C'est la maturité du siècle
lution de 1830, reprend vigoureusement aux environs de 1840 et aboutit à la formation d'un parti catholique qui entre en lutte avec l'État et avec qui l'Etat est obligé de compter, tandis qu’une partie de ceux qui, entraînés par le romantisme, avaient sympathisé avec le réveil religieux issu de Chateaubriand, prennent avec Michelet et Quinet une attitude nettement hostile au catholicisme et au christianisme mème. Au point de vue politique le gouvernement de juillet était miné par le triple courant républicain, bonapartiste et légitimiste qui faisaient constamment cause commune. Si après dix ans d’émeutes et de com lots l’habileté du gouvernement et surtout le développement des intérêts matériels donnèrent à la France une tranquillité trompeuse, les forces révolutionnaires restaient assez puissantes en-dessous pour qu’une agitation en apparence inoffensive fît crouler en un jour l’édifice de dix-huit années. À ce mouvement nolitique était associé un mouvement social qui se justifiait par le progrès même de l’industrie. L'échec du Saint-Simonisme, le passage des Saint-Simoniens les plus influents des rangs des réformateurs et des apôtres dans ceux des créateurs d'industries nouvelles et du nouveau capitalisme, ne Greni que laisser la place libre à des utopies nouvelles et à un mouvemer! socialiste qui devait s’unir au mouvement républicain. La banquerouldu romantisme laissait dans les esprits un véritable malaise, et tandis que la réaction réaliste qui devait marquer le second Empire se pré. parait tout doucement, les représentants les plus illustres des lettres françaises se faisaient les interprètes de ce mal des esprits et propaseaient l'espoir d’une révolution politique et sociale. La Révolution de 1848, qui nous semble un accident presque forfuit et sans rapports avec la situation de la France si l’on ne considère que l’histoire politique et parlementaire de ces dix-huit années, nous apparaît, au contraire, si nous étudions le mouvement des esprits et de la société, comme le résultat naturel d'une évolution générale et profonde.
Nous verrons comment Michelet, avec son ami Quinet, bien quil refuse son adhésion et au romantisme et au Saint-Simonisme et au socialisme à la George Sand, aussi bien qu'aux aspirations belliqueuses des bonapartistes, bien qu'il ait conservé des liens d'amitié et de reconnaissance avec la famille d’Orléans, se trouve, dès le lendemain de 1830, envahi par ce mécontentement vague et ce désir de rénovation religieuse et sociale qui préparaient la Révolution de 1848, comment il est amené à être l’un des apôtres de la Révolution future.