‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 35 sur 105 · Parucs dans la Revue des Deux Mondes · texte numérisé non relu

Parucs dans la Revue des Deux Mondes

2. Il soutint avec Gcorge Sand dans la Revue des Deux Mondes {janvier février 1838) à propos du Livre du Peuple de Lamennais, une polémique dans laquelle il refuse au christianisme, même à l'évangile, toute capacité de contribuer au progrès social et au bonheur de l'humanité. |

En juin 1839, dans un article de la même Revuc sur l'ouvrage de Duquesnr|

! «ur le travail intellectuel en France de 1815 à 1837 il fait l'apologie du pu”

rationalisme, met la philosophie en oppositioh avec la religion et dmanl qu'on dégage la notion de Dicu des formes chrétiennes. |

Ulric Guttinguer publia contre Jui une brochure : Quelques mots sur siècle, la raison et la foi, 1844.

quarts d’heue que sifflets et cris d’ « apostat, renégat, vendu ». Lerminier dut suspendre son enseignement. Le 3 décembre 1839. il fit une nouvelle tentative pour remonter dans sa chaire; mais cette fois encore les 3 ou 400 auditeurs qui avaient occupé la salle du Collège de France renouvelèrent le même tapage, les mêmes cris. Il fallut la force armée pour les expulser par les portes et les fenêtres. Lerminier, qui avait dû s’enfuir et se réfugier dans une autre Salle, fut obligé cette fois de renoncer définitivement à son enseignement. Il ne trouva pas beaucoup de sympathies dans sa déconvenue — d'autant plus qu'il avait eu l’imprudence de publier sur La presse politique un article sévère et courageux qui ameuta contre lui tous les journalistes. Les légitimistes en voulaient au libre-penseur, les républicains à l’ancien révolutionnaire devenu ministériel et pourvu d'une honne place. Mème les modérés, comme Ie Journal des Débats, ss contentaient de blâmer la mollesse du gouvernement, qui ne savait pas faire respecter la liberté de parole, mais n’avaicnt pas un mot de sympathie pour l’homme qui, au lendemain de l’insurrection des 5 et { juin 1832, avait fait l’éloge des Montagnards, et semblé précher le socialisme et Ia révolte :.

Michelet montait dans sa chaire au moment même où l'intransigeance politique de la jeunesse fermait la bouche à Lerminier. On attendait de lui qu'il reprît les prédications à la fois rationalistes et démocratiques de celui-ci. La nature de son cours y prêtait plus encore que les sujets traités par Lerminier. On comprend comment Michelet a pu dire que son auditoire agit puissamment sur lui. On comprend aussi que, dans les premières années, malgré ses hardiesses et une éloquence qui nous paraît aujourd’hui d’un apôtre plutôt que d’un professeur, la jeunesse lui ait reproché trop de calme et de tiédeur *. C’est que Michelet n'ahordait pas encore directement les questions politiques: ses tendances démocratiques ne se faisaient guère jour que par la sympathie qu'il manifestait en histoire pour les opprimés, les humbles, les simples, les masses populaires. Ses hardiesses se manifestaient plutôt dans le domaine religieux, où, très nettement, il prenait parti pour les idées modernes, contre celles du Moyen-Age, et commençait à annoncer la venue d'une foi nouvelle en opposition à

1. Les excuses que Lerminier fit valoir pour sa conduite dans la Préface Jde ses Dix ans d'enseignement ne trouvèrent pas beaucoup d'’approbateurs. Voy. les articles du Courrier Français.

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