‹ La vie et la pensée de Jules Michelet (1798-1852) (volume 2)Chapitre 54 sur 81 · vol · texte numérisé non relu

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h. 1819-1826, 32 vol.

On avait bien cherché à déterminer les rapports généraux de la géographie avec l'histoire, l'action des climats sur les sociétés primitives ou sur les migrations des peuples (Herder), les facilités offertes au commerce par la distribution des mers et des côtes ‘Heeren), les conditions de sol et de climat imposées à l’histoire de tel ou tel peuple, comme Michelet l'avait fait lui-même, après Napoléon, pour la République romaine. Mais ce qu’on n'avait pas encore tenté, c'était de dé-\ crire pour une série de provinces, l’action permanente qu'exerce à travers toute l'histoire, rt encore actuellement, la constitution géographique du sol sur le caractère, les mœurs et la destinée des habitants. Comment Michelet a-t-1l résolu ce problème difficile ‘9

Pour v parvenir, deux choses étaient nécessaires, d’abord que les principes mêmes et la méthode sur lesquelles repose ce qu’on appelle la céographie humaine fussent posés, en second lieu que la géographie physique de la France fût connue avec un détail suffisant. C'était peu de connaitre les grands faits géocraphiques qui sont visibles à tous les veux : fleuves, montagnes, configuration des côtes, grandes zones de culture: il était nécessaire de connaître la composition géologique du sol, san relief exact, le régime des pluies, des eaux et des vents; le rapport exart des terrains avec les productions du sol, les habitations des hommes et les conditions de l’industrie.

Or, ces deux conditions essentielles manquaient au moment où Michelet écrivait son Histoire de France. Ïl ne connaissait pas Ritter et le temps était encore éloigné où Fatzel devait éerire son Anthropogeogranhie et sa Politische Geographie, Élisée Reclus sa Géographie universelle. La constitution géologique de la France était ignorée. Il avait bien paru en 1817 une ébauche informe d’une carte géologique, mais Élie de Beaumont commencait seulement Iles travaux qui devaient aboutir en 1843 à la première carte géologique d'assemblage et en 1845 à ses Leçons de géologie (en 3 vol.)*. La météorologie était encore moins avancée et l’on ne possédait pas les travaux qui ont été exécutés depuis lors sur toutes les régions de la France au point de vue de

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