Inexactement cité par Mme Quinet
2. Michelet avait partagé avec toute la France et l’Europe libérale l’enthousiasme causé par la Révolution de juillet, enthousiasme dont nous avons un écho naïf dans une lettre de la cousine Célestine du 8 août 1830.
3. V. lettre de Célestine du 3 janvier 183r : « Etes-vous satisfait du Palais Royal? Combien de leçons par semaine? Y a-t-il autant d'étiquette qu'aux Tuileries P »
Michelet met en mouvement toutes les influences. Nous avons une lettre d° Cousin du 25 août lui donnant un rendez-vous pour le 28. Une lettre de Vill:main, non datée, Ini disait : « J'irai au Palais Roval vendredi. Je chercherai l'occasion de parler et le ferai avec autant de conviction que d'amitié ». Nous voyons, par une lettre de Lenormant du 24 sept. 1830 qu'il s'était adressé à l'administration de la liste civile pour le paiement de son traitement aux Tuileries qui élait une pension de la liste civile.
notre histoire gisait endormie, en même temps qu’au réglement du 30 octabre 1830, dà à Cousin, qui dédoublait l’enseignement de l’histoire à l'Ecole Normale réorganisée, et à la suite duquel Michelet put se consacrer presque entièrement à l'histoire du Moyen-Age et des temps modernes en particulier à l’histoire de France. La nomination de Michelet aux Archives (qui aujourd'hui serait considérée comme une faveur abusive) fut très bien accueillie. Dubois, le directeur du Globe, lui écrivait aussitôt : « J'ai lu en province l'ordonnance de M. Guizot et je l'ai remercié pour vous et pour la science », et M. Bocher lui écrivait . « Voilà votre beau mérite récompensé. S'il en était ainsi de toutes les faveurs ministérielles, ce serait réellement le règne de la justice et l'on n'aurait qu'à applaudir à de semblables choix. »
Quelque conscients que fussent Michelet et Quinet de leur mérite, il devait leur en coûter de se voir mêlés à la foule de solliciteurs qui encombraient alors les antichambres ministérielles pour participer à cette curée des places que Barbier a flétrie dans ses iambhes immortels :
Paris n’est maintenant qu'une sentine impure,
Un égoût sordide et boueux
Où mille noirs courants de limon et d’ordure Vicnnent traîner leur flot honteux:
Un taudis regorgeant de faquins sans courage, D'effrontés coureurs de salons,
Qui vont de porte en porte et d'étage en étage Gueusant quelque bout de galons-
Michelet crut un instant pouvoir obtenir dans l’enseignement supérieur, le plus envié de tous les postes, la chaire d’histoire et morale du Collège de France.
Dès 1828, nous voyons que sa famille y songe pour lui. Dans une lettre du 3 novembre 1828, le cousin Millet de Provins forme le vœu que le choix de Michelet pour enseigner l’histoire à Mademoiselir « soit un acheminement au Collège de France. » Michelet devait en effet considérer la chaire d'histoire et morale comme le but suprême de ses vœux, lui qui ne séparait pas l'histoire de la philosophie et pour qui la philosophie, comme l’histoire, était avant tout une morale.
La Révolution de 1830 parut devoir réaliser son vœu. Daunou, qui occupait depuis 1818 la chaire d'histoire et morale était fatigué par un ens&ignement pour lequel il s'était livré à un travail acharné (ses vingt volumes en sont la preuve) et il fut heureux de l’abandonner quand on lui offrit de réprendre la direction des Archives qui lui avait été enlevée en 1816 pour être donnée à un incapable, le chevalier de le Rue !. Michelet, qui venait d’être nommé sous les ordres de Daunou chef de la section historique, concçut l'espoir de le remplacer au Collège de France.
Le nouveau gouvernement était favorable à la candidature de Michelet qui était devenu un des protécés du Palais Royal après l’avoir été des Tuileries; 1l désirait insuffler au Collège de France un esprit