‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 64 sur 105 · Et on l'enfermait avec un escroc pour faire sa peine · texte numérisé non relu

Et on l'enfermait avec un escroc pour faire sa peine

3. On condamnait celui-ci à six mois de prison et 2.000 frs d'amende. Ce pauvre diable restait en prison, sa peine finie, faute de pouvoir payer son

quer avec la dernière violence les Jésuites, on laissait d'autre part ceux-ci reconstituer leurs établissements et leur hiérarchie en France. On laissait Lacordaire rétablir sans autorisation l'ordre de Saint-Dominique en France, et les congrégations enseignantes de femmes se multiplier à l'infini. Dans le procès fait à l'Univers on avait entendu l'avocat général de Thorigny louer le gouvernement de ses efforts pau: établir l'unité religieuse en France. Jamais cette incohérence gouvernementale ne s’était manifestée avec plus d'éclat que dans la dis. cussion de la loi sur l’ensciznement secondaire qui eut lieu en 1844, d'abord à la Chambre des Pairs, puis à la Chambre des Députés. C'était la troisième fois que le gouvernement de Louis-Philippe tentait de léciférer sur la liberté d’ens“ignement, promise par la chart: de 1S30 et réclamée à grands cris par le parti catholique moins au nom des principes que dans un esprit d'animosité violente contre l'Université. Son intransigeance devait faire échouer le projet de 1844 comme les précédents. Le projet de 184% : concevait la lib?rté de l’enseisnement en ce sens que tout collège libre dont les professeur; de rhétorique et de philosophie seraient licenciés ès-letttres et qui au rait un maître bachelier ès-sciences mathématiques serait considéré comme collèce de plein exervice. Les élèves pourraient se présenter au baccalauréat avec un certificat d'études délivré par leurs parerts, et qui d'ailleurs ne serait exicé que des élèves de moins de 25 ans. C'étaient là de bien modestes garanties exigées par l'État. Le projet ministériel laissait subsister le privilège des petits sém:naises, c’est-à-dire de toute une série d'établissements catholiques libres d'enseignement secondaires ©. A la Chambre des Pairs un ra. pert admirable de lucidité et d’élévation d'esprit, dù au duc de Broglie, amenda sur deux points importants le projet du gouvernement. Les petits séminaires devaient être soumis à la règle générale: d'au tre part, comme c'était l’enseimement de la philosophie univerafaire qui était le principal objet des attaques du clergé et des clé ricaux *, M: de Rroglie demandait qu'il fût supprimé des collèges et reporté à l'enseicnement supérieur où il était mieux à sa place, Bien que M. de Montalivet, intendant de la liste civile, eût soutenu cette proposilion par un argument des plus fâächeux en rappelant que ie décret de 1S0S faisait de la religion catholique la base de l’ensrionement secondaire: hien que Cousin eût défendu avec éloquence la philosophie spiritualiste enseignée dans les collèzes. fondée sur des principes aussi certains que ceux de la physique et de la chimie, la Chambre des Pairs adopta l'amendement de la commission tout en maintenant le privilège des séminaires“. A la Chambre des Députés, la

amende et on l'enfermait à Sainte-Pélagie avec deux banqueroutiers. Michelet cbtint sa liberté par Hébert, ke procureur général.

1. Présenté par M. Villsmain, mais on reconnail aussi l'influncæ de Guir t.

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