‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 94 sur 105 · MICHELET DE 184Q A · texte numérisé non relu

MICHELET DE 184Q A

Le Moyen-Age dure encore, et empêche de comprendre la vraie nature de l'amour. Il veut l’imposer. Mais le désir d'amour, c'est le respect de la liberté : « Un tendre respect pour la liberté, telle sera la vertu moderne. »

La deuxième leçon est consacrée à tenter la réconciliation des religions. Elles ont toutes une même source : le cœur attendri de l’houime, le seiñ blessé de la femme. Il ne faut pas distinguer entre les religions de morale et les religions de nature, Le christianisme est un mélange de l’idée d’incarnation orientale et de l’idée grecque du Verbe, idée toute intellectuelle. Il y mêle un rêve de femme.

A la troisième, Michelet prêche, après la réconciliation des religions, la réconciliation des races. Il montre l'instinct de solidarité déjà chez les animaux. Il faut unir les races, sauver celles qui, comme les indigènes d'Amérique ou certaines races slaves, sont menacées de destruction. Le génie du globe veut faire place à tous en établissant une échelle des êtres. |

Puis, vient la réconcikation des classes. La quatrième lecon montre la cité comme devant être fondée sur l’Amitié. La femme, par l’héroïsme de l’amour, sera le vrai bien de la cité.

La cinquième est une profession de foi en Dieu conçu comme Île principe aimant du monde. Il faut Dieu pour soutenir la Cité comme pour soutenir l’individu, et Michelet termine cette leçon par un véritable hymne d’adoration.

La sixième et la septième seront consacrées à l'initiation par l'éducation : initiation au sacrifice d’une part, à la liberté de l’autre.

Dans le second semestre (8 leçons), Michelet chercha à serrer d’un peu plus près le problème de l’éducation. Il commença par critiquer finement l’education de la bourgeoisie française, telle qu'elle était donnée par l’Université d’alors, qui visait à former des esprits littéraires, ornés, aimables, cultivés, conformes à l'idéal de l’honnête homme du xvif siècle, mais nullement préparés à l’action dans le monde moderne, des humanitaires, ciloyens du monde élégant, non des Français connaissant les besoins de leur pays, ni des hommes modernes nourris de science et de faits précis.

A côté du Français lettré, Michelet montre l’illettré, énergique, mais inculte et violent, qui vit sur des superstitions idolâtriques, la superstition religieuse ou la superstition politique, Napoléon ou Robespierre. I" faut trouver un terrain de rapprochement et de conciliation.

On le trouvera sur le terrain du droit et de la science, tel que l'ont fait le xvn° et le xvrrr siècles, Galilée, Descartes, Vico, Newton, Voltaire, Rousseau, Lavoisier. C’est une chimère de chercher une conciliation dans le catholicisme libéral.

En fondant le principe de la foi moderne : « Rien de raisonnable contre la Raison, point de droit contre le Droit », on arrive à rendre à l'âme humaine son unité, à créer non des prêtres, des soldats, des lettrés, des commerçants, des artistes, enfermés dans leur spécialité, mais de vrais hommes, hommes d'action et de pensée, imbus d’un

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