîl expliquer chacune de ces divinités, formes diverses d’un fond unique. Elles sont considérées à divers degrés de la puissance de l'être. Ainsi, avant d'être Isis, forme sous laquelle elle triomphe, la déesse avait eu des formes inférieures. Elle était d’abord Athor, la profonde nuit. Cette Athor, avant la création reçoit l'esprit industrieux et devient Neith. Enfin, transformée et triomphante elle est Isis. Isis est la nature complète par la fécondation. Telle est cette religion. D'abord des dieux identiques
1. Volney, dans son livre des Ruines, a déploré l'ignorance où on laisse la jeunesse sur l'histoire orientale. « L'on a fait, écrit-il, .quelques livres avec le titre d'histoire universelle, mais la vérité est que l’on n'a fait que des histoires de familles : on n’a parlé que des Grecs, des Romains, des Juifs, des Français ».
émanant les uns des autres. Et dans chacun de ces dieux, divers degrés d’existence. Osiris pourrait bien être le même qu'Horus, le même que le boiteux, le muet Harpocrate. Ce serait Osiris en puissance, non en action. »
Michelet voit aussi l’idée de métamorphose dans les formes animales données par l'Égypte à certains de ses dieux. Et ces têtes d'animaux ont en mème temps un sens symbolique. L’Égypte oscille entre le haut symbolisme de ses prèlres et le fétichisme africain qui adore les animaux eux-mêmes. En même temps le sabéisme, la religion des astres, exerce aussi son action, et le dieu, considéré comme dirigeant les astres, prend le caractère des diverses saisons : « Osiris triomphe dans son fils Horus, languit daus son fils Harpocrate. C’est le soleil dans sa force et à son déclin ».
Enfin, l'Égypte, constamment menacée par l’eau et le sable, mais fécondée par l’eau, est constamment entre la vie et la mort, et sa pensée religieuse et philosophique est dominée par les métamorphoses perpétuelles de la vie et de la mort. Aussi est-ce l'Égypte qui apporte à l'humanité l'idée la plus nette du dogme de l’immortalité de l'âme et de ses migrations.
Si Michelet cherche dans le sol et le ciel l'explication de la religion égyptienne, il explique les destinées de la Phénicie par le fait que, dépourvue de toute possession territoriale, elle n’a fait qu’un commerce de transports et il établit ce contraste saisissant entre la Phénicie et la Judée :
« La Phénicie et la Judée portent le caractère, la première de l'expansion, la seconde de la concentration. En Judée comme en Phénicie il y a un mélange de l'Égypte et de la Chaldée. Mais la Judée entre ses montagnes, entre le Liban ct la Mer Morte, se resserre de plus en plus. La Phénicie au contraire s'étendra et elle périra par la dilatation. Elle se répandra sur tous des rivages et elle aura des enfants plus forts qu'elle qui s’élèveront pour ia détruire. Pour la Judée, elle périra par la concentration; elle sera le noyau de la vie nouvelle du christianisme et Je christianisme, en sortant d'elle, brisera ce noyau que Rome n'aura pu briser. »
C'est ainsi que par quelques traits frappants Michelet grave dans l'esprit et l'imagination les causes des révolutions de l’histoire. C’est ainsi également que dès les premières lignes de sa description géographique de la Grèce, il fait prévoir en quelques mots pittoresques tout le caractère de son histoire :
‘ ‘« La Grèce est une montagne au milieu de la mer. Ses habitants participeront donc des qualités diverses des marins et des montagnards. Or, ce sont les deux positions qui développent le plus l'intelligence humaine. la Grèce est, à tout prendre, un petit pays très peu fertile. ]1 n’y a que de petits fleuves, de petites montagnes, de petits golfes. Dans la Grèce il] n’y a de grand que l'homme. Il ‘semble que la nature se soit retirée, rétrécie en tous sens pour faire place au développement de l'homme. »
Je n'examinerai pas l'exposé qu’il fait de l’histoire grecque, pour lequel il avait consulté les travaux les plus récents des érudits allemands, Heeren, Heyne, Ottfried Muller, mais je citerai le passage où, avec une ingéniosité peut-être excessive, il explique les caractères
différents des premières écoles philosophiques grecques, nées dans les colonies répandues autour de la mer Égée.
« Au milieu de toutes les révolutions qui venaient frapper ces colonies, au milieu de tous ces changements sur un espace lui-même si changeant, :i varié d'iles, de mers, de montagnes, de plaines, de volcans, faut-il s'étonner si, au milieu de tout cela, les Ioniens conçurent le monde comme l’éterncl changement >? Mais par-dessus l’idée vulgaire de ce monde agité où nous vivons, le monde dorien a superposé l'idée d'ordre. L'ordre est rétabli sur la terre par Hercule. L'idée d'ordre et de repos domine dans la philosophie dorienne. Maïs si tout ce mouvement est l’ordre, si la mobilité n'est qu'apparente, il pourrait bien arriver que les phénomènes changeants qui nous cnvironnent ne soient que des visions. De là est né le système de l’éternelle immobilité de toutes choses proclamé mar l’école d’Elée. C'est une très belle chose que de voir l’homme grec, au milieu de tous ces changements, de ces évolutions annuelles de son monde agité. so révolter contre la réalité et dire au désordre : « tu n'es point ». Il y a là ce même esprit héroïque qui éleva ces montrueux chapiteaux d'Agrigente, et tant d’autres monuments gigantesques. »
[Dans les pages suivantes, G. Monod reprenaïit sa conférence du 13 janvier 1907, sur Michelet et les Juifs, publiée dans la Revue des études guives, t. L. TITI, p. I-XXV. Il y montre Michelet, en 1830, considérant les Juifs comme les représentants de l’idée de l'unité. En 1864, lorsqu'il écrit la Bible de l'Humanité, il a appris à connaître les religions de l’Asie; il s’est séparé du christianisme sur un point essentiel, le dogme de la grâce, et il est frappé du rôle joué par le peuple juif dans la formation de l’idée de l'élection divine ‘. Gabriel Monod s'efforce de prouver qu'il n’y a pas, entre ces deux états de la pensée de Michelet, une antinomie absolue. Lorsqu'il a examiné le rôle des Juifs depuis la dispersion, Michelet, grâce à « cette extraordinaire capacité de penser et de sentir avec les hommes dont il] racontait l’histoire, a parlé des Juifs, dans son 3° volume de l'IRstoire de France, comme aurait pu le faire un contemporain de Philippe le Bel * ». Mais il a: parlé avr® admiration des Juifs du xv° et du xvi° siècle. Mème dans une note de la Bible de 1864, il s’est écrié : « J'aime les Juifs... », et cette note « contient tout ce qu'on peut dire sur la question juive. Jamais réponse plus précise, plus éloquente n'a été faite à l'esprit de fanatisme, de jalousie et de haine aveugle qui a donné naissance à l’antisémitisme ». Personne n’a rappelé avec plus d’indignation les martyrs d'Israël, personne n'a mieux dit que l’usure lui fut imposée : « ses vices sont ceux que nous lui fimes »... Il à parlé avec sympathie, presque avec tendresse de certains Juifs de son temps].
1. Mais tandis qu'en 1828 cette idée de l'élection de l’homme par Dieu apparaissait à Michelet surtout comme la libération de l’homme des fatalités de la nature, en 1864 l'élection, la grâce lui paraîtra l’asservissement de la liberté humaine à l'arbitraire divin, à une forme spiritualisée du fatalismne oriental.
2. Il est à noter que les deux premiers mots d’une phrase ne figurent pas dans l’éd. Lacroix, 1876, in-8, t. IV, p. 8. Ils figurent dans l'éd. Flammarion. Dans ce passage : « Sale et prolifique nation... »
3. Michelet pensait à Meyerbee, Gans, Neander, Heine, Boerne, Mendelsohn, etc... 11 le dit dans la note à la p. 377 de la Renaissance. 11 ajoute à ces
Michelet, on le voit, avait commencé par avoir pour l’histoire juive et pour la Bible une admiration excessive et avait cru y trouver Ji source de toute sagesse. Il a ensuite, par une réaction trop vive, insisté sur ce que la conception religieuse des Juifs avait de dur, d'’étroit et d’aride, sur le caractère formel et verbal de leur philosophie théologique, sur les sentiments de servilité et de révolte que leurs malheurs. leurs exils et leur servitude avaient développés en eux, Mais il n'avait
jamais cessé de voir dans leurs prophètes une des plus originales et
des plus grandioses manifestations de la protestation de l’âme humaine
contre l'injustice, une des plus sublimes aspirations au règne de Dieu |
sur la terre; il avait su cependant leur conserver leur caractère national
et n'en avait pas fait, comme James Darmesteter dans ses Prophètes
d'Israël, les annonciateurs conscients de la fraternité et du progri:
humain. Michelet avait aussi compris et senti avec une puissance extraordinaire, la destinée lamentable et sinistre imposée aux Juifs par : l2 fanatisme du Moyen-Age, l'horreur des persécutions dont ils avaient : été victimes, et la grandeur du rôle qu'ils avaient été appelés à jouer à
travers l’histoire par leur Bible, par leur philosophie, par leur science. par leur génié commercial et par leurs vertus.
Nous constatons par cet exemple les fluctuations auxquelles était
sujet l'esprit de Michelet, commerit il était enclin à exagérer, par
puissance de son imagination et surtout de sa sensibilité, les idées qui
se présentaient à lui. Il avait comme un verre grossissant dans l'esprit: mais aussi il voyait avec une singulière puissance les traits essentiels de tout ce qu'il étudiait ; il cherchait avec candeur à voir et à dire
le vrai, réparant dans une note les sévérités de son texte, et, là même où il se laisse entraîner par des parti-pris systématiques à des jugements exagérés ou injustes, il est rare qu'il ne révèle pas quelque côté de la vérité qui sans lui aurait peut-être passé inaperçu
ou dont on aurait méconnu la réelle importance. Personne par exemple
n’avait avant lui mis en lumière avec autant de puissance le rôle capital
joué à l'aurore de la Réforme par la renaissance du Judaïsme succédant à la renaissance de l’Héllénisme.
noms celui de Mie Rachel dont il parlait le 20 février 1841, dans son jourml. [Voy. ce passage dans la Revue des études juives, loc. cit., p. xvr11. A cell: époque le christianisme apparaît à Michelet comme la fleur du judaïsme, supérieur à lui. Dans son voyage à Strasbourg en 1842 quand il loue M. Rat:bonne qui a fait prier à la synegogue pour M. Levrault, ïil l'appelle un homme « d’un cœur chrétien ».