‹ La vie et le martyre de s. Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et légat du Saint SiègeChapitre 35 sur 79 · THOMAS DE CAKTORBÉRY · texte numérisé non relu

THOMAS DE CAKTORBÉRY

suite nou-seulemeût pour le roi, mais pour tout le royaume, et ils crièrent si fort qu’il était parjure et traître, que ceux qui étaient restés dans la salle du concile avec notre saint crurent à un danger imminent. Plusieurs personnes qui avaient quitté la chambre où était le roi étant rentrées dans la salle basse, saint Thomas et ceux qui l’entouraient firent le signe de la croix.

Herbert de Bosham était assis aux pieds du saint et Fitz-Stephens était assez près de lui. L’un et l’autre (*) nous rapportent les paroles qu’ils échangèrent avec saint Thomas dans ce moment d’épreuve ; Herbert lui recommanda à voix basse de préparer sa sentence d’excommunication pour le cas où quelqu’un oserait porter la main sur lui. Fitz-Stephens entendit ces paroles et dit à Herbert en élevant la voix : o Loin de lui cette pensée! Les saints apôtres et martyrs du Seigneur ne firent point ainsi quand on se saisit de leur personne. Si pareil malheur devait arriver, qu’il prie plutôt pour eux, qu’il leur pardonne et garde son âme en patience. S’il doit souffrir pour l’amour de la justice et la liberté de l’Eglise, alors, par la grâce de Dieu , son âme sera en paix et sa mémoire en vénération. Mais s’il lance une censure contre eux, tous penseront que par colère et par impatience il a fait ce qu’il a pu pour se venger. » Jean Planeta, qui était tout près, et Ralph de Diceto, fameux historien, alors archidiacre de Londres, qui devint doyen par la suite, furent tous deux émus jusqu’aux larmes.

(1) Fitz-St., p. 226 ; Herb., I, p. 145.

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D’après ce que nous voyons dans les différentes occasions où Herbert paraît sur la scène, le conseil qu’il donna à saint Thomas était tel qu’on devait l’attendre de son caractère impétueux. Sa vivacité avait une grande ressemblance avec celle du saint son maître. Il rapporte que plusieurs des huissiers traversèrent la salle leurs verges en main, faisant à l’archevêque et à ses compagnons des gestes menaçants. Alors, et tandis que les autres faisaient le signe de la croix, saint Thomas s’inclina et dit à Herbert : a Je crains pour vous ; mais ne craignez rien pour vous-même, car vous partagerez ma couronne. » Herbert lui répondit: a Nous ne devons craindre .ni l’un ni l’autre; car vous avez levé un noble étendard, par lequel sont vaincues les puissances de la terre et celles de l’air; » et il ajouta : « Souvenez- vous que vous fûtes autrefois le porte-étendard du roi d’Angleterre, et que vous ne fûtes jamais vaincu. Ce serait en vérité une grande disgrâce de l’être maintenant que vous êtes le porte-étendard du Roi des anges. »

Peu de temps après , Fitz-Stephens essaya encore de parler au saint; mais un maréchal du roi qui se trouvait près de lui l’en empêcha. Alors, élevant les yeux et remuant les lèvres, il lui fît signe de prier et de regarder le crucifix qu’il portait. Saint Thomas le comprit. Plusieurs années après,, pendant son exil en France, il rencontra Fitz-Stephens à Saint-Beuoît-sur-rLoire, alors que celui-ci se rendait près du pape, et il lui dit combien son avis muet lui avait donné de consolation.

Pendant ce temps, les évêques étaient réunis en conseil

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avec l'autorisation du roi, car ils n’étyient point préparés à se joindre aux nobles pour juger leur archevêque, et ils ne savaient pourtant point comment conjurer autrement la colère du roi. Ils convinrent enfin de demander la permission de se retirer et de faire appel au saint-siège, accusant le primat de parjure et s’engageant à ne s’arrêter dans leur poursuite que quand il serait déposé. Ils dirent au roi que l’archevêque en avait appelé à Rome de leur première sentence. Henri envoya plusieurs de ses barons vers le saint pour lui demander s’il recon. naissait la vérité de cette assertion, car il était le vassal du roi, et il s’était engagé à Clarendon par un serment spécial à être fidèle aux constitutions, lesquelles portaient que les évêques devaient assister à toutes sortes de jugements, hors ceux qui entraînaient la peine capitale. Les barons lui demandèrent de reconnaître le jugement de la cour concernant les actes de son administration comme chancelier.

Saint Thomas leur répondit : « Messeigneurs, je suis lié au roi mon souverain par l’hommage, la féauté et le serment; mais le serment d’un prêtre doit toujours être accompagné de justice et d’équité. J’obéis au roi en toutes choses, pour l’amour de Dieu, en toute soumission et dévouement, sauf l’obéissance que je dois à Dieu , l’honneur de l’Eglise et la dignité épiscopale, que je respecte en ma personne. Je ne suis point forcé à justifier les actes de mon administration comme chancelier, car je ne suis cité que pour la cause de Jean le Maréchal. Je me souviens et je reconnais que j’ai reçu du roi grand

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nombre de charges et de dignités; dans toutes, je l’ai servi fidèlement, des deux côtés du canal. Je suis heureux, après avoir dépensé mes revenus à son service, de m’ètre encore endetté pour lui. Quand , avec la permission de Dieu et par la faveur du roi, je fus élu archevêque de Cantorbéry, je fus donné par le roi à mon Eglise, avant ma consécration, libre de toute réclamation temporelle. Il le nie maintenant dans sa colère; mais vous et la plupart des ecclésiastiques de ce royaume , vous le savez bien. J’en appelle à vous aujourd’hui pour certifier au roi cette vérité, car il serait dangereux pour moi (bien que ce fût légitime) de produire des témoins contre lui. Cela n’est point nécessaire, d’ailleurs, car je ne plaide pas ma cause maintenant. Si depuis ma consécration je n’ai pas fait le bien que j’aurais voulu faire, je ne l’impute ni au roi ni à personne au monde, mais seulement à mes propres fautes. Cependant Dieu peut donner sa grâce à qui il veut et quand il veut.

» Je ne puis pas donner de sûreté pour les comptes : tous les évêques, tous mes amis sont déjà engagés, et je ne suis point tenu à fournir de caution dans une cause pour laquelle je ne suis pas appelé. Quant à la défense que j’ai faite aux évêques, je reconnais leur avoir dit qu’ils m’avaient condamné trop sévèrement pour une seule absence qui ne constituait pas le délit de contumace, et c’est pourquoi j’en appelai de leur arrêt, leur défendant alors de me juger tant que courraient les délais d’appel dans une affaire temporelle où j’avais été impliqué avant d’être archevêque. J’en appelle de nouveau,

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et je place ma personne et l'Eglise de Cantorbéry sons la protection de Dieu et de monseigneur le pape. »

Après ce discours si plein de dignité, les nobles retournèrent en silence vers Henri. Quelques-uns de ses courtisans se montrèrent moins respectueux ; ils se dirent entre eux, mais assez haut pour être entendus de saint Thomas : « Le roi Guillaume, qui conquit l’Angleterre, savait bien dompter ses clercs. Il mit en prison son propre frère Odon, évêque de Bayeux, qui s’était révolté contre lui. Il jeta dans un sombre donjon Stigand, archevêque de Cantorbéry; et Geoffroy, comte d’Anjou, père de notre roi, fit mutiler Arnolphe, évêque élu de Séez, ainsi que plusieurs de ses clercs, parce qu’il s’était considéré comme élu à Séez sans son consentement.»

Quand le roi reçut la réponse de saint Thomas, il pressa les évêques, de par la fidélité qu’ils lui devaient, de prendre part à la sentence qu’allaient prononcer les barons. Les prélats objectèrent la défense de l’archevêque, qu’Henri déclara sans force contre les constitutions de Clarendon. Ils répondirent qu’en violant la défense du primat, ils se mettraient entre ses mains, et prièrent le roi de consentir à leur absence, dans son intérêt et dans celui du royaume. Il céda enfin, et ils entrèrent dans la salle où était l’archevêque, et se rangèrent autour de lui. Robert de Lincoln pleurait, et plusieurs autres avaient peine à retenir leurs larmes.

Pendant que les débats continuaient dans la chambre du roi, Roger, archevêque d’Yorck, traversa cette pièce, et, appelant deux de ses clercs qui étaient dans la salle

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du concile, master Robert le Grand et Osbert d’Arundel : a Allons-nous-en, dit-il, car nous ne devons pas être témoins de ce qui adviendra de monseigneur de Cantorbéry. — Non, répliqua master Robert, je ne partirai point que je n’aie vu la volonté de Dieu à son égard ; car s’il doit soufiHr et verser son sang pour Dieu et la justice, il ne peut avoir une plus belle ni une meilleure fin. » L’archevêque d’Yorck se retira, et Barthélemy, évêque d’Exeter, tomba aux pieds de saint Thomas : « Mon frère, ayez pitié de vous-même, ayez pitié de nous, dit-il, car leur haine contre vous est notre perte. Le roi vient de rendre un décret qui, quelle que soit la marche de l’affaire, vous accuse de haute trahison. » On raconta ensuite que Jocelin de Salisbury et Guillaume de Norwich devaient être mutilés pour avoir résisté au roi; eux aussi avaient plaidé près de l’archevêque la cause de leur sûreté personnelle. Saint Thomas répliqua à Barthélemy : « Fuyez d’ici, car vous ne goûtez pas les choses de Dieu. »

Après l’entrée des évêques , Hilaire de Chichester adressa ces paroles à saint Thomas : « Monseigneur l’archevêque, sauf votre grâce, nous avons beaucoup à nous plaindre de vous. Par votre défense, vous nous avez placés, nous, vos évêques, entre le marteau et l’enclume : d’un côté la désobéissance envers vous , de l’autre la colère du roi. Dernièrement, quand nous fûmes rassemblés à Clarendon, Son Altesse demanda de nous l’observance de ses coutumes royales, et pour éviter toute méprise, on nous les montra par écrit. A la fin, nous y donnâmes notre assentiment, vous en premier lieu, puis nous, «vos

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suffragants, d’après vos ordres. Quand notre seigneur le roi nous ordonna de nous engager par serment et d’apposer notre sceau, nous répondîmes que la parole d’un prêtre était suffisante, et nous nous engageâmes à respecter ses prérogatives de bonne foi, sans fraude et légitimement. Le roi parut alors satisfait. Mais maintenant vous nous forcez à faire le contraire, en nous défendant d'assister à un jugement auquel il nous demande d’être présents. Nous en appelons au pape de cette oppression, que nous craignons devoir s’augmenter encore; mais, tout en protestant, nous nous conformons à votre défense. »

Saint Thomas répondit : « Je vous entends, et, avec le secours de Dieu, je suivrai l’appel. A Clarendon rien ne fut accordé par moi ni par vous en mon nom que sauf l’honneur de l’Eglise; car, comme vous le dites vousmêmes, nous ajoutâmes ces trois clauses, qui assurent les prérogatives accordées à nos Eglises par l’autorité pontificale : de bonne foi, sans fraude et légitimement. Ce qui est opposé à l’Eglise et aux lois de Dieu ne peut être observé de bonne foi et légitimement, et un roi chrétien ne peut jouir de prérogatives faites pour entraîner la ruine de la liberté de l’Eglise, qu’il a juré de maintenir. En outre, notre seigneur le roi fit mettre par écrit ces mêmes prérogatives royales, et les envoya au pape en le priant de les confirmer; mais elles furent condamnées. Le pape nous donna alors ses instructions; car nous devons être prêts à nous unir à l’Eglise romaine pour admettre ce qu’elle admet et rejeter ce qu’elle rejette. De plus, si

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nous avons failli à Clarendon, car la chair est faible, nous devons prendre courage et combattre par la force du Saint-Esprit contre l’ancien ennemi, qui s’acharne toujours à renverser celui qui est debout et à l’empêcher de se relever quand il est tombé. Si alors nous avons fait un serment injuste, in verbo veritatis, vous savez qu’un serment illégitime ne lie point, b

Les évêques, étant dispensés prendre part au jugement, s’assirent à l’écart. Peu de temps après, les barons parurent; un petit nombre d’entre eux étaient restés avec le roi. Saint Thomas s’apprêtait à se lever à leur entrée; mais Herbert lui dit à voix basse qu’en restant assis, il les impressionnerait plus profondément, et leur rappellerait qu’ils allaient juger leur père; cette position convenait mieux, d’ailleurs, puisqu’il portait sa croix. L’archevêque resta calme et ne donna aucun signe de crainte à leur approche. Les deux comtes, Robert de Leicester et Réginald de Corawall, qui avaient été si souvent envoyés près de lui par Henri, marchaient les premiers.

Le comte de Leicester prit la parole : « Le roi vous ordonne, dit-il, de rendre vos comptes comme vous avez promis de le faire hier. Sinon, écoutez votre sentence. — Ma sentence? dit l’archevêque. » Il se leva alors et continua : « Fils et comte, écoutez-moi d’abord. Vous savez, mon fils, dans quelle intimité je vivais avec notre seigneur le roi et avec quelle fidélité je l’ai servi. C’est pourquoi il lui a plu que je fusse nommé archevêque de Cantorbéry. Dieu sait que je ne le désirais point, car je connaissais ma propre faiblesse. Je cédai plutôt pour l’amour du roi que pour

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l’amour de Dieu : ceci ne paraît que trop évident aujourd’hui que Dieu et le roi m’abandonnent. Lors de ma promotion et de mon élection , qui furent présidées par Henri , fils et héritier du roi , désigné pour le remplacer dans cette circonstance, on demanda au jeune prince de quelle manière on me donnait à l’Eglise de Cantorbéry ; il répondit : Libre de tous liens temporels. C’est pourquoi, n’étant point hé, je ne soutiendrai point un procès auquel je suis étranger. »

«Ceci est différent, dit le comte, de ce que l’évêque de Londres avait dit au roi. Mais comment éviterez-vous ce jugement ? Vous êtes son sujet, et vous avez grand nombre de châteaux et de possessions en fief et baronie. » L’archevêque répondit (*) : « Je n’ai rien en fief et baronie, car tout ce que les rois ont donné à l’Eglise l’a été à titre d’aumône et ne doit rien ; le roi lui-même l’a déclaré et confirmé dans ses privilèges. C’est pourquoi, en vertu de l’autorité que la volonté de Dieu et les lois chrétiennes me donnent sur vous, je vous défends de me juger. » Le comte de Leicester répliqua : « A Dieu ne plaise que je transgresse les commandements d’une telle autorité au détriment de mon âme. Je me tais maintenant, et quant à moi, je vous laisse libre. » H se tourna alors vers le comte de Cornwall et lui dit : « Vous entendez que l’archevêque m’a imposé^silence au nom de Dieu; faites donc ce qui reste à faire et dites ce que le roi a ordonné. » Le comte répondit : « Je ne m’aventu-

(1) Rog. Pont , p. 141.

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rerai point à faire ce qui ne m'est pas ordonné. » Le comte de Leicester reprit alors : « Je vous prie /Monseigneur, d’attendre jusqu’à ce qu’on vous rapporte la réponse. — Suis-je donc prisonnier? demanda saint Thomas. — Non, par saint Lazare, Monseigneur, » dit le comte, accompagnant sa réponse de son jurement accoutumé. Les deux nobles allaient s’éloigner quand saint Thomas ajouta : « Fils et comte, écoutez encore. Puisque l’âme est plus précieuse que le corps, vous devez obéir à Dieu et à moi plutôt qu’au roi de la terre. Ni la loi ni la raison ne permettent aux enfants de juger et condamner leur père. C’est pourquoi je décline le jugement du roi, le vôtre et celui de tout autre ; car, par la grâce de Dieu, je serai jugé par le pape seul, à qui j’en appelle devant vous tous, plaçant l’Eglise de Cantorbéry, mon ordre et ma dignité, ainsi que tout ce qui s’y rattache, sous sa protection et celle de Dieu. Eit vous , mes frères et collègues, qui avez servi l’homme plutôt que Dieu, je vous somme de comparaître en présence du pape. Ainsi protégé par l’autorité de l’Eglise catholique et du saint-siège, je m’éloigne. »

Plusieurs de ceux qui étaient présents l’appelèrent parjure et traître; sur quoi, il se tourna vers eux et dit que si la chose était légitime et ne lui était point interdite par son caractère, il se défendrait d’une semblable accusation par l’appel aux armes. Il quitta la salle du concile, portant toujours sa croix. Comme il traversait la salle, il fut insulté par une foule de gens de toute sorte. Au milieu de la salle se trouvait un monceau

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de bois à brûler, et le saint heurta un tas de fagots. Renouf de Broc cria à haute voix : « Le traître s’en va ! » Lui et plusieurs autres jetèrent au saint des débris de paille. Le comte Hamelin, frère illégitime du roi, répéta les mêmes injures, et le saint lui répondit : « Si j’étais soldat (i), ces mains vous prouveraient que vous avez menti. »

Quand il fut dans la cour, il monta à cheval et marcha vers la grille du château, qu’il trouva fermée. Mais un de ses gens, du nom de Pierre de Mortorio (*), vit un trousseau de clés suspendu près de là, et la première qu’il essaya entra dans la serrure. Quand la porte fut ouverte, ils aperçurent une foule nombreuse de gens malades des écrouelles qui attendaient que le roi exerçât sur eux

(1> D’après Guillaume de Cantorbéry (p. 13), il répondit à Renouf : « Votre cousin a été pendu pour ses crimes; cela n’est arrivé à aucun de mes parents; > il salua Hamelin des noms de « lourdaud et de bâtard. » Mais Garnier (fol. 13, 10) dit : « Li sainz huem ne distmot, mais avant s’en ala; » etGrim (p. 48) dit la même chose : « Nemini quidquam respondens. • Fitz-Stephens, qui était présent, raconte les insultes, et ne parle pas de la réponse du saint; Herbert (I, p. 148) dit : « Il jeta sur ceux qui l’insultaient un regard sévère ; il leur dit que si son caractère de prêtre le lui permettait, il repousserait, les armes à la main , leurs accusations He parjure et de trahison. Nous quittâmes ainsi le concile. Le disciple qui témoigne de ces faits les a vus et les écrit ici. En ce moment, il était seul à la suite de l'archevêque ; ce fut lui qui porta sa croix depuis la chambre intérieure jusqu’à la salle du concile. > Nous avons suivi Roger de Pontigny (p. 142) ; il est complètement d’accord avec Herbert.

(2) Garnier (fol. 136, 7) dit que le nom du domestique était Trunchez; lui et Gervais (p. 1393) racontent que le portier était occupé à châtier un enfant.

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le pouvoir de guérir légué à ses descendants par saint Edouard le Confesseur; d’autres, pleins d’anxiété, craignaient que l’archevêque n’eût été tué. A sa vue ils s’écrièrent : a Béni soit le Dieu qui a sauvé son serviteur de la face de ses ennemis ! » Herbert ne put trouver son cheval dans la foule, et l’archevêque le prit en croupe jusqu’au monastère de Saint-André. Ils furent escortés par les pauvres, et le saint eut quelque peine à guider son cheval, tenant sa croix et donnant sa bénédiction à la foule qui s’agenouillait sur son passage. Il appela ce cortège une glorieuse procession, et ce soir-là un grand nombre de pauvres furent admis à sa table.

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