‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 95 sur 105 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

sacerdoce qui leur inccinbe dans la cité, dans la famille et dan: le monde.

Et Michelet trace un admirable programme idéal d’un enseignement où toutes choses seront enseignées dans le courant de vie qui les a créées dans leurs origines, dans l'amour qui les a vivifiées, le létin, dans son rôle intermédiaire entre l'Orient et la France, le droit en rapport avec toute notre histoire, la science dans son évolution et son histoire, comme l’évolution elle-même.

En achevant ce cours, Michelet avait déjà dans la pensée (comme le dit une note du 2 août) le projet de trois livres qu'il devait écrire dix ans plus tard, La Femme, l'Amour, l'Éducation. « Trois choses identiques », dit-il.

Les six derniers mois de 1849 furent tout entiers absorbés par la composition du tome IV de l'Histoire de la Révolution et par un vovage en Belgique (143 au 27 août) dont nous connaissons tout le détail grâce au journal de Mme Michelet; enfin par les émotions de l’attente d’un enfant. :

Il faut noter aussi que Michelet fut interrompu dans sa vie habituelle du 1% au 15 octobre par des fonctions nouvelles pour lui, celles de juré aux assises, et que ces fonctions lui causèrent une émotion profonde, son sentiment de ses devoirs de juge se trouvant chaque jour en conflit avec son indulgence pour les faiblesses humaines. pour les entraînements d'êtres incultes et sans éducation.

Note sur le Jury.

Lundi 1°* juin. Le Jury. Mes confrères. Physionomies marquées : Bocage. Delmas, Jourdan, pour l’indulgence. Un M. Arnal, plus ferme. Tous généralement bienveillants. Le frère de Mme Oornu, etc.;

L'affaire du petit commis qui vole des bouteilles avec effraction. Nous avons égard à la méchante belle-mère. Nous écartons les circonstances aggravantes et décidons que la nuit est le jour, que la maison n'était pas habitée, etc. Un an de prison.

L'affaire du petit chaudronnier Vallon, du Cantal, 27 ans, jusque là honnèête. Faux en écriture commerciale. Pour lui sauver les galères nous déclarons qu’un chaudronnier n'est pas un commerçant, et en effet le coupable n'avait pas songé à cela. Jolie figure, très faible, singulier clignotement, air suspect.

Wardi 2. Jurv. Le soir. Nous absolvons un voleur. Le jeune homme, garçon de caisse au Comptoir d'escompte, qui s'enfuit avec l'argent du pauvre et une fille en Belgique.

Jeudi 4. La vraie République condamnée par la Cour. Nous absolvons le balaveur de la garde municipale, un barricadeur de février, que ceux-i détestent.

Lundi 8. Condamné Keller (jeune scélérat endurci) et Gaulthier. Absous Hollander que les deux autres exploitaient.

Samedi 13. Affaire des époux Labarque, maison de tolérance, etc... et de Pigeon.

Le lundi 19, j écris la demande en grâce pour Pircon.

« Le nommé Pigron a été condamné à cinq ans de prison. Le jury mème qui l'a condamné, demande sa gräce. [l l'a condamné surtout à cause de cette circonstance que le délit a été commis par un homme revêtu de l'habit de la garde nationale. Il demande sa grâce en considération des circonstances suivantes : 1° les bons antécédents de l'accusé — ouvrier honnête et rangé, de l'usine de MM. Délessert à Passy; 2° Le moment où le délit a été commis

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