‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 7 sur 105 · VOYAGES DE SURSE, D'ITALIE ET DE LYON · texte numérisé non relu

VOYAGES DE SURSE, D'ITALIE ET DE LYON

toit, semble avoir eu le vertige, la légèreté du Tyrol, quelque chose de mobile et de violent. »

Michelet n’étudiait pas les hommes de moins près que la nature et les monuments. A chaque étape de son voyage, ville, village, auberge, il note les costumes, les expressions des visages, les paroles rarectéristiques qu'il saisit au passage. Il remarque avec esprit la rudesse des Tyroliens autrichiens des alentours d’Innspruck et l’adoucissement graduel des caractères à mesure qu’on approche de la Suisse.

Son besoin de généraliser l'amène à donner une curieuse caractéristique des Suisses, en qui il voit des Français rationalistes, avec une écorce plus rude et plus fruste. Il écrivait ces pages à Lucerne. Ces pensées le reprennent au retour à Bâle, où il trace ces lignes admirables :

« Je ne me lassai pas d'’errer autour de la rouge cathédrale romane, fondée en l’an mille par l’empereur Ilenri le Saint et sa Cunégonde pour servir de sépulture à Erasme, à Bullinger etc. Ere du christianisme pontifical et de Grégoire VIT, ère du protestantisme et du philosophisme : les siècles se heurtent ici. Et tout le long, au pied de la silencieuse église et du sombre cloître roman plein des tombeaux des réformatcurs, coule et murmure dans son grand voyage de la Suisse à l'Allemagne, le flot majestueux, rapide, indifférent du Rhin. A quelle incommensurable distance suis-je donc de l'Italie? Me voici an sein du rationalisame?. »

Michelet revenait de son voyage avec tout un trésor d'observations «t d'impressions qui devaient lui servir pour écrire l’histoire du xv° et du xvr siècles et qu'il utilisa immédiatement, pour son cours de l'hiver de 1838-1839 *.

Il n'avait toutefois pas encore terminé ïies voyages préliminaires qu'il jugeait nécessaires comme préparation à la continuation de son Histoire de France. Il lui restait, pour avoir parcouru les diverses régions de la France, à connaître le pays qui va de Paris à Lyon et la vallée inférieure du Rhône. Il dut remettre à 1844 ce dernier voyage, auquel il joignit l'exploration de l’Auvergne; mais il profita de ses vacances de Pâques de 1839 pour faire un rapide voyage de quinze jours de Paris à Lyon *.

b. [Même procédé p. 506.]

Vous retrouverez cette même impression, presque dans les mêmes termes, dans le volume de la Renaissance.

2. [Mme Michelet a eu peur (p. 521) du « Fondée... pour servir...» Elle oil : « Fondée.., elle devait servir...». — Le « flot » devient « le fleuve ».

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