‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 10 sur 105 · VOYAGES DE SUISSE, D'ITALIE ET DE LYON · texte numérisé non relu

VOYAGES DE SUISSE, D'ITALIE ET DE LYON

était loin d’avoir alors l'importance qu’elle a acquise depuis; aussi Michelet n'a-t-il été attiré que par la fabiique d'armes de guerre et par l’industrie minière qui, à ce moment, était en pleine crise :.

Michelet ne devait pas oublier ce qu'il avait vu à Lyon et à Saint- Étienne. C'était le commencement des enquêtes qu'il allait poursuivre durant les années suivantes sur les conditions des classes populaires en France. De là sont sortis kes admirables chapitres du Peuple sur Rs « servitudes >; de l’ouvrier et äu iabricant*. Il devait, il est vrai, s'occuper alors encore plus de la condition des ouvriers cotonuiers, bien autrement dure que celle des ouvriers en soieries *.

1. Début du récit : « Parti à 7 heutes pour Saint-Etienne, l'omnibus nous mène à l'extrémité de Perrache, près du confluent ct du pont de la Mulatière qui, de Perrache, traverse la Saône, Fourvière nous suit longtemps avec sa belle chaine le long de la Saône ct les grottes du chemin des Etroits où Rousseau, jeune et pauvre, dormit si bien. Que d'aventures dans ce Lyon, à la rencontre des roules et des fleuves! N'est-ce pas là, sur un pont de Lyou, qu’Agrippa d'Aubigné däélibéra s'il se noicrait, lorsque la Providence vint à son secours... » ,

2. Michelet a mis en tête du journal de juillet 1839 « avec ma fille qui avait alors 16 ans (inexact, 15). Je m'occupai trop peu d'elle. Je travaillais à mes Origines du Peuple. »

3. Il écrit dans son introduction de 1848, p. 8 : « Cette enquête commencée à Lyon il y a environ 10 ans, je” l'ai suivie dans d'autres villes, étudiant en même temps auprès des hommes pratiques, des esprits les plus positifs, la vérilable situation des campagnes, si négligée de nos économistes ». Nous aurons occasion de noter les diverses étapes de cette enquête de Michelet.

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