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CHAPITRE III

Michelet en 1843 — Voyage en Suisse

1843 est l’année où Michelet, avec son volume sur Louis XI, achève son Histoire de France au Moyen-Age, où, avec les Jésuites, il prend à l'égard du catholicisme une attitude de combat qui s'étendra bientôt au christianisme lui-même, où il abandonne ses leçons des Tuileries, donnant, le 23 juillet, une démission qui ne deviendra définitive qu’en 1845. D'autre part, le mariage de sa fille Adèle avec Alfred Dumesnil lui donne l'impression d’une rupture définitive avec le passé, bien que son gendre et sa fille viennent presque aussitôt après habiter auprès de lui, dans la maison de la rue des Postes, où il avait recueil'i son vieil oncle Narcisse, et où il vivait entre son père et son fils Charles, alors élève du collège Henri IV, et âgé de quatorze ans. Le volume sur Louis XI, commencé le 14 octobre 1841, auprès du lit de maladie de Mme Dumesnil, ne fut terminé que le # décembre 1843. I] paraissait deux jours après. Il avait été écrit pendant des années de trouble moral et intellectuel intense. Chose curieuse, rien dans cc livre ne se ressent du moment où il fut écrit. Il appartient entièrement à la période antérieure de la vie de Michelet, à celle de l’École Normale et de la Faculté des Lettres. Il respire un esprit d’impartialité, d'objectivité, de sérénité plus grand qu'aucun des volumes précédents. C’est le plus solide peut-être au point de vue historique, et un des plus parfaits au point de vue littéraire. Michelet y reste le grand coloriste, le grand évocateur qu'il est toujours, et il a mis en relief avec une puissance admirable la lutte entre Charles le Téméraire, dernier représentant de la grande féodalité, dévot, chaste, héroïque et féroce, et Louis XI, roi moderne et bourgeois, diplomate et administrateur. Bien qu'il ait cédé une ou deux fois à la tentation d’exagérer le modernisme et la valeur politique des idées de Louis XI, il avait trop le sens du réel et de la vie pour ne pas voir que ce roi très habile a été surtout un homme actif et très intelligent, merveilleusement servi par les circonstances.

Michelet aurait voulu, une fois achevé le Louis XI, entreprendre aussitôt un volume sur Charles VIII, l'Italie et la Renaissance. Il en avait déjà écrit en 1842 la préface, dont il donna lecture à la duchesse d'Orléans, à Neuilly. Cette préface avait dû primitivement figurer en tête du volume sur Louis XI, considéré comme marquant les temps modernes. Michelet reconnut vite que ceux-ci s'ouvrent seulement aver les guerres d'Italie et la découverte de l’Amérique. Il chercha d'autre part pendant toute l’année 14844 dans l’histoire de la Renaissance et

de la Réforme un aliment suffisant à ses aspirations d'avenir ; il eut beau faire, la situation présente, politique et religieuse, l'exemple de Quinet, de Mickiewicz, de Lamartine, le propre mouvement de sa pensée, tout l’entraiînait à franchir les siècles et à commencer son Hi: toire moderne de la France par sa conclusion : la Révolution fran çaise'.

Nous allons le voir, en effet, après avoir poussé Quinet à donner pour titre à son cours de 1844 Rome et la France, s'approprier ce titre, non sur l'affiche du Collège, mais dans les notes où il prépare ses. leçons.

La question religieuse est devenue, depuis la crise de 4842, la principale de ses préoccupations.

La question politique y était intimement liée. Il se sentait entraîné vers les idées républicaines, et son cours de 1844 devait être hostile à la fois à la royauté et à l’Église.

Il crut, dans ces conditions, ne pouvoir conserver au château la posi- “tion qu’il y occupait depuis 1828. La princesse Clémentine venait d'ailleurs d'épouser, le 21 avril 1843, le prince Auguste de Saxe-Cobourg. Cependant la duchesse d'Orléans demandait à Michelet de continuer ses leçons au château. Malgré cela, dès le 11 avril, il avait consulté le trésorier de la liste civile, M. Boismilon, et exprimé le désir d’eu être rayé. Le 20 juillet, il offrit sa démission à la duchesse d'Orléan: Le 21, il expliquait à Boismilon l'impossibilité où il était de parkr devant des personnes d'opinion différente des siennes. Sans doute la duchesse refusa-t-clle de recevoir la démission offerte, car nous voyons dans son journal qu’il toucha son traitement jusqu’au 15 juin 1845, rt continuait à rendre visite à la duchesse. Il avait peine à rompre se: liens avec une famille qui le traitait comme un ami. On se fera un? idée du ton amical de ces relations par une lettre que lui adresse * 25 août Mme Angelet, au moment où ja princesse Clémentine revient en visite avec son mari au château d'Eu.

« Monsieur... La Princesse ne se ressent plus des fatigues de son voyage, sa santé est bonne. Elle est parfaitement heureuse avec le mari de son choix; c'est un vrai culte qu'il a pour elle, et comme c’est un bon jeune homme d’une grande moralité, avec d’excellents principes, j'aime à penser que celle union durera toujours ainsi, en vérité, pour eux, je ne puis souhaiter rien autre chose. L'expression paternelle dont vous vous êtes servi, m'autorise à

1. En juillet 1843 il croit encore qu'il va écrire la Renaissance, mais il sent qu'il le fera avec une tout autre allure que celle de ses précédents volumes. Le 5 juillet il écrit : « Que je le veuille ou non, l’histoire de France scra modifiée. Qu'elle le soit selon le vrai. J'entre dans la Renaissance, Îles guerres d'Italie etc. Il était grand temps que je prisse nettement parti contre le parti de Ja mort. » et le 26 juillet il écrit : « Se concentrer. Le décousu, voilà surtout ce qui me frappe. Les masses! les masses! les masses! Pour cela il faut planer. Die Flügel, die Flügel, dit Rückert, des ailes par delà la vie, des ailes par delà la mort. Marche! Marche! Et quiconque s'arrête s'enfonce au sol ct disparaît. Ils sont donc excusables ceux qui, pour aller encore, changent d'allure, et ne pouvant plus marcher se mettent à voler, à nager. Ballard a donc tort de me plaindre d'avoir modifié ma vie; on à tort de reprocher la même chose à Lamartine. »

vous donner ces détails. Malgré votre recommandation, j'ai fait lire votre kttre à la Princesse. Elle en a été touchée beaucoup, et cela précisément parce qu'elle est princesse et qu'elle sait que les sentiments vrais sont rares et précieux. Quant à moi, Monsieur, je vous ai compris parfaitement; le contraire m'aurait étonnée. La princesse me charge donc de vous féliciter du mariage de votre fille, de vous remercier et de vous dire qu’elle compte bien que vous viendrez la voir cet hiver; car elle doit passer l'hiver à Paris; mais nous ne reviendrons qu’au mois de janvier. Je ne finirai pas cet article sans vous dire que partout la princesse a eu les plus grands succès, que l'on a remnarqué la facilité, la variété de sa conversation, le sentiment des arts ct une grande élégance de manières. De tout ceci, Monsicur, beaucoup de choses vous regardent particulièrement... »

Michelet ne cessa pas d'entretenir des relations de respectueuse amitié avec la duchesse d'Orléans et sa mère, la grande-duchesse douairière de Mecklembourg-Schwérin. Jamais il ne se livra à aucune attaque contre la famille d'Orléans. Néanmoins il lui paraissait incorrect de conserver une situation officielle auprès d'elle, quand ses amitiés et ses idées politiques le portaient du côté républicain. On ne peut que respecter et approuver ce scrupule.

Ce qui est curieux, c’est qu’en cette même année 1843, il fut mis par la duchesse d'Orléans en relations avec un pasteur luthérien d’une haute valeur intellectuelle et d’une grande largeur d'idées, M. Ed. Verny, par l'intermédiaire de qui fut ébauché un projet de mariage dans Île monde protestant, projet qui fut abandonné au mois de décembre 1843. On peut le regretter, car, dans les années qui suivirent, Michelet <e trouva entraîné-dans une liaison qui pesa lourdement sur sa vie, et, nous donne des indications curieuses sur sa psychologie. Une dame, qui avait été l’amie de sa femme et l’avait choisi pour confident de ses chagrins domestiques, réussit, après la mort de son mari (mai 1844), à émouvoir sa pitié, et d'août 1844 à juillet 1846, s'établit entre eux une intimité que Michelet se reprochait, à laquelle il tentait constamment de “’arracher, et qu’il rompit enfin en 1846, au moment où il commençait d'écrire l'Histoire de la Révolution. Il y fut aidé par la pensée que cette relation toute de faiblesse et de complaisance, où le cœur ne jouait presque aucun rôle, n’était pas digne de celui qui allait raconter la période héroïque de ia France.

En 1843, après le cours sur les Jésuites, le grand événement de la vie de Michelet avait été‘le mariage de sa fille. Il était prévu dès 1841, décidé dès 1842. En 1842 Michelet avait fait son voyage d'Allemagne avec ses trois enfants, Adèle, Alfred et Charles. Toutefois, la demande officielle ne fut faite par M. Dumesnil que le 5 avril 1843. Michelet alla à Rouen du 8 au 10 juillet, pour s’entendre sur les questions d’intérèt ct de contrat, avec M. Dumesnil dont la situation était toujours obérée, et le mariage eut lieu le jeudi 3 août, d’abord à Ja mairie, devant un adjoint paysan, puis dans une vieille pelite église du faubourg de Rouen, avec une messe basse dite par un jeune desservant.

Michelet quitte alors les jeunes gens et s'en va avec ses amis Eug. Noël et Delaunay, visiter le musée et Saint-Ouen, plus sombre

que jamais. Il pense en regardant ces pierres à la Méditation de Vinet qu'il avait lue dans le Semeur sur les Pierres des Temples, intitulée : « Est-ce là ce que vous regardez? » où Vinét opposait la religion de l'esprit à celle de la matière et de la lettre. Cela répondait bien aux préoccupations de Michelet et aux rêveries qui remplirent pour li toute la matinée du vendredi, il la passa seul à Saint-Ouen, qu'on restaurait ridiculement. Il les nota sur un papier qu'il conserva et il les développa le lendemain. Notes curieuses où l’on saisit la pensé au moment où elle jaillissait du cerveau :

« Descendu seul à Saint-Ouen. Mes derniers adieux au passé. Novissima verba. Redevenir l’homme d'’airain que je fus.

« Le christianisme a deux chances : périr ou se transformer. $e trans formera-t-il ? et dans quelle proportion restera-t-il ? Ceci diminue. tué par les siens. »

Il s’indigne alors de la « conjuration du maçon et du prêtre », qui défigure les monuments gothiques; mais, dit-il, « ils me rendent un grand service », en le détachant de ces pierres. « Saint-Ouen est en rose... On attife Saint-Germain-des-Prés en noir, réquisitoire contre la raison ». Les marchands de modes dans le sanctuaire mérovingien — et dans le blanc et solennel habit de saint Dominique ». Il imagine aussitôt un livre, où l’on peut voir le germe du Prêtre. Il s'écrie « Vieux prophètes du Moyen-Age, qui nous promettez l’Évangile éternel : venez à notre aide! » Puis il rêve de l’avenir.

« Architecture rayonnante, par exemple douze galeries hautes et sévères, comme Saint-Étienne de Caen, aboutissant à un dôme, chacune amenant sa tribu. » Il s'adresse alors aux catholiques :

« Je leur ai tendu la main de ma barque, les priant de se sauver. Ils n’osent, ils restent sur le grand vaisseau qui enfonce. Ces grosses poutres les rassurent. » Jl est repris alors par la beauté de Saint-Ouen, son église si aimée :

« Saint-Ouen. J'y restai longtemps assis. C'est chose faite exprès, très méthodique, après avoir tout comparé; un consummatum est. Vitraux d'en bas, tableaux très suivis; dais trop pompeux, pompe un peu vide et le haut de la croisée très clair, admirable en cc moment parce que très noir. »

Et alors, en quittant l'église, il dit adieu au catholicisme.

« Je regardai dans le bénitier l’église renversée et je lui dis, comme Juliette à Roméo : Il me semble que d'ici je te vois dans un tombeau. »

Le lendemain, il développait ces émotions poétiques de la veille dans un morceau qui est vraiment ses novissima verba, son adieu définitif au passé, un appel à l'avenir.

On saisit là, sur le fait, le travail littéraire de Michelet.

Le mardi 8 août, il partait pour la Suisse avec Charles. Il devait en revenir trois semaines après, le 4% septembre. IL visita successive ment Lvon, Genève, Lausanne, Fribourg, Berne, Lucerne, Aarat, Bâle, Thann, Strasbourg et Nancy.

Quel était le but de ce voyage? Que doit-il nous apprendre sur Mi-

chelet? Sans doute, il est déjà attiré vers la Suisse, entrevue en 1838, en se rendant à Venise, par la beauté incomparable de ses lacs et de ses montagnes, peut-être aussi par une pensée sentimentale, l’idée de faire le voyage qu'il avait projeté en 1841 avec Mme Dumesnil; mais d’autres préoccupations le hantent. Il va d’abord à Lyon, où les deux grandes questions qui se partagent le monde moderne : la question religieuse, la question ouvrière, se posent en antagonisme. Il porte déjà en germe dans son cerveau les deux livres : le Prêtre et le Peuple. Ce qui l’attire en Suisse, c'est le pays qui fut le berceau de la Réforme française, dont il prépare l’histoire, et dont les rudes habitants jouèrent un si grand rôle dans les guerres de la Renaissance où ils furent les alliés de la royauté française’. C’est donc un voyage d’his torien, plus encore qu’un voyage de nature qu'il entreprend. A Lyon ses amis Bouillier, V. de Laprade, professeurs à la Faculté; Macé, Dun, Brevin, Boistel, professeurs au collège; le docteur Lortet, lui racontent à l'envi des anecdotes contre le clergé. L'Église accapare les héritages. C’est un des résultats de l'égalité des partages établie par le Code civil, et qui fait hériter les femmes. Les paysans élevés dans les séminaires appliquent leur ruse native, âpreté gasconne ou grâces béarnaises, à cette chasse à l'argent. Michelet s’indigna de « ce Mammon de l’iniquité. Saint-Argent, sauvez-nous; Saint-Argent, priez pour nous. » |

L'Église partout cherche à mettre la main sur les femmes. La confession les lui livre dans les couvents d'éducation. Macé lui raconte que toutes les servantes s’affilient à l’ordre des Blandines. La directrice les fait venir à cinq heures du matin pour les interroger sur leurs maîtres. Elles sont d’ailleurs sûres et honnêtes. L'Ordre les nourrit et les place.

Partout il retrouve le culte de Marie, chez les Cordeliers, chez les Maristes de Fourvières, « Dieu a changé de sexe. Marie en avant, et, derrière, Jésus, le doux Jésus, efféminé, lui aussi. » « Hier, dit-il. monté à Fourvières dans l'orage, à travers toute cette idolâtrie, qui fondait le chemin. » T1 prétend, d’après V. de Laprade, que le clergé, qui « ne voit nul intervalle pour la femme entre la religieuse et la prostituée, éloigne les filles du mariage. » Le père de Laprade, homme d'esprit, blâme doucement Michelet de son ardeur anticléricale : « Ménagez le clergé, lui dit-il. Quelqu'un a dit : Partout où sont les Jésuites, les curés sont des cocus spirituels ». Le gouvernement passe du côté du clergé et des Jésuites. Le préfet, à Lyon, défend bien l’en-

1. ]] y va aussi pour s'enquérir de la grande lutte reMgieuse ct politique qui s’y livre depuis 1830. Elle était triple et entretenait en Suisse un état permanent de guerre civile : lutte dans l’intérieur des cantons entre partis démocratique et aristocratique; lutte entre les démocrates centralisateurs et les aristocrates particularistes, enfin lutte pour et contre les congrégations religieuses, surtout Jésuites, Lucerne, Fribourg, Argovie. Crtte crise politique ne se résoudra que par les révolutions démocratiques qui de 1846 à 1848 feront passer le pouvoir aux radicaux à Genève, Lausanne, Berne, Lurich, etc. par la constitution fédérale de 1848 et par l'écrascment du Sonderbund et l'expulsion des Jésuites.

seignement secondaire, mais il livre à l’Église l'école primaire. Laprade père prétend que Louis-Philippe aurait voulu faire Ravignan archevèque de Paris.

Macé raconte aussi qu'on est obligé de compter avec les Jésuites. ll a dù les menacer d'un procès pour les empêcher de reproduire dans le Monopole universitaire les calomnies qu'ils avaient répandues À Lyon sur sa moralité. Jules Simon les a désarmés en leur donnant cifq francs pour l'association catholique de mission pour convertir l'Angleterre. Les Jésuites de la rue Sala ont déjà une bibliothèque de quarante mille volumes. Michelet est effrayé de leur puissance. « Qu'est-ce, dit-il, que mes six ou huit mille exemplaires contre tel de leurs journaux qui tire à trente mille? »

Michelet va voir le monde ouvrier, et après avoir deviné en lui l’anteur du Prêtre, nous trouvons l’auteur du Peuple. Dun le conduit aux salles d'asile, pleines d’enfants scrofuleux, fondées par Mme de Gasparin. Il prétend que les prêtres les voient d’un mauvais œil, à cause de leur fondatrice, et les refusent à la procession. Pourtant, :e doyen des curés est parmi les protecteurs. L'école protestante est mieux tenue, les enfants plus aisés. Il visite « les bas quartiers’ de Lyon. jodis inondés, sombres, humides, pleins de petits enfants qui ne naissent que pour mourir. »

Comme il l’a déjà fait en 1839, il s’enquiert des conditions de l'industrie de la soie. Il va visiter des patrons et les interroge. L'un d'eux petit fabricant, sans invention, laborieux, mais chagrin, parle de re. tourner cultiver les champs. Il se plaint de tout, du gouvernement. des accapareurs de soie et des négociants et des ouvriers qui, dit-il, sont insociables. Michelet lui suggère qu’on pourrait s’associer dan: de grandes maisons pour douze ménages, avec chauffage commun. Un autre fabricant s'occupe, au contraire, d’enseigner aux ouvriers le moyen de passer sans frais d’un modèle à un autre.

Un troisième, ex-dessinateur, associé à un négociant, est optimiste; il ne désire pas que les ouvriers s’associent; cela diminuerait la forc? d'invention. La souffrance est une source de progrès. Pour lui, le dessinateur est tout, l’ouvrier peu de chose. :

A côté de Fourvières Michelet a vu les communistes de la Croit- Rousse. Il éprouve une profonde tristesse : « J'’errai seul avec des yeux refroidis, ou négatifs, entre ces deux grands peuples, tous les deux fermés pour moi : le peuple religieux, le peuple ouvrier. »

Cette pensée, à peine ébauchée ici, persistera chez Michelet pendant . des années et s’épanouira en 1853, dans le morceau qu'il écrivit sur Lyon dans le Banquet et le Dialogue des Deux Montagnes *.

Le 12 après-midi, Michelet part pour Genève par Nantua et le Fort l'Écluse.

Sauf le pélerinage obligé à Ferney, « triste et froid exil, d'où l’on n’a pas même la vue du lac », Michelet a passé les quarantehuit heures qu'il donna à Genève à causer avec quelques hommes

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