‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 20 sur 105 · Voy. Jules Michelel, p. 94 à · texte numérisé non relu

Voy. Jules Michelel, p. 94 à

Geoffroy St-Hilaire Hi écrivait : « Vous avez ‘e don auquel les peuples reconnaissent les envoyés de Dicu : vous dites aux morts : levez-vous, et ils & lèvent, et ils marchent et agissent sous vos yeux ». Le t. V excita l'admiration universelle (voy. Semeur, Débats, Courrier français).

consacré à Charles VII et à Jeanne d'Arc ; le tome VI, consacré à Louis XI.

Le tome V parut le 23 août 1841.

Dès le mois d'octobre, il rédigeait les premières pages du tome VI, qu'il ne termina que le 4 décembre 1843. Ii le faisait imprimer à mesure; l’ouvrage parut le 7 décembre. Ce n'est pas une des choses les moins caractéristiques de sa manière de travailler que le fait qu'il a toujours imprimé ses livres au fur et à mesure qu'il les écrivait. Il avait des notes si précises, le plan de tous ses chapitres était déjà si arrêté, il écrivait d’autre part, avec un élan si ferme, que les repentirs et les corrections étaient rares. La forme venait presque du premier coup. Il mettait en pratique ce qu'il reconmmandait à ses élèves de l'École Normale : préparer avec lenteur et ensuite exécuter rapidement”.

Il y à dans ces deux derniers volumes de l'Histoire de France au Moyen-Age comme une sorte de force calme et de concentration maftresse d'elle-même, qui contraste avec l’exaltation un peu trouble et maladive de quelques passages du tome. IV, avec le ton mystique et prophétique du cours de 1842, la violente polémique des cours de 1843 et 1844.

Nous ne pouvons attribuer cet équilibre et cet apaisement au seul effet des réflexions que nous analysions tout à l'heure, à la résignation philosophique qui succéda chez lui aux premiers accès de désespoir où la mort de sa femme l'avait plongé, ni au fait qu'après avoir décrit la mort de la France sous Charles VI, il avait à montrer sa résurrection sous Charles VIT. Quelque puissantes que fussent sur lui les tmpressions de l'histoire, il fallait, pour qu'elles agissent avec cette intensité, qu'il x joignit des influenres plus personnelles.

C'est, en effet, ce qui se produisit dans ces années 1840-1842. Un événement inattendu, la connaissance qu'il fit de Mme Dumesnil, l’inlimité qui s’établit entre eux, fut pour lui une véritable renaissance. Son cinquième volume lui doit en grande partie son accent d’idéalité presque religieuse.

Le journal intime de 1840 ct des sept premiers mois de 1841 n'existe plus’, soit que Michelet l’ait lui-même détruit, soit que s1 seconde femme l'ait plus tard fait disparaître“.

Heureusement, nous pouvons nous faire une idée de ce que fut cette

1. Le dernier bon à tirer du tome V fut donné le 18 août 1841.

Nous voyons par l’art. de Cochut (Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1842) que la couverture du t. V annonçait encore 7 vol. comme devant conduire l'histoire de France jusqu'à 1815. Il en fallut en réalité 12 pour la mener jusqu'à 1789.

2. En même temps que Île 1. V avait paru le t. Ï des Documents relatifs au Procès des Templiers.

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