Siècle de Louis XIV. Chap. du Jansénisme
2. Ï1 réimprimait aussi un commentaire sur le vi commandement de à. Socttler revu par l'abbé Rousselet, professeur au séminaire de Grenoble, paru en 1840.
chez les hommes les plus modérés. Cousin, dans l’avant-propos qu'il avait mis en 1843 à son Rapport à l’Institut sur le manuscrit des Pensées de Pascal, avait soutenu la thèse, très vraie d'ailleurs, qu: Pascal avait fondé l'apologie de la religion sur le scepticisme philosophique, se mettant ainsi en opposition avec Descartes, Malebranche, Bossuet, Fénelon, Leibnitz, et tous les cartésiens. Cousin fait remarquer que, par une étrange coïncidence, Pascal se trouvait deve: nir l’allié de ses propres adversaires. En effet, d’accord en cela avec Huet, l’évêque d’Avranches, leur fidèle ami qui fondait son apologétique sur la Faiblesse de l'esprit humain et sur le pyrrhonisme, combattait le rationalisme cartésien aussi bien que le platonisme chez les Port-Royalistes, à l’Université de Paris, chez les Pères de l’Oratoire et chez ceux même des Jésuites qui, tel le père André, avaient des tendances platoniciennes, Cousin ajoutait que si les Jésuites soutenaient Aristote contre Platon, c'était pour défendre l'autorité contre Le rationalisme, de mème qu'ils défendaient la formule péripatéticienne : Nihil in intellectu quod non fuerit prius in sensu, laquelle fit d'eux au xvnr siècle et au commencement du xx° les parlisans du sensualisme condillacien contre les cartésiens. — Cousin montrait enfin que les représentants les plus illustres de l’Église de France, de Bossuet à Mgr Frayssinous, avaient été fidèles à la tra. dilion cartésienne et opposés à la méthode de Pascal et des Jésuites. Il montrait en Lamennais un nouveau représentant de la pensée de Pascal. Rien dans cet exposé tout historique, ne justifie à un degré quelconque l’accusation d’avoir, comme l'écrivait Foisset, « fait appel aux passions qui ont démoli l’archevêché de Paris » et « fait rétrograder les discussions de doctrines jusqu’à l’ornière du Constitutionnel » ou d’avoir soulevé les passions contre les Jésuites pour échapper aux colères qu’il avait suscitées parmi les libres-penseurs en tâchant d'empêcher la publication du morceau célèbre de Jouffroy « Comment les dogmes finissent » paru dans les Mélanges posthumes.
La cause de cette irritation contre Cousin, nous la voyons dans l’article de Forcade de juillet, comme dans celui qu'il écrivit en décembre sur la Philosophie officielle, comme dans un fragment de la Revue politique du Correspondant d'avril 1843 : Cousin et ses élèves, toul en affirmant sans cesse l'accord de la religion et de la philosophie, prétendaient être arrivés à faire de la philosophie une science formée seule capable de fonder en raison les vérités métaphysiques que la religion impose d’autorité'. Forcade et le Correspondant ne tombaient pas dans le ridicule de faire de Cousin un panthéiste et un athée déguisé, accusation dont il se défend à la fin de son avant-
1. Forcade, disait p. 403 que pour oser établir une philosophie officielle il faudrait : 1° qu'il y eût une philosophie complètement maîtresse de ses principes; 2° que cette philosophie certaine et invariable s'imposät par son évidence à tous les esprits; 3° que cette philosophie fût imposée dogmatiquement par l'Etat. Forcade dénonce les deux premières propositions comme absurdes et la 3° comme une atteinte à la liberté de penser.