Au licu de 4o leçons que le règlement exigeait de lui
a. Les onze chapitres du deuxième livre sur la direction spirituelle au xvue siècle auraient fait onze leçons très sérieuses.
3. De même que dans son cours sur les Jésuites il n'avait pas dit un mt des excès et des scandales de la casuistique. “
agents les plus actifs de cette direction spirituelle sont les Jésuites, qui ont su par les doctrines et les pratiques de la dévotion aisée répondre aux besoins d’une société avide de vie religieuse, mais attachée en même temps aux agréments de la vie mondaine et très hostile à l’austérité calviniste. La doctrine du Jésuite espagnol Molina , très habilement, conciliait le libre arbitre avec l’ « action de la grâce par la présence divine, Dieu donnant sa grâce, nécessaire au salut * », à ceux dont il sait que leur volonté est disposée à l’accepter. Malgré les attaques des dominicains et les méfiances de Rome, elle fournissait aux Jésuites une doctrine théologique à opposer aux calvinistes et qui laissait à tous l'espoir du salut. François de Sales, ami des Jésuites, leur apportait par son génie aimable et gracieux les formules de la dévotion aisée. A la conception religieuse des Jésuites, Michelet opposait dans sa troisième leçon ce qu'il appelle la sainteté laïque, c’est-à-dire tout le mouvement intellectuel libre du xvn° siècle dont Descartes est le représentant le plus typique et dont Michelet trouve dans l’art un interprète en Rembrandt. C'est cette sainteté laïque des grands travailleurs de la pensée qui prépare l’œuvre du xvi® siècle. Dans la quatrième leçon il racontait l’histoire religieus? de 1656 à 1682, la ruine du jansénisme sous les coups des Jésuites. de la papauté et de Louis XIV, la résistance momentanée du roi contre une abdication trop complète en 14682, suivie bientôt d’une obéissance absolue à la papauté et aux Jésuites. La cinquième leçon était consacrée au quiétisme, de Molinos à Mme Guyon. Tartufe y figurait aussi, car Tartufe aux yeux de Michelet est un directeur quiétiste. Le quiétisme, si dangereux pour la moralité de ceux qui se laissaient aller à ses alanguissements et à cette. doctrine où les actes devenaient presque indifférents pour ceux qui se sentaient unis avec Dieu, fut en général combattu par les Jésuites. Ils avaient avec le Père Seguerc condamné Molinos *. Michelet, dans son livre du Prêtre, présente le quiétisme comme une sorte de conséquence naturelle de la direction spirituelle donnée par les Jésuites; et il a signalé leurs complaisances à l'égard du quiétisme. Il y a là, avec certaines exagérations, une vue juste, et Michelet a très bien deviné les liens eñtre François de Sales, les Jésuites et Fénelon. On peut se faire une idée de ce que dut être cette leçon, la précédente et la suivante, par les chapitres V et VI du Prêtre qui vont des débuts du jansénisme à