‹ La vie et la pensée de Jules MicheletChapitre 97 sur 105 · MICHELET DE 1849 A · texte numérisé non relu

MICHELET DE 1849 A

Au second semestre Michelet trace un portrait idéal de la femme ei de son rôle tel qu'il le rêve. Cette seconde partie du cours, dont cn retrouve beaucoup de morceaux dans la Femme, est une sorte de poème, une méditation lyrique qui sort tout à fait de ce que l’on pouvait attendre d’un cours d'histoire.

1. Aucune révolution ne sera solide si elle ne transforme la famille et ne se fonde sur elle.

2. La femme, la bonne Circé qui change les bêtes en hommes, nourrit l’homme moralement par la prière, elle le nourrit matériellement en soutenant son corps et guérissant ses maux,

3. L'homme à son tour nourrit la femme de science. Mais c’est par elle que se fera l'unité entre la science et la vie.

5. 6. La femme est au foyer nature et pureté. Elle a une ros* pour confesseur. Elle s’imagine croire. Vous, homme, vous vous imaginez savoir. Vous devez associer votre science et votre foi en un amour commun pour Dieu et pour la France, foyer des nations; la femme doit être un Dieu-Patrie.

7. La femme est prêtre et médecin. Elle seule sait le prix de la douleur et les remèdes à la douleur.

Cours extraordinaire, étrange, qui devait scandaliser et qui pourtant était inspiré à Michelet par les plus nobles sentiments, la conviction qu’une révolution morale était nécessaire pour sauver la France et l’état d’exaltation où le mettait l’attente d’un enfant issu d’une femme qu'il adorait et dont la frêlè santé lui causait une anxiété dou loureuse de tous les instants.

Quand Michelet dut reprendre son cours er décembre 1850, il était dans un grand abattement. La mort de son fils, l’état de maladie de sa femme, la réaction de plus en plus menaçante, l’empire imminent, tout était fait pour l’assombrir.

Il renonce à achever son cours sur l'Éducation, à tracer le portrait de la Cité après celui de la famille et il se décide à faire des leçons qui seront un appel à l’action, une protestation contre la réaction grandissante, et il méditait de publier les leçons de ce cours, comme il avait fait de celles de 1848.

La première (2 janvier) fut une revendication des libertés du Collège de France, un exposé de ce qu'il a voulu et de ce qu'il fait dans ses cours depuis 1846. |

La deuxième leçon (9 janvier) fut consacrée à réfuter les attaques de l'Univers qui avait donné un compte-rendu caricatural et burlesque de la première leçon. |

Dans la troisième et la quatrième leçons, il revint sur l’idée qu’il avait traitée en 1848 : la France a été divisée en deux peuples par les prêtres. Il faut rétablir l’unité de la France.

Et dans la cinquième leçon, il trace le portrait de la ‘France, de sa personnalité, dont l'unité est la loi. Le monde a besoin d'elle.

La sixième leçon est une de celles qui soulevèrent le plus de protestations. Il y étudie les causes de la tristesse morne qui a envahi

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