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si
tour’. C'est encore cette grâce qui le console et qui, le 8 août au ma tin, lui rend cette unité intérieure qui lui manquait :
Je veux, dit-il, poser le principe mélodique de la frontière, en :ace de l'harmonie Allemagne-ltalie. Bonheur quand on rentre, de retrouver Ia sobri.
té spirituelle, le petit vin, le petit mot, le chant d'oiseau. Au total... la vi, en bien, en mal.
Je rentrais tout fatigué, et de l’Angleterre, cette forge, ce chemin de fer,
et du pesant esprit belge ou suisse, et de la ténébreuse Allemagne et de la tyrannie lombarde.
Les étrangers eux-mêmes l'éprouvent (ce charme). Les Anglais viennent y respirer hors du cant et du brouillard; Les Allemands y voir la vie, sans livre; , Les Italiens regretter la liberté; Les Belges goûter la vraie patrie | Mélodies ) ) chant d'oiseau Esprit sec et fin ) mais peu d’haleine ) vous écoulez, il finit
) ou bien se moque de vous.
Grâce de la France au milieu de ces petites Frances. Qualis Beriynthis
mater.
Qui la perd en pleure. Je le sais par expérience.
Mais ces élans étaient de courte durée. Les extraits de lettres que nous donne Noël* montrent Michelet dans une disposition d’espril constamment sombre et douloureuse, sa santé constamment troublé par des souffrances de poitrine, d'estomac, des éblouissements, jusqu'au moment où il reprit son cours le 22 décembre.
Le 10 août, il écrit à Alfred, retourné à Rouen, à la Sente Bihorel. qu'il est trop malade de cœur pour savoir s’il l’est de corps. I! se plonge dans les livres. Étant sorti pour toujours des voies harmoniques, il a repris la vie qu’il a menée si longtemps, celle d’un boulet de canon *. Le 1° septembre, il déclare qu'il n’a plus en lui que h mort « ou si la vie est en moi, elle s’est réfugiée dans un pli du cœur si obscur, que je ne sais point l’y voir. » Sa seule espérance, c'est qu’Alfred se remette. Quant à lui, il ne peut croire qu'il se remette jamais... Il semble qu’il descende une pente rapide, où rien ne l’arrètera. « Toute mon industrie est de vivre hors de moi-même. J'y sui: trop mal. » Le 22 septembre, il écrit à Noël : « Ma vie est plus solitaire qu'elle n’a jamais été. C’est pour moi un travail, une difficulté dt voir des hommes. Je suis brouillé avec le monde autant qu'avec la destinée. »
Alfred Dumesnil, revenu à Paris du 13 au 24 septembre, écrit le 1: à Noël :
« J'ai trouvé à M. Michelet la figure quelquefois visiblement altérée. Il souffr: de la poitrine et du cœur. Mais ce qui est beaucoup plus grave c’est que mor-lement il semble très malade, plus que je ne m'y attendais. Il y a trois jour