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Il s'intéresse à la politique moderne autant qu ‘aux souvenirs de l’histoire. A Lucerne il se fait renseigner par M. Monnard, le président de la Diète, sur tous les détails de la situation politique et économique de la Suisse. On voit à chaque moment comme il sait interroger savants et hommes d'État ct s’insfruire sur le passé et le présent.
&. Cette exploration méthodique de la France ne visait pas seulement l’hisloire de France, mais aussi le projet que Michelet caressa toute sa vie, tenta plusieurs fois et abandonna toujours, projet qui perce déjà dans ses cours
Disons tout de suite quelques mots de ce voyage de Lyon de 1839 (du 24 mars au 7 avril). Michelet n'avait obtenu que quinze jours de congé de la direction des Archives. Il n’eut que juste le temps , d'aller à Lyon, où il passa six jours entiers. Cette fois-ci, au lieu de voir une foule de choses diverses avec précipitation, Michelet s’appliqua à voir à fond la grande cité industrielle, à la fois ouvrière et mys:tique, qui en 1834 avait par son insurrection posé à la fois le problème
social de l’organisation du travail et le problème politique de Ja Répu.
blique *.
Michelet avait pris pour l'accompagner dans 5on voyage sa fille
Adèle âgée de 15 ans. Ils vont droit à Autun sans désemparer, du d:-
manche 24 à 2 heures au mardi 26 à 4 heures du matin, sans que ni
Michelet ni sa fille se trouvent fatigués de ces deux nuits et de cetls
journée et demie en voiture. L’observateur de la nature, l’archéologue et l’économiste trouvent, du reste, moyen de faire en passant leur:
observations, nourries sans doute par les conversations des compi gnons de route ?. |
La forêt de Fontainebleau traversée à la nuit lui inspire cette des.
criftion :
« La nuit avait commencé. Pour la première fois j'observai l'effet d'un nuit de printemps avant le printémps, c'est-à-dire avant les feuilles et le rossignol. Cette forèt sans feuilles produisait l'effet fantastique de certains pays ges chinois. La partie inférieure de l'horizon était barrée de longs nuage:
blancs, singulièrement légers et transparents. Sur ce blanc se découpent en noir les feuilles mortes et les branches avec des pointes, des aigrettes, de vive:
arêtes, toutes les fantaisies qu’on attribucrait au ciseau d'un spirituel décou-
peur. Sur ce bizarre ensemble, de scintillantes étoiles versaient leurs influenc*
bénignes. L'hiver était sur la terre dans cette maigre forèt, l'été semblait déjà venu au ciel, à voir ces belles étoiles paisibles, surtout au loin Vénus,
qu'on distinguait à unc teinte d'or. »
Il trouve aussi le temps, en déjeunant à Auxerre, de visiter la cathé-
drale et l’abbaye de Saint-Germain. Enfin en traversant les vignobles il se met à raisonner sur la transformation que la culture de la vigne 1
fait subir au pays.
Pendant la journée qu’il passe à Autun il est tout entier à l’archéologie et aux souvenirs historiques, et d’un mot il situe admirablement
la vieille ville, sur les bords de sa rivière l’Arroux et au milieu de sex
Lois de chênes. C’est un jeune prêtre de l’Archevêché, M. de Vaucoux, qui le conduit à travers les antiquités d’Autun.
sur Paris et que nous reverrons dans les cours de 1843 à 1844 : écrire un: histoire populaire du peuple de France, une histoire äc l'âme populaire la France. Sur la couverture dm voyage üe 1835 il a écrit : « Je travaillais à mes origines du Peuple. Le Peuple est sorti de là ».
x. Il joint à l'étude de Lyon celle d'un autre centre manufacturier. Saint-Etienne et, comme il l'écrit à Mme Angelet, pour les bien vair. :l
faudrait non huit jours, mais huit mois ou huit années.
2. Il commence par recueillir une série de renseignements minutieux su
la marine d'État et les matelots, que lui donne un officier breton, parent de La Tour d'Auvergne.